La guerre entre systèmes d'exploitation est déclarée
François Bancilhon se démène pour imposer la distribution Mandriva comme poste de travail alternatif
Des logiciels dépourvus de protection technique ou juridique contre la copie peuvent-ils faire vivre leur éditeur? La société française Mandrakesoft, éditrice de la fameuse distribution Mandriva revenue au premier plan après un dépôt de bilan et un redressement judiciaire maintient son objectif de dégager des bénéfices de la vente de sa distribution.
Si l'initiative de vendre Mandriva sur une clé USB bootable à été récemment bien accueillie par la communauté Gnu/Linux, la vente de boites en magasin avait auparavant suscité peu d'intérêt, l'utilisateur ayant à sa disposition des distributions de qualité équivalente en téléchargement gratuit. D'énormes progrès ont été fait sur la migration des entreprises d'un système propriétaire vers un système libre ce qui est aujourd'hui envisageable techniquement et financièrement. Cependant peu sont prête à remettre en cause la productivité de leurs salariés qui n'ont jamais connus d'autres postes de travail que ceux de Microsoft ou Apple. Enfin, les administrations pourraient voir un avantage à ne pas être prisonnières d'un environnement propriétaire fermé et pourraient se permettre de financer l'émergence des solutions alternatives sérieuses.Lettre à l'assemblée nationale
François Bancilhon, le PDG de Mandrakesoft comptait beaucoup sur la migration de l'assemblée nationale française pour mettre en avant Mandriva. Alors que la distribution française, reconnue dans le monde entiers, semblait évidente c'est Ubuntu qui à remporté le marché. La lettre du PDG aux députés à été plutôt mal perçue par la communauté, l'appel d'offre ayant été remporté à la régulière par Ubuntu. D'autant que l'argument de la préférence nationale paraissait plutôt désuet et inadapté, la migration revenant à une société française, Linagora et à Unilog, société européenne pour partie implantée en France. De plus les défenseur du libre voient d'un mauvais oeil une guerre entre distributions au moment ou les systèmes d'exploitation libres sont en situation d'ouvrir une brèche dans le monopole des postes de travail par Microsoft.
Lettre à Microsoft
Une deuxième lettre de François Bancilhon à Steve Ballmer, actuel PDG de Microsoft à fait aussi couler beaucoup d'encre (ou du moins allumer beaucoup de pixels), cette fois à juste titre. Mandrakesoft avait remporté l'appel d'offre du ministère de l'éducation nationale Nigérian portant sur la fourniture de 17000 ordinateurs et d'autant de systèmes d'exploitation. L'avenir apparaissait sous de meilleurs auspices jusqu'à ce que le Nigéria annonce « nous allons payer pour les logiciels Mandriva comme prévu dans nos accords, mais ce dernier sera remplacé par Windows. ». Cette fois-ci effectivement, difficile d'imaginer comment Microsoft à réussis ce tour de magie, à savoir faire payer deux systèmes d'exploitation à une administration.
La demande existe donc et les solutions libres séduisent quand elles ciblent bien leur public. Aujourd'hui, les sociétés axées sur les logiciels libres ont une existence réelle dans le paysage économique. Certaines font des bénéfices et sont cotées en bourse. Il leur faut maintenant s'imposer. Les systèmes propriétaires ont eu recours jusqu'à maintenant à des méthodes parfois discutables et il est évident qu'ils ne se laisseront pas conquérir facilement.
Pour en savoir plus
• lettre ouverte aux députés
http://blog.mandriva.com/2007/03/23/lettre-ouverte-aux-deputes-de-lassemblee-nationale/
• lettre ouverte à Steve Ballmer
http://blog.mandriva.com/2007/10/31/an-open-letter-to-steve-ballmer/#comments
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