EeePC ASUS
Retour en arrière ou coup de génie?
Depuis la démocratisation de l'informatique personnelle, les constructeurs d'ordinateurs n'ont cessés de proposer des configurations chaque fois plus puissantes. Cela a nécessité "d'éduquer" les utilisateurs à ne pas conserver plus de deux ou trois ans la même machine.
Un grain de sable est pourtant venu gripper cette belle mécanique avec l'annonce du projet "One Laptop Per Child", consistant à mettre à la disposition des pays émergents des ordinateurs d'un prix dérisoire (100$), doté d'un équipement minimal mais suffisant pour se connecter à internet et rédiger des documents. Paradoxalement, ce cahier des charges répond à l'utilisation courante de nos propres ordinateurs de "riche". Alors à quoi sert la puissance des ordinateurs actuels et surtout pourquoi en payer le prix?Le constructeur Taïwanais ASUS à répondu à cette question par l'EeePc. Deux aspects ont convergé pour l'élaboration de cet ordinateur: la chasse au poids et la chasse aux coûts. Pas de lecteur optique, pas de disque dur, un clavier et un écran minimaliste, mais tout de même une webcam et une connexion wifi. Coup du sort pour les systèmes d'exploitation propriétaires, les modestes performances du processeur et la taille réduite du support de stockage flash ont écarté les systèmes d'exploitations Microsoft et Apple auquel les OS Gnu/Linux ont été préférés pour leur standard d'ouverture, ainsi que le prix.
Au premier abord difficile de dire à qui s'adresse cet ordinateur light. Les plus agés, moins enclin à investir dans du matériel coûteux risquent d'avoir du mal à faire leur premier pas sur un ensemble clavier-écran de taille réduite. Les caractéristiques minimalistes de la machine pourraient la destiner aux plus jeunes, plus à l'aise avec les ordinateurs actuels, ils risquent de ne pas s'en contenter à court terme de même que les passionnés de technologie et autre "geeks". Même constat pour les accrocs du télé-chargement qui pourraient être refroidis par le support de stockage, tout juste suffisant pour acceuilir le système et quelques textes ou photographies, mais sûrement pas de la musique et de la vidéo. Pour finir, l'EeePC risque de se trouver sur l'étal des boutiques entre le Palm et le portable, ce qui met en concurrence les ordinateurs les moins chers du marché (300€) avec les ultra-portables qui se trouvent être les plus chers (plus de 1000€). Et pourtant, en France, l'EeePC est déjà en rupture de stock, moins d'un mois après sa sortie!
Les systèmes d'exploitation Gnu/Linux participent à la bonne opération. Depuis plus d'une décennie, aucun constructeur ne proposait d'ordinateur dépourvu de système d'exploitation propriétaire préinstallé, et encore moins avec Linux par défaut sur l'ensemble de la production, ici Xandros, dérivé de la distribution Debian. Toutefois, les distributions les plus populaires proposent toutes une version adapté et il reste possible d'y installer Windows... XP! Microsoft qui avait annoncé le développement d'une version de Windows dédiés à l'OLPC (peu être l'effet d'annonce habituel pour figer le marché...) s'orienterait aujourd'hui vers une solution radicalement différente, plus proche du téléphone portable. Dommage pour les utilisateurs qui rêvent depuis longtemps d'une version de Windows plus légère et moins envahissante.
S'agit-il d'un retour en arrière technologique, ou d'une offre plus rationnelle pour répondre à la demande des utilisateurs. Les amateurs les moins fortunés, moins exigeants ou très mobiles semblent plébisciter ce genre de produit, et d'autre constructeurs non seulement se lancent sur le marché du portable low-cost, mais étudient actuellement la transposition vers les PC de bureaux. Le modèle réduit à bien réussis son envol.
DaG
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