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n°362 - 15 novembre 2007
Rubrique Edition cinéma animée par Liosalz

Shortbus le scandaleux

Porno ou pas porno...

Certains ont probablement parle de pornographie gratuite, de voyeurisme, de vulgarité et d’obscénité lorsque, sortant de la salle noire, il a fallu donner son avis. Trop de pressions sociales, trop d’incertitudes et de manque de confiance en soit c’est sur... C’est la politique de l’autruche ou celle de ceux qui espèrent penser ce que tout le monde pense. « C’est tellement plus simple vous comprenez ! ». Ou encore celle de ceux qui préfèrent ne rien penser et ne pas se prononcer tant que l’opinion n’a pas parle et qui crient au scandale aux premiers signes de mécontentement.

Est-ce la quête d’une identité sociale ? Si tel est le cas, elle semble tout a fait erronée et correspond parfaitement a ceux dont le « tout a chacun » est devenu doctrine ou prière du soir. Préférez celle-ci : « un avis pour chacun et chacun son avis ». Et ne pensez pas un seul instant que cela puisse réfuter mon argument. Voyez-y plutôt une invitation à la vraie ouverture, celle qui convie chaque petite parcelle de son corps et de sa tête à se laisser ou non charmer par des images et des sons et qui permet de faire toutes les associations possibles...

Comment peut on penser condamner des images dont la pureté est sans égal ? Pourquoi tant de rapprochements et d’amalgames entre pornographie et scènes intimistes ? Pénétrer dans l’intimité profonde des gens, y voir ce qu’on vit quotidiennement ou ce qu’on a toujours rêvé de vivre - pas comme un fantasme irréalisable mais simplement comme quelque chose de confortable, de rassurant et de paisible – n’a rien de pornographique.

Que voyez vous dans ces images, si ce n’est la quête de réponses, l’apprentissage du corps, le confort de certains lieux, où l’on pourrait sans gène s’abandonner aux choses interdites de nos vies si bien formatées. Les personnages s’y sentent en parfaite sécurité et partagent ce qu’ils ont a partager, sans omettre la sensualité dont nous sommes tous doues. Le Shortbus est un cocon dans lequel on aimerait pouvoir se lover. Les gens y partagent tout, pensées et amour. On y est pas désorienté par la musique (celle qu’on imagine tout a fait hanter les salles underground des grandes capitales) et une lumière tellement tamisée qu’on ne peut même plus voir à qui l’on parle.

Ici pas de cliches sociaux, pas de ghettoïsation, pas d’intolérance particulière. Simplement des gens, un peu pommes, hantes par un monde qui ne leur ressemble pas, qui ne les accepte pas, qui fait de chaque petite différence une raison supplémentaire de se moquer, d’isoler, de rejeter. Dans Shortbus les gens vivent et s’expriment. Ils sont entiers.

Shortbus est un microcosme, un échantillon représentatif ou les gens apprennent a vivre en s’exprimant. On ressort de ce film rafraîchi et bien-pensant.

Antoine BOOTOINE
bootoine@hotmail.com



L'auteur
Antoine BOOTOINE

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