Black boy (Richard WRIGHT : 1908-1960)
La littérature américaine : 39/39
Isaac ASIMOV, Edgar R. BURROUGHS, William S. BURROUGHS, James M. CAIN, Truman CAPOTE, CHANDLER, Philip K. DICK, DOS PASSOS, FANTE, FAULKNER, FITZGERALD, HAMMETT, HEMINGWAY, HIGGINGS CLARK, William HJORSTBERG, Henry JAMES, Jack KEROUAC, Stephen KING, Norman MAILER, MATHESON, Horace McCOY, Henry MILLER, Philip ROTH, Gertrude STEIN, STEINBECK, Tom WOLFE, Richard WRIGHT, etc. Ils sont tous les dignes successeurs d’Edgar POE et contribuent au rayonnement et à la diversité de la culture américaine.
Richard WRIGHT est un auteur noir. Toute son oeuvre est un témoignage que l’on pourrait étendre aux minorités... Etre juif, être noir, être gitan, etc., c’est tout cela que nous décrit WRIGHT... Romans ou nouvelles, il y a toujours un vécu à l’origine. « Black boy », le plus connu de ses romans a un titre assez significatif de cet état d’être.
« Black boy » est la première partie de l’autobiographie de Richard WRIGHT. Elle commence dès l’enfance de l’auteur, une enfance menée à coup de baguettes, et où son père fuira ses devoirs conjugaux.
Très vite, le jeune Richard se révoltera contre l’autorité. Sa mère, ses tantes, puis son oncle auront toutes les peines du monde à se faire respecter. Il est vrai que face aux abus de beaucoup d’entre eux, Richard opposera le couteau de cuisine.
L’autre autorité contre laquelle il se révoltera, c’est l’ordre établi. Les nègres se doivent d’être dociles, et tous les motifs sont bons, pour que les blancs leur rappellent qui sont les maîtres.
Officiellement aboli, l’esclavage puise ses racines dans le Sud. Toucher une femme blanche, c’est signer son arrêt de mort. Richard l’apprendra plus tard car le frère d’un de ses amis aura été accusé d’un tel forfait...
D’autres, les plus évolués, arrivent à vivre avec cette hiérarchie. Un noir n’hésitera pas à se faire botter le