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n°357 - 15 Juin 2007
Rubrique Edition littérature animée par aucun responsable. Postulez !

Le gambit du cavalier (William FAULKNER : 1897-1962)

La littérature américaine : Nobel 1

Ils sont trois à avoir eu le Prix Nobel. FAULKNER, HEMINGWAY, STEINBECK. Nous leur avons déjà consacré à chacun, cinq articles dans le numéro qui leur était réservé. Pour avoir un meilleur aperçu de leur oeuvre, nous vous en proposons d’autres qui concluront la série sur la littérature américaine.

Prix Nobel en 1949, William Faulkner impose des personnages compacts qui marqueront son public. Dans plusieurs romans, il essaie d’innover un style : « Tandis que j’agonise » fait parler les héros à tour de rôle, « Le bruit et la fureur » ne respecte pas la chronologie.

De tels procédés peuvent rebuter le lecteur de romans dits « faciles », mais il existe des livres qu’on oublie vite, et d’autres dont on se souvient toujours. Ceux de FAULKNER appartiennent à cette dernière catégorie.

Faulkner nous présente ici cinq nouvelles. Ce sont toutes des intrigues policières, mais il est intéressant de voir comment le prix Nobel aborde ce sujet :

Une main sur les eaux
Deux pêcheurs trouvent un cadavre dans un étang. Après bien des rebondissements dont une sombre histoire d’assurance-vie, on découvre que l’assassin n’est pas forcément, celui qu’on croit.

Si l’intrigue ne manque pas d’intérêt, le style faulknérien ne se prête pas à ce genre. Les amateurs lui préfèreront sans doute Hammett, Higgins Clark ou autres Truman Capote.

Monk
Monk est un arriéré mental. Il ne sait même pas qu’il est accusé de meurtre et ne se rend pas compte qu’il va être pendu. Lorsqu’on lui demande qui il a tué, il donne des noms de personnes qui vivent encore.
En manque d’affection, il sympathisera avec un gardien qui sera son seul ami, et lorsque le véritable coupable avouera, il faudra bien élargir le malheureux, mais celui-ci tricote pour son nouvel ami. Pour éviter d’avoir à partir sans achever son cadeau, il tue le gardien.

Une histoire qui sort de l’ordinaire, et qui soulève la question des faibles d’esprit face à l’univers de la justice.

Sans relâche
Buck Thorpe, un don juan notoire, vient d’être assassiné par Bookwright parce qu’il tournait autour de sa fille. L’opinion publique est pour le coupable, mais de fil en aiguille, l’intrigue se noue, et au final, elle changera peut-être d’avis.

Sorti de son cadre, cette nouvelle ne présente plus d’intérêts. On imagine mal les pères d’aujourd’hui tuer celui qui prétend à la main de leur fille. Le lecteur devra donc faire un effort pour se transposer dans l’univers faulknérien, sous peine de ne pas pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Il devra également se souvenir que la majorité à dix-huit ans n’a été que très tardivement adoptée.


Une erreur de chimie
Un homme vient de téléphoner au shérif. Il vient accidentellement de tuer sa femme.
Arrivé sur les lieux, il revient sur ses dires et avoue que c’est un meurtre avec préméditation.
Le shérif et l’attorney ne croient pas qu’il est réellement. Ils pensent qu’il a peur de quelque chose. Et puis il y a cette police d’assurance qui les intrigue, mais la celle-ci ne se monte qu’à demi dollar.
Finalement, on apprend que le mari est un ancien forain. Il se fait arrêté pour pouvoir s’échapper de prison et montrer à tous, qu’il est toujours en possession de son art.

Encore une nouvelle à rebondissements. A lire !

Le gambit du cavalier
« Le gambit du cavalier » est plus long qu’une nouvelle, c’est même un court roman. Pourtant, c’est un condensé d’une saga qui aurait pu s’étendre à plusieurs oeuvres. D’ailleurs on peut se demander si Faulkner n’est pas nostalgique de ces sagas : celles des Snopes et surtout celle des Sartoris. En effet, il est fait allusion au héros de la guerre de sécession au début de ce roman et vers la fin, le dernier des Sartoris s’engage dans le second conflit mondial.
Cette saga opposerait deux branches de la même famille : un homme qui séduit la fille puis la mère, et la colère du frère Max.
Entre celui qui fait mystérieusement fortune après s’être marié, et l’amoureux des chevaux, la tension est grande, surtout lorsque les femmes s’emmêlent, et ce sera l’oncle débonnaire qui devra temporiser.

Une histoire intéressante, trop longue ou trop courte. Ce sera au lecteur de trancher.

Sur les cinq nouvelles que nous présente Faulkner, c’est trois fois l’oncle Gavin qui tient la vedette (respectivement dans les 2ème, 3ème, 4ème nouvelles). Curieusement, c’est encore un oncle qui viendra arbitrer « Le gambit du cavalier ». Chacune d’elles a un intérêt qui lui est propre, mais elles sont réservées aux amateurs de Faulkner.

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L'auteur
René

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