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n°356 - 15 mai 2007
Rubrique Edition culture animée par Mireille

Amérindien, la réalité bien loin du mythe


Alors que les beaux jours arrivent, l’Europe se prépare à jouer aux Indiens. Tipi, pow wow, artisanat de pacotille vont fleurir dans nos campagnes. Mais vous êtes vous posé la question de savoir qui étaient les Amérindiens de l’an 2007?

Les réserves d’aujourd’hui sont bien loin de l’image que certains veulent bien nous montrer. Elles vivent à l’heure du net, des hamburgers et des affaires bien contemporaines.

Certaines ne s’en sortent pas trop mal en se battant pour reconquérir leurs territoires, en se faisant respecter. Mais ce n’est pas le cas pour toutes. Il existe encore des villages vivant sans eaux et sans électricité obligés d’envoyer leurs enfants loin de leur communauté enfin qu’ils soient scolarisés, c’est le cas de Kitcisakik. Sans instruction il est très dur de s’en sortir de nos jours.

Seulement le tiers des élèves vivant en territoire autochtone obtient son diplôme secondaire, contre 68% chez les non autochtones.

Cela explique pourquoi seulement 6% des autochtones vivants en réserve obtiennent un diplôme collégial (15% chez les allochtones) et pourquoi seulement 3% des résidents sur une réserve obtiennent un grade universitaire (contre 14% chez les allochtones).

Plusieurs causes expliquent ce faible taux de diplômes.
Le cours d'histoire, par exemple, prescrit par le ministère de l'éducation pour le programme d'études secondaires «ne reflète pas la réalité sociale et historique des nations autochtones». «La formule de financement adoptée par le ministère des Affaires indiennes en 1988 ne correspond pas aux besoins actuels»

Il faudrait une amélioration de l'environnement socio-économique des élèves et de leurs familles. Par exemple de meilleurs logements, de l'aide aux familles pour l'éducation et pour les soins aux enfants, de l'aide aux devoirs ou la mise en place d'un projet éducatif à l'école.

Il faut aussi que les programmes pédagogiques destinés aux autochtones soient revus, de manière à améliorer l'apprentissage des langues autochtones, à adapter les cours aux réalités autochtones, à y exclure les éléments discriminatoires envers les autochtones, et augmenter le nombre d'enseignants autochtones.

Des autochtones qui vivent en milieu urbain disent subir de la discrimination au travail, à l'école et dans le système judiciaire.

Dans un sondage national commandé par le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, 4 autochtones sur 10 soutiennent avoir été victimes de racisme.
Depuis le dernier sondage réalisé en 2004, le nombre de personnes qui ont répondu avoir déjà souffert de racisme a augmenté de 10 %.

Un dernier rapport concernant les Amérindiens vivant hors des réserves, datant de février 2007, rapporte que Plus de 50% de la population autochtone a moins de 25 ans et n'a pas terminé ses études secondaires. Le taux de chômage est 2,5 fois plus élevé que chez les allochtones alors que pour ceux qui ont un emploi, leurs revenus sont plus de 20% inférieurs.

De plus, avec des logements en mauvais état et le surpeuplement résultant d’un taux de natalité 2 fois plus élevé que pour le reste de la population, les Autochtones vivant hors du contexte des réserves ont à subir une discrimination subtile mais très présente au quotidien, particulièrement quand il s'agit du logement social.

Ce phénomène se remarque également à d’autres niveaux, alors que les différentes
Études et statistiques démontrent que les Autochtones au Québec vivent des difficultés d’intégration tant au niveau scolaire qu'en matière d'emploi.

