The wind that shakes the barley
Une raison de plus pour haïr la mentalité colonialisteIl fut un temps où les Anglais régnaient sur le globe. On avait repris l'épithète du grand empire germanique (l'empire sur lequel le soleil ne se couche jamais)et on l'avait collé aux Anglais. Au nom de la civilisation (ou de la religion), les Brits se sont imposés sur tous les continents. Ce qu'on oublie trop souvent, c'est la manière utilisée pour dominer. The wind that shakes the barley de Ken Loach nous replonge au coeur des années 1920, alors que l'Irlande réclame son affranchissement de la servitude.
Le titre, "Le vent qui soulève l'orge", fait référence à une chanson de Robert Dwyer Joyce, auteur irlandais du XIXe siècle, qui évoque le soulèvement irlandais de 1798. Le film raconte l'histoire d'un petit groupe d'activistes de l'armée républicaine irlandaise et, en particulier, de deux frères, Damien et Teddy O'Donovan. Ceux ci sont d'abord unis contre l'occupant britannique et se déchirent ensuite. Le récit se déroule de 1920 aux années de la guerre civile irlandaise.À mon avis, le plus grand mérite de ce film est de montrer crûment comment le colonialiste, quel qu'il soit, est prêt aux pires bassesses pour conserver l'hégémonie acquise au prix du sang.
L'Irlande a goûté à la médecine des Anglais, passés maîtres dans l'art de la conquête. Les Québécois s'en souviennent aussi, comme les Indiens ou les Africains du Sud.
Le colonialisme n'a qu'un but: l'assimilation des peuples conquis. Il ne faut pas se surprendre, alors, de voir les vaincus humiliés, méprisés, maltraités. C'est dans l'ordre des choses. C'est aussi dans l'ordre des choses que les esprits fervents n'acceptent pas l'injustice et se soulèvent. Ces rebelles sont la plupart du temps sanguinairement réprimés. Lorsqu'on n'y parvient pas entièrement, la vieille tactique de la division est toujours la plus efficace. L'Irlande, l'Inde et le Québec en témoignent.
Ce film provoque le spectateur au point de susciter l'anglophobie. Mais attention! Les Anglais ne sont pas pires ni meilleurs que tous les autres peuples conquérants de l'Histoire.
Je me dis que la tare humaine est de vouloir dominer et je me prends à espérer qu'un jour les choses changent.
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