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aperio, aperui, apertum, aperire: ouvrir, découvrir, montrer, révéler,
dévoiler, rendre public ”
VEC
LE MP3 et l'internet, de nouvelles interrogations et des façons
originales de vivre et de pratiquer la musique voient également le jour.
C'est par exemple le cas de Romain d'Alverny. Il anime depuis quatre mois
le site web "Aperio". Son principe ? Diffuser librement la musique qu'il
créé, l'ouvrir à toute collaboration extérieure et ce, dans l'attente d'un
enrichissement personnel. Entretien avec Romain, jeune webmestre et musicien.
Votre
musique est certes diffusée librement, mais, en plus, ouverte à la contribution
et au partage. Me trompe-je ?
Tout
à fait, vous ne vous trompez pas ! :). L'idée de départ de ce site était
double :
1. avoir un moyen simple de diffuser, à mon rythme, mon travail " sonore
" ;
2. offrir à toute personne le souhaitant, d'ajouter sa patte, à condition
que le résultat soit " soumis " aux même règles d'ouverture.
En soi, le concept n'est pas " original " : c'est très communautaire. Et
puis, après avoir fait le choix de diffuser librement sa musique, je crois
que l'ouverture de cette musique aux contributions extérieures, et la reconnaissance
de ces contributions, est une évolution naturelle. Dans un groupe, ou un
orchestre, chaque musicien s'inspire toujours un peu des autres, et, parfois,
conseille les autres. C'est l'émulation de groupe ! :) C'est également,
je crois, un moyen d'obtenir une musique très riche, très diversifiée,
parce que totalement libre : l'avenir le dira.
C'est-à-dire ? La musique " libre " reviendrait-elle
à l'origine de la musique ?
Non, pas spécialement. Les origines de la musique, de toutes façons...
cela doit être assez gutural et primitif :) C'est un mode de diffusion
différent du mode actuel, un peu un circuit parallèle.
La grande différence
entre une " musique du domaine public " et une " musique libre " - car,
dans les faits, c'est pratiquement la même chose : le domaine public permet
absolument tout type d'exploitation, pas le libre, dans une certaine mesure
- est que la musique libre se veut contagieuse - " Je suis une musique
libre, allez-y, prenez-moi, faites de moi tout ce que vous voulez (!),
mais s'il-vous-plait, faites que ce soit libre aussi " - et porteuse d'un
message de l'auteur vers les auditeurs (volontés de l'auteur vis-à-vis
de son oeuvre).
On
pourrait alors voir un morceau comme quelque chose de fluctuant, jamais
vraiment abouti. On aurait alors que des instantanés d'un même morceau,
qui lui, ne cesserait pas d'évoluer...
Tout
à fait. Comme toutes les reprises que l'on entend à la radio. A ceci près
que seule la paternité de l'oeuvre originale doit être respectée. Le reste,
basta. Cela dit, il n'y a pas non plus de risque de banaliser un morceau.
Pas plus que ne le sont les oeuvres des grands compositeurs classiques.
Ce qu'on cherche, c'est la qualité ; si elle est là, elle reste.
Suivant
ce mode de fonctionnement, comment un artiste pourrait-ilgagner sa vie
?
En
ne vivant pas essentiellement de son art ; en faisant autre chose à coté,
pour sa sécurité. C'est valable pour n'importe quel artiste, quel que soit
son art. D'ailleurs, pouvoir vivre de son art est plus qu'une chance...
c'est... du délire ! C'est mon approche. Autrement, si le travail de l'artiste
rencontre le succès - c'est toujours un coup de poker, l'artiste a toujours
moyen de récupérer de l'argent sur la vente de CD, sur des concerts, ou
des dons. Le libre n'empêche pas le commerce. Les dons, parlons en. Si
des gens apprécient vraiment son travail, il serait normal, naturel, question
de savoir-vivre, si ces personnes en ont les moyens, qu'elles donnent quelque
chose à cet artiste, en échange de ce qu'elles recoivent, qu'elles le soutiennent
: la relation est directe ! Ce peut être n'importe quoi - enfin, pas n'importe
quoi, mais... - C'est utopique, mais, finalement, si les gens sont mélomanes,
pourquoi ne seraient-ils pas honnêtes ? Enfin, pour finir, il faut que
je précise que la "musique libre" et la "musique coopérative" sont deux
choses différentes. La seconde est nécessairement la première, mais l'inverse
est faux. Pour moi, tout ca, c'est une expérience, rien de plus.
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