Lors d’un interview du 11 février 2007 Madame Lise Arbour, commissaire aux droits de la personne à l’O.N.U., répondait en ces termes à la question de l’animateur Guy A. Lepage qui lui demandait « Existe-t-il encore des cas d’injustice au niveau des droits de la personne au Canada ? » Et Madame Arbour de répondre : « Certainement, le cas des Autochtones est sans doute le plus flagrant. Les Autochtones, c’est connu, vivent dans des conditions de pauvreté inacceptables qui leur causent des problèmes de tout ordre : sous scolarisation, violence, alcoolisme, inceste, etc. C’est une réalité et les Canadiens se ferment les yeux. »

Quand je vous parle qu’ils vivent à l’heure des hamburgers ce n’est pas par hasard: une étude démontre une croissance fulgurante, sur la population autochtone qui est de trois à cinq fois plus susceptible de développer le diabète. On attribue ce phénomène à un changement dans le style de vie, qui est de plus en plus sédentaire. « Jadis, les autochtones chassaient et marchaient, mais aujourd'hui ils font tout avec la voiture. La maladie est souvent décelée à un très jeune âge chez les autochtones, parfois dès cinq ans.

Le diabète n'est pas pris au sérieux dans les communautés jusqu’à ce qu’il pose des problèmes dans la vie courante, alors une majorité d'autochtones combinent la médecine traditionnelle et conventionnelle, afin de réduire de moitié leur consommation d'insuline.

Aujourd’hui encore les Amérindiens se battent encore pour récupérer leurs territoires en occupant les terrains comme à Caledonia en Ontario ou les manifestations durent depuis plus d’un an, revendications vieilles de 200 ans. Les Innus du Lac St Jean et de la cote Nord sont toujours en pourparlers avec le gouvernement pour obtenir des accords. D’autres communautés comme les Anishinaabe (La Nation anishinabek regroupe 40 premières nations situées entre les Grands Lacs et le parc Algonquin. Ces communautés représentent 30 % de la population autochtones en Ontario) se sont battues pendant 9 ans pour pouvoir contrôler les pouvoirs législatifs sur les élections des conseils, la citoyenneté, la culture et la langue, ainsi que la gestion et le fonctionnement du gouvernement au sein de leur communauté. Et je pourrais vous en citer ainsi encore beaucoup.

Il y a encore beaucoup à faire pour que les Amérindiens aient une vie décente et la première façon de les aider à notre échelle : acheter de l’artisanat venant de chez eux, fabriqué par eux car il ne faut pas oublier que pour certain c’est leur seule ressource de revenu, pensez y lorsque vous irez voir des parodies de pow- wow ou fleurissent de l’artisanat made in Taiwan ou fait par des bons petits européens en mal d’exotisme. Il existe en Europe des défenseurs qui se battent pour les Autochtones et font venir des réserves des objets fabriqués au Canada ou aux USA et bien souvent moins cher.

Je voudrai terminer par les jeunes qui sont l’avenir. Mais que leur propose-t-on ?

Il est dit que les jeunes amérindiens se désintéressent des coutumes, mais ne faut-il pas se poser la question que fait-on pour eux ? Les anciens ne sont plus assez nombreux pour montrer l’exemple. J’en ai parlé récemment avec un ami amérindien et voilà sa réponse.

« Pour les enfants, les coutumes et les traditions, on ne peut pas se référer a ce qui c'est passé à Goose Bay (davis inlet) là où les enfants se suicidèrent après avoir inhaler de l'essence, même pas 10 ans passés, je ne sais pas si vous avez vu les cabanes des indiens vivant hors réserve là où Carle a fermé la route. Là où les parents et les grands- parents ne ce sont pas pris en main, je veut dire combattre leur alcoolisme et abus de drogues et autres abus sous toutes ces formes, l'histoire se répète, en même temps ça fait l'affaire des gouvernements, c'est bon pour l'extermination et tout le monde s'en lavent les mains.

Pour mieux comprendre la situation, c'est comme les prisonniers, celui qui va être en prison pour 40..50 ans, lui ne veut plus retourner en société, il trouve sa sécurité à l'intérieur des murs, il est certain d'avoir un lit, 3 repas par jour, des vêtements, et il s'est adapté a sa situation, il ne veut plus sortir, c'est la même chose dans les réserves, un petit chèque par mois, la famille est la, on trouve toujours un copain pour se dépanner dans la grosse misère et on se trouve une certaine sécurité malgré tout les déboires on reste à penser qu'on est mieux dans les réserves qu'en milieu urbain, parce qu'on n'a pas de métier, les gens ont des préjuges, on n'a pas de confiance et d'estime de soi et c'est une cause perdue même avant de partir, et on se transmet ce mode de vie de génération en génération. A cause du peu de travail dans les réserves les gens sont devenus sédentaires, ne pêchent plus ne chassent plus, normal tout le bois a été coupé autour, le gibier et ce qui en reste a fuit au loin, les rivières sont toutes polluées, donc plus de poissons, donc on ne pratique plus les traditions, la culture, le mode de vie.

