La difficulté à être un bon soldat

De la difficulté à un être un bon soldat
Heureux les simples d’esprit dit-on. Sans doute, j’en suis même sûr. La simplicité à ceci de terrible c’est qu’elle ne s’exprime qu’à de très rares occasions.
Je le sais car depuis près de cinq ans je vis pleinement dans la complexité du monde moderne. Le regretté Coluche disait cinq ans de droit tout le reste de travers. Je crains bien avoir tout fait en même temps.
Je suis donc étudiant en droit même si parfois dans les moments de doute je me mets à regretter. Au départ, comme toujours lorsque l’on découvre un nouvel univers, on un est un peu fou, un peu con même, et l’on se fascine pour peu de choses. Je me rappelle cette porte ouverte où je faisais le bonimenteur et vendais une camelote à des lycéens frais émoulus, leur bac en poche. À force je crois même y avoir crû. Un travail quotidien, une réflexion à toute épreuve, une variété de domaines et un corps professoral à l’écoute.
Je serais croyant j’en irais me confesser vu le nombre de conneries que j’ai pu raconter à ce moment là.
La vérité est là. La réflexion disparaît peu à peu de l’Université française (si elle n’y a jamais été). Pourtant, c’est autant la faute des étudiants que des professeurs. Les premiers s’avèrent les esclaves serviles et consentants de ce nouvel état de fait. Jouant la facilité ils deviennent peu à peu de simples machines dotés de mémoire, des ordinateurs. Tandis que les seconds s’avèrent fonctionner en roue libre sur le même mode depuis des années et se satisfaisants de voir remâcher leur longs et incompréhensibles discours par des étudiants qui savent certes mais qui ne comprennent rien.
J’ai commencé, voire plus, à écrire un roman d’anticipation qui stigmatisait cet situation mais sans doute dégoûté par la morne réalité. J’ai abandonné avant la moitié. La réalité dépasse la fiction comme on dit.
Depuis j’ai fait pire. Je me suis engagé comme réserviste dans la gendarmerie. Évidemment le principe même d’un ordre hiérarchique impose d’obéir aux ordres. Dans ce domaine plus encore, l’armée aidant il convient d'exécuter très souvent sans réfléchir. Et c’est là que le bas blesse, sans contester une seconde l’autorité d’un tel ou d’une telle, j’ai un besoin irrépressible de savoir pourquoi, de savoir pourquoi, de comprendre.
Heureusement, et cela semble peut-être paradoxal à certains d’entre vous, ce système fait que l’on cherche justement à nous expliquer. Tout se passe au préalable, durant les formations, mais la compréhension est là, on la touche du bout des doigts.
Mais dans le même temps je m’avance peut-être une nouvelle fois, comme le bon soldat que je me découvre à chaque fois, naïf et passionné. J’espère cette fois-ci que non. M’enfin on n’est jamais à l’abri.
Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée
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