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n°365 - le 15 février 2008
Rubrique Edition Cinéma animée par Liosalz

Astérix aux jeux olympiques

De l'art de trop en faire ou de mal faire

Où sont passés nos vertes années, tendres années de mon enfance ? Comme beaucoup d'entre nous, jeunes ou moins jeunes j'ai été bercé par les joyeuses aventures d'un petit gaulois au coeur tendre et de son ami un peu plus fort. Comme d'autres ou les mêmes peut-être j'ai vu, entendu ou entendu parler de l'adaptation délirante qu'avait fait un Alain Chabat. Loufoque, irrévérencieux j'ai tout aussi aimé. Et puis il y eu Astérix aux jeux Olympiques.

Ce n'est pas que ce nouveau film réalisé et écrit par FFrédéric Forestier et Thomas Langmann ne soit pas drôle, non c'est qu'il manque quelque chose, comme un goût de trop peu, de pas assez dans la bouche. Je ne vous ferais pas la gageure de vous raconter l'histoire quasi universelle. Je me contenterais de la résumer en deux mots. Alafolix (Stéphane Rousseau) est amoureux d'une princesse grecque et pour l'épouser il doit gagner les jeux olympiques face à Brutus (Benoit Poelvoorde). Il demande l'aide d'Obélix (Gérard Depardieu) et d'Astérix (Clovis Cornillac).

Et voilà c'est terminé. Car au delà de la débauche de stars et de moyens. Ce qui nous offre des décors sublimes avec un cirque particulièrement bien retranscrit et des costumes parfaitement crédibles, il manque une chose essentielle pourtant au cinéma comme au B.D., une histoire. Car cela ne suffit pas, de prendre plusieurs albums de les mettre dans un mixer et de voir ce qu'il en sort. Des copeaux de papier.

Oui c'est vrai ce film doit avoir le plus grand nombre de célébrités au millimètre carré de pellicule, mais est-ce que cela fait un bon film ? Sûrement pas. D'autant que dans la dernière partie celles-ci sont balancées au forceps. Mention spéciale à Amélie Mauresmo et Tony Parker dont je cherches encore et toujours l'utilité de la présence. Le rôle de Zidane est vaguement sauvé de la catastrophe.

Et puis toutes ces Stars ne cessent de faire une chose insupportable. Jouer leur propre rôle. La fille de la pub Alice dont le nom m'échappe, mais cela n'a pas d'importance, est une potiche, ici en tout cas. Le duo Schumarher – Jean Todt tombe à plat comme un soufflé mal cuit, alors que cela aurait pût être l'un des grands moments du film. Alain Delon est très bien même si son monologue dont on nous rebattait les oreilles n'est pas aussi extraordinaire que l'on imaginait. Oui mais voilà lui aussi fait du Delon. Une pointe d'autoparodie et d'ironie sur son propre rôle est présent mais ce n'est que poudre aux yeux.

Pourtant ce film avait tant de choses a montrer et parfois y parvient. La scène du balcon entre Brutus et Obélix faire sourire alors qu'elle aurait pu être hilarante. Quelques réflexions et jeu de situation sauvent le tout. Sauf que même chez ceux qui sont bons on ne peut s'empêcher de les imaginer ailleurs. Elie Sémoun (un des juges des jeux) et ses deux acolytes nous offre un grand numéro et sont franchement drôles. Alexandre Astier (Claudius Malosinus) même s'il n'est pas assez présent joue bien mais on a l'impression que les joyeux drilles de Kaamelott vont débarquer à tout moment. Dubosc est Dubosc, drôle en Assurentourix même si l'on espère que sa palette de comédien peut offrir autre chose. Poelvoorde est sans doute le grand rôle de ce film, puisqu'il en faut bien un. Incarnation parfaite d'un Brutus que l'on adore détester et totalement outrancier. Depardieu fidèle à lui-même et on l'aime ainsi.

En fait ce qui manque cruellement ce n'est pas vraiment de l'humour puisqu'il y en a. Non ce qu'il manque c'est du second degré, de l'ironie, de la caricature même. A trop vouloir des stars ils ont oublier de les choisir et surtout de les faire casser leur image, de les changer. Mais ils ont voulu éviter de froisser les susceptibilités et ça se voit. D'ailleurs une réflexion d'une amie me fait songer que ce film va très mal vieillir et c'est dommage.

Chabat était le moteur du deuxième film et même si Uderzo n'a pas du tout aimé ce qu'il avait, cela avait au moins une cohérence, une logique, et là c'était bien fait.

Ici un leitmotiv nous tient tout le long du film : « Tout cela pour ça ? »

Ce n'est pas le genre de film qui nous donne envie de quitter la salle en cours de route, cela se lasse regarder et certainement que certaines critiques ont exagéré le trait mais par moment on en vient presque à regretter le jeu surjoué d'un Clavier, tellement cela nous manque. Et c'est bien triste.

Un film à voir ? Je m'interroge.


Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée



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1 commentaire :
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Ah que oui alors - Par Spierrot le 17 février à 01:01

Tout pareil... Déçu d'avoir payé 7.50€ pour voir un tel film... Au vu du budget et des acteurs prestigieux (et drolissimes pour la plupart), je m'attendais à tellement mieux... :-S
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