Ceux qui s'en tirent, ce sont ceux qui ont banni tout alcool et drogue de leur communauté, sont retourné à leur valeur première, soit la spiritualité. L'argent va à la bonne place, santé, éducation, programme social, économie. Les valeurs ajustées, ceux aussi comme moi qui me suis ajusté en milieu urbain. J'écoutais un reportage où Michele Audet présidente des femmes autochtones du Québec disait: plus jamais je ne retournerais vivre en réserve y élever mes enfants, elle vit a Montréal maintenant.

Donc une question se pose...? Est-ce que c'est la faute des enfants s'ils se désintéressent de leur communauté, ne connaissent plus leur traditions, mode de vie, culture, et spiritualité, réponse....peut- être qu'ils n'ont personnes pour leur montrer, apprendre...

Ils n'ont pas de modèle, moi je ne crois pas que c'est de leur faute (opinion personnelle) » C’est édifiant !

Heureusement quelques jeunes se battent à leur manière Evelyne de Kitcisakik qui fait parti du conseil de Bande des jeunes et se bat pour que ses petits frères et soeurs reviennent vivre et étudier au village. Samiens qui fait du Rap pour parler de sa communauté, Chanouk qui fait des films avec l’aide la wapikonimobile (organisme qui met à la disposition des jeunes amérindiens du matériel vidéo) Denis qui a décidé de continuer ses études, de se tenir loin de la drogue et de l’alcool et bien d’autres encore.

Nous sommes bien loin de la réalité, lors de ces pow-wows où l’artisanat copié se vent, ou l’on oublie que les amérindiens sont un peuple que l’on peut admirer mais qu’il ne faut pas s’arrêter à une légende ni le mettre sur un piédestal mais le considérer comme un peuple qui a ses convictions, ses principes moraux et immoraux avec de bons et de mauvais cotés comme tout un chacun. Il faut vivre dans le présent et non dans le passé. Alors j’espère que lorsque vous rencontrerez des soit-disants Amérindiens vous aurez une pensée pour ceux qui se battent pour leur survie. Ce peuple qui veut rester digne malgré toutes les difficultés rencontrées. Et dites vous que ce que l’on voie en Europe n’est qu’une bien triste parodie de grands enfants qui jouent aux indiens et qui bien souvent n’ont qu’une vision bien étroite de la réalité.

Photo:
Evelyne Papatie de KitciSakik (Algonquin), Marie Claude de la Wapikonimobile,Shanouk Newashish de Wemontaci (Atikamek),et Samien, jeune rappeur de talent, Anishinabe de Pikogan en Abitibi.

May Rimbert
houisse@wanadoo.fr

Pour en savoir plus


• Wapikonimobile
http://www.onf.ca/aventures/wapikonimobile/





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5 commentaires :
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Amérindien - Par A.F le 04 mars à 22:10

Et les Canadiens, que font-ils ? parce que l'on peut toujours reporter la faute sur les Européens pour se donner bonne concience, mais cela ne fera pas avancer le sort des Amérindien.
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Les Amérindiens - Par Gerard Georges BRETON le 15 mai à 10:51



Fabuleux téléscopage de deux reportages sur l'Echo de ce mois-ci.

Les colonisateurs:

- The wind that shakes the barley.
Une raison de plus pour haïr la mentalité colonialiste.

Et ce reportage sur les Amérindiens. Si ces derniers ont perdus leurs cultures, leur santé, leurs identités et leurs territoires, le responsable est bien le colonisateur, qu'il ait été Anglais ou Français comme mes ancêtres. Je me suis souvent fait faire des reproches à cause de mes propos, mais pour moi le véritable peuple Américain ou Canadien, est Indien, les autres ne sont que des envahisseurs, qu'ils soient Espagnols, Anglais, Irlandais, ou Français.
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