Une campagne en un sens

La politique passionne les français, mais les politiciens moins. Mais alors que cherchons nous dans cette découverte de la campagne électorale ? Comprendre ou découvrir ? Vaste question.
J’ai été comme beaucoup voire comme tous surpris voir choqué du résultat des élections de 2002. Rares sont en effet les médiums ou autres Madame Soleil qui ont pu prévoir un tel résultat et un tel bouleversement dans le petit monde politique. Est-ce là ou ailleurs que ce sont réveiller les consciences que la politiques appartenait aussi au domaine des citoyens ? Je pense qu’en fait cela fait longtemps que le citoyen se sent pour la plupart en tout cas impliqué dans la vie en communauté mais que c’est la politique politicienne qui le choque.Mais le 21 avril a peut-être provoqué bien d’autres choses aussi. Il est étonnant de voir par exemple que les candidats les plus populaires sont ceux qui se revendiquent, d’un terroir d’une identité, comme Bayrou ou Bové. En un sens c’est un rappel de l’opposition continue entre la capitale et sa province. Celle qui représente la majorité de la population française se sent en effet lésé par l’absence d’hautes institutions chez elle (mis à part un ENA divisé en deux), de réelles décisions mais aussi et surtout de réelles promotions de ses régions si diverses. La diversité ce mot est à la mode mais il reflète le malaise qui enchaîne nombre de nos concitoyens.
Car autre chose cette campagne est celle du concret, du refus de l’abstraction mais aussi du petit cas particulier de chaque. En fait il n’est pas rare de voir dans les émissions politiques nombre de membres du bas peuple quémander des petites choses pour eux. L’émission de TF1 et surtout celle avec Ségolène Royal en est un exemple criant. On aurait dit un débat avec un maire ou un conseiller municipal voire général ou régional en campagne. Il semble en effet que l’on s’occupe plus souvent de son petit cas à soit que des questions d’ordres nationales voire à la rigueur générales. C’est la perversité du libéralisme politique et de l’individualisme forcené. On vit chacun dans son coin et l’on oublie vite qu’un homme politique se doit de faire des choix et ne peut contenter tout le monde.
C’est encore plus criant par l’absence total de débat sur le plan international. Rares sont en effet les sujets sur ce thème qui arrive dans les médias ou sur la place publique. Et les rares fois ou on parle on les oublie vite ou on critique les choix. Je n’avais pas été mis au courant que le président de la république n’avait pas au moins quelques pouvoirs en matière de décision internationale.
On vit dans son coin et pourtant on se passionne pour se qui se batte pour les autres. Les associations qui s’en occupent n’ont jamais eu une telle popularité. L’exemple de Don Quichotte en est frappant. Oui mais cela loin de nous et de nos problèmes car au canal Saint Martin cela semble tourné au vinaigre. Une autre dimension de cette élection, l’exclusion de certaines catégories d’électeurs. Les SDF par exemple étaient jusqu’alors et le seront de nouveau bien vite, absent du débat présidentiel. Malgré le fait qu’ils ont comme tout un chacun le droit de voter. Même s’il faut l’admettre c’est bien la dernière de leur priorité. La culture aussi est totalement oublié. La vie des gens dans les banlieues ou même dans les déserts ruraux. Oui c’est sûr ce ne sont pas les agriculteurs, qu’il faut aller aller voir au salon de l’agriculture ou les chasseurs, qui propose un grand oral. Non cela ne gueule pas ils ne font pas de bruit mais ils votent. Quoi de plus hallucinant de voir que l’on ne s’intéresse à la banlieue que du temps où il y a des voitures qui brûlent. Alors dans cette campagne la solution pour se faire entendre serait-elle de gueuler le plus fort ? Sans doute.
Autre chose on reproche depuis un moment: la bipolarisation dans les médias. La campagne serait-elle en un sens pour favoriser l’opposition droite/gauche ou gauche/droite selon les goûts ? Car en réalité les opinions sont bien plus diverses et fluctuantes que cela. C’est là encore un reflet des résultats du 29 avril 2002. En un sens "L’union fait la force" face à Diviser pour mieux régner.
Autre sens imposé par les médias, le sens des sondages. Il est étonnant de voir ainsi nombres de journalistes, ou qui se nomment ainsi, orienter leurs questions, voire même leur opinion suivant la valse des sondage. Ils tirent sur une ambulance, s’acharnent sur ceux qui sombrent et flattent les puissants. C’est insidieux, sans doute involontaire, mais bien réel.
C’est donc une campagne en un sens perdu mais c’est une campagne qui existe. Loin de considérer cela comme un état de fait immuable auquel on doit se résigner il est important de se sentir concerné, quitte à décider l'abstention comme solution ou bien d’autres encore.
Les internautes l’on bien compris. L’explosion des blogs politiques des débats sur le sujet le montre. Les téléspectateurs aussi comme le montre les résultats d’audimat quasi spectaculaires des émissions politiques aussi. La campagne passionne les français et dès fois loin, très loin des discours des candidats ils s’écharpent sur des sujets bien vastes, des sujets de société. Car ne l’oublions pas en Avril et Mai prochain ce n’est pas l’élection de Miss ou Mister France pour laquelle on votera ou pas.
Hio-Tin-Vho
La plume plus forte que l'épée
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