Les logiciels libres... de quoi?

Beaucoup d'utilisateurs d'ordinateurs voient une aubaine dans les logiciels libres qui permettent de remplacer gratuitement avec plus ou moins de succès les logiciels payants. Le terme de libre est souvent assimilé à gratuit. Ce n'est pas faux, mais c'est incomplet.
Tout d'abord, le terme de libre n'est pas réservé aux seuls logiciels, mais s'applique aussi aux formats (musique, image, vidéo...) ou aux systèmes d'exploitation. Un logiciel ou un fichier media que vous vous êtes procuré gratuitement n'est pas pour autant libre. Dans l'exemple du mp3 (sans parler des droits d'auteurs), le format du fichier fait appel à un codage qui est assortis d'une licence. Le format gif très répandu à été sous condition de licence il y a un certain temps, les polices de caractères que vous utilisez sans y prêter attention possèdent une licence. En fait tout ce qui est installé sur votre disque dur ou fournis sur les CD et DVD du commerce, est soumis à une licence. Même un logiciel libre possède une licence. C'est pourquoi il est important de faire un peu de lumière sans pour autant trop rentrer dans les considération juridique ou technique.Toutes les données utilisées en informatique sont composées de code informatique. Ce code regroupe des commandes, des paramètres et des variables qui ont été écrit par quelqu'un. Et cette personne ou sa société est propriétaire de ces données, c'est la propriété intellectuelle. La licence, c'est le formulaire qui apparaît par exemple lorsque vous installez un logiciel ou que vous téléchargez une musique et qui énonce les conditions d'utilisations (en général, on clique sur le bouton "j'accepte les conditions" sans les lire). C'est précisément au niveau de la licence que se fait la distinction entre deux grandes familles de contrat, la licence propriétaire et la licence libre.
La licence propriétaire est la plus facile à cerner. Dans l'exemple du système d'exploitation qui se trouve sur votre ordinateur, celui-ci est composé de programmes, de logiciels, de media qui font eux aussi appel à des fonctions complexes et des formats multiples. La quantité est telle qu'une personne seule ne pourrait pas créer l'ensemble même en y consacrant sa vie entière. L'éditeur du système d'exploitation va faire appel à des éditeurs qui fourniront les logiciels, qui feront appel à des développeurs qui les écriront, qui feront appel à des fonctions écrites dans des langages de programmations qui ont été eux aussi écrit... la plus infime partie de code "source" est payée et le prix se répercute à tous les niveaux de création et d'édition, permettant à chaque intervenant de percevoir à juste titre une rémunération pour le travail accomplis. Mais pour que tout cela fonctionne et que chaque intervenant soit assuré que son travail ne soit pas recopié à son insu, le code doit être protégé par l'impossibilité de lire le code source pour le reproduire totalement ou en partie, ou de le modifier. Voilà donc les deux caractéristiques du code propriétaire: la protection des données et la mise sous conditions de l'utilisation, en général un paiement.
La licence peut prévoir d'autres dispositions. Par exemple le partagiciel (shareware) ne vous demande de payer que si vous êtes satisfait après une période d'essais, le gratuiciel (freeware) ne vous demande pas de rétribution et vous encourage même à copier le programme et à le distribuer à condition que vous n'y apportiez aucune modification et que vous ne supprimez pas les coordonnées de l'auteur. Certaines licences autorisent et parfois encouragent l'utilisation d'un code propriétaire gratuitement à l'exception d'une exploitation commerciale par exemple. Le format mp3 que tout le monde utilise sans n'avoir jamais rien eu à payer est sous licence, mais seul le développement d'un logiciel d'encodage de ce format ne nécessite le paiement de la licence. La Licence peut aussi expirer comme pour le format gif ou être déclaré libre après l'exploitation commerciale comme le langage Java.
C'est dans cette multitude de combinaisons de protections et de conditions d'utilisation qu'il faut maintenant situer le code libre ou ouvert (open source). En fait les termes "libre" et "ouvert" ne signifient pas la même chose mais c'est tellement voisin que l'assimilation est tolérée. Pour faire simple, un logiciel libre est l'inverse d'un logiciel propriétaire. Tout d'abord, un code libre doit être ouvert et donc offrir la possibilité d'être étudié, modifié et diffusé sans aucune protection ou restriction. Ces critères définissent la Licence Publique Générale (General Public license ou GPL). Là aussi licence libre et GPL sont différentes mais suffisamment ressemblante pour ne pas s'y attarder ici. Pour un logiciel par exemple, celui-ci doit être composé à 100% de code source libre, et si ce logiciel devait être distribué dans une suite logicielle ou un système d'exploitation, cela ne pourra se faire que si ces derniers sont eux aussi libre.
Si vous devez retenir une chose de tout ça, c'est que le terme de format ou de logiciel libre doit être caractérisé par la liberté qu'il offre et non la gratuité, qui n'est qu'un critère parmi d'autres. Un format ou un logiciel libre répond donc à une déontologie qui est le partage des connaissances, des ressources et la transparence. Cependant vous n'êtes qu'utilisateur et seule la gratuité ne vous semble digne d'intérêt ? A l'heure du paiement en ligne et du vote électronique, préférez vous faire confiance pour des tâches essentielles à un système qui garantie la transparence et dans une certaine mesure le désintéressement ou préférez vous faire confiance à des systèmes qui sont soumis à des enjeux commerciaux?
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