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n°369 - 15 juin 2008
Rubrique Edition Télévision animée par Mireille

Lost, Les disparus

Mes séries préférées 19/23


Nouvelle série de science-fiction ? Oui et non, oui ou non. Par sa spécificité et sa démesure, cette série a transcandé les genres. Mais peut-être n'était-elle faite que pour ça et pas forcément pour la télévision,...

Lost est arrivée à un moment clé des séries télé. Le moment même où commençait ce que l'on appelait l'eldorado des séries vers 2004. Le feuilleton fait partie des « grands crus » de la saison télévisuelle 2004-2005 (aux côtés, par exemple, de Grey's Anatomy, Desperate Housewives et Veronica Mars), qui, selon les critiques, ont marqué le renouveau des fictions télévisées américaines. Elle a en effet été l'une de celle choisie pour avoir les honneurs du prime time en Europe et a prouvé que la frontière entre cinéma et télévision ne représentait plus qu'une feuille à cigarette.

Les budgets explosaient : le Pilote Réveil parties 1 et 2 a coûté 10 millions de dollars. La qualité du scénario était ciselé et les images magnifiques.

Créé par par J.J. Abrams et Damon Lindelof elle fut diffusée sur le réseau ABC à partir du 22 septembre 2004. Au Canada sous le titre Perdus, elle est passée en version originale sur CTV à la même date et en version française sur SRC à partir du 17 mars 2005. La Belgique commença à la diffuser à partir du 5 mai 2005 sur RTL-TVi sous le titre original de Lost en version française et originale depuis le 19septembre 2005 sur la chaine Suisse TSR1. Enfin TF1 sous le titre Lost, les disparus (à la place de Lost tout simplement en version originale) commence à la diffuser en France dès le 25 juin 2005.

Et pourtant la base de cette série n'est pas si originale que cela. Un avion se crash sur une île. Les survivants tentent de s'organiser en attendant les secours et finalement l'île ne semble pas si déserte que ça. Mais est-ce vraiment une île ?

Vous voyez donc que le scénario puise directement ses sources dans les romans d'aventures : Robinson, L'île au trésor, et parait être un Survivor romancé.

Mais sur cette île là, rien n'est qu'apparence et le mystère plane sans arrêt. Car le talent des créateurs est d'avoir monté une série feuilletonnante avec un mystère à la clé. Qui sont par exemple les autres qui étaient sur cette île avant eux ? Sur quoi donne la trappe ? Que font ces animaux comme un ours blanc ou un cheval en pleine jungle ? Et surtout que s'est-il passé ici ?

Des tas de questions dont la volonté de trouver les réponses est motivée par un formidable et bien maitrisé jeu de piste monté sur Internet. Dans un esprit clairement commercial, mais comme savent bien le faire les américains, toute une quête pour avoir des explications s'est montée sur le Net. Et si toutes les réponses n'arrivent pas, c'est parce que les scénaristes le désirent et le veulent.

Même si le scénario et l'ambiance est de qualité, le jeu des acteurs ne manque pas de sel. De Matthew Fox qui joue Jack Shepard jusqu'à Dominic Monaghan acteur du Seigneur des anneaux qui incarne Charlie Pace, en passant par Evangeline Lilly (Kate Austen) et Naveen Andrews (Sayid Jarrah), ils dessinnent tous des personnages patiemment élaborés et très souvent torturés et trop égoïstes. Mais comme toujours dans les programmes typiquement américains ils ne sont là que pour servir le scénario, et leur mort par exemple ne semble qu'un détail.

Jouant avec les flash back (habile technique pour quitter le huis clos de l'Île) et les non dit, l'armée de scénaristes a fait du très bon travail pour la première saison. D'autant plus que les flashs back sont aussi un des éléments qui montre qu'avant ce crash la vie de ces gens était déjà liée. Rencontres fortuites, personnes qui se croisent, éléments communs,... Dans Lost il y a à peu prêt quarante niveaux de lectures et des détails à foison.

Mais cette ambiance Falloutienne (du nom du magnifique jeu-vidéo post-apocalyptique) s'essoufle un peu beaucoup par la suite. La deuxième saison trop axée sur l'aventure par l'arrivée d'autres survivants diminue l'intensité. Seul grand vainqueur le personnage angoissant d'un fameux homme perdu en montgolfière, Henry Gale (Michael Emerson). Mais je n'en dirais pas plus.

Et si la troisième saison retrouve un peu de l'attrait d'antan, elle met tellement de temps à démarrer que l'on s'ennuie ferme dans les premiers épisodes. Peut-être est-ce dû aussi à l'accumulation de ces mystères qui nous amène à saturation.

La quatrième saison arrêtée avant la fin du fait de la grève des scénaristes pourrait nous éclairer plus enfin, mais ce n'est guère sûr. Il semble au contraire qu'elle fasse partie de ces nombreuses séries qui après une première saison grandiose peine à retrouver un second souffle : Heroes, Prison Break,...

Mais le problème c'est qu'elle ne peut s'arrêter là. Trop d'explications à fournir. Mais les scénaristes ont promis. Seulement sept saisons et tout sera dit à ce moment là. Reste plus qu'à attendre alors ?

Au mois prochain pour Prison Break...



Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée



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