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n°367 - 15 avril 2008
Rubrique Edition Culture animée par Mireille

La mythologie de L'Ouest Américain (1830-1940)

Une exposition en demi-teinte

Cela faisait longtemps que je n'avais pas été voir une exposition, certains vous diront trop longtemps. Sans doute ! Toujours est-il que je me suis décidé à me rendre à celle qu'organisait le musée des beaux-arts de Rennes sur un sujet qui m'intéressait grandement : La Mythologie de l'Ouest dans l'Art Américain 1830-1940.

Mise en place par l'ancien directeur du Musée des Beaux-Arts de Rennes et actuel directeur des musées de Rouen, Laurent Salomé, cette exposition avait pour vocation de présenter des œuvres typiques de ce que l'on appeler la mythologie du grand Ouest. Ses grands espaces, ses épopées sauvages et sa découverte d'un monde que l'on croyait à tort inoccupé voilà le sujet principal de ces œuvres.

Passionné par les amérindiens et par le grand Ouest en général, sans pour autant ne pas être ignorant des mythes qui y existent, je fus donc attiré par cette exposition. L'idée que l'on cherche à montrer cette image à la fois esthétique et donc forcément fausse m'attira.

On peut être choqué par cette volonté de ne montrer enfin de compte qu'un visage tronqué de ce nouveau monde comme on l'a appeler. Et je dois reconnaitre tout au long de ma découverte de l'exposition, j'ai senti une certaine gène à voir ses tableaux et sculptures représentant des peuples qui pour la plupart furent dépouillés de leur histoire, de leurs racines, de leurs territoires, parfois même de leur vie.

Une fascination morbide pour un idéal perdu ? Ce serait terrible. Non je pense qu'il faut reconnaitre à cette exposition le mérite d'évoquer une réalité, le fait que cette façon de regarder soit les terribles sauvages ou les bons sauvages par la suite a exister. C'est aussi ça l'histoire. Même la figure de Buffalo Bill, personnage détestable au plus haut point et qui provoque chez votre serviteur un urticaire foudroyant, ne peut être écarté en raison de ses comportements. C'est justement parce qu'il fut un massacreur de bisons à la chaîne, un tueur d'indiens et un montreur de cirques comme au temps d'un zoo humain en Europe, qu'il avait sa place dans cette exposition. En effet on ne saurait écarté d'un livre sur le Troisième Reich un personnage comme Hitler, même aussi détestable soit-il. Toute proportion gardée et bien qu'il fut un salaud de première Buffalo Bill ou de son vrai nom William F. Cody avait donc sa place dans cette exposition.

Mais alors pourquoi n'ai-je pût apprécier pleinement cette exposition ?

Tout d'abord parce que je trouve qu'il manque vraiment de critique de cette époque. Le fait de montrer ces oeuvres ne suffit pas à décoder la réalité. Il aurait fallu les replacer dans leur contexte, les expliciter plus en profondeur. Les textes bien que louables qui émaillent cette exposition sont insuffisants, ou trop neutres. Pire le parti pris purement esthétique en recherchant des oeuvres qui sont simplement belles me semble être un mauvais choix. D'autres expositions sur le sujet (moins modestes sûrement) ont justement choisi de rechercher un plus grand réalisme dans la représentation de ce mythe.

La présence de nombreux enfants au cours de ma première visite de cette exposition et la place attribuée à des activités tournées autour d'eux m'amènent à penser qu'il y a sans doute dans ce choix de la part des organisateurs, une volonté de retrouver leur enfance.

Car sur ce point là je dois reconnaître que certaines oeuvres offrent un grand souffle épique, une sorte d'autre monde rien que par leur vision. On est transporté dans l'ambiance des pionniers, on ressent parfois même leur esprit. Leur esprit de conquérant aussi. Car même si les indiens émaillent toute cette exposition ils sont représentés tels des sauvages ou des oeuvres de fascination lorsque indubitablement on sent qu'ils déclinent.

Donc il ne faut pas leur jeter la pierre. La réalité est aussi que la taille modeste de cette exposition à jouer en leur défaveur. Peu d'oeuvres et donc un oubli d'autres supports tels que la sculpture ou la peinture . Publicités, films, photographies ne sont évoquées que de manière anecdotique, ou pas du tout pour les photographies. Malgré une recherche dans un cadre spécifique mais trop axé à mon goût pour les enfants.

Et pourtant, il a dans cette exposition de très belles œuvres. Sans doute mon regard plutôt critique sur cette période ne s'est porté que sur cette période. Mais l'époque récente m'a grandement attiré. Une oeuvre de Newell Convers Wyeth, Le Chant de l'aigle qui épouse le tonnerre, m'a particulièrement attiré. Mais surtout celle de Maynard Dixon, Hogback Hill, semblent empreintes d'une certaine tristesse, une mélancolie. Elles sont beaucoup plus minimalistes, mais aussi beaucoup plus variées dans les couleurs, presque irréelles. Et pourtant on dirait que ce sont elles qui reflètent le plus la réalité. Une sorte de caricature dans le sens noble du terme. Reflétant les traits essentiels.

Et puis tout n'est pas perdu. Le catalogue de l'exposition que je n'ai pas encore terminé est superbe. Dense, volumineux. Si les conservateurs avaient eu la chance d'exposer dans un endroit plus vaste toutes les œuvres qu'il contient dans une optique plus réaliste, l'exposition aurait été un enchantement, une merveille d'art et de réalité sociale.

Dommage. Mais peut-être que vous vous apprécierez différemment ? C'est encore jusqu'au 15 mai à Rennes et ensuite à Marseille.

Voyez par vous même il n'y a rien de mieux.


Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée

Pour en savoir plus


• Le site internet du Musée
http://www.mbar.org/

• Celui consacré à l Exposition en particulier
http://www.mbar.org/actualites/west/index.htm





L'auteur
Hio-Tin-Vho
Hio-Tin-Vho

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2 commentaires :
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Buffalo - Par Gerard Georges BRETON le 19 avril à 23:22

Les Américains aiment bien ce qui les met en valeur. Les grosses bagnoles, les super-soldats, les super-séries T.V. et les super-héros comme cet enfoiré de Buffalo Bill.

Gazo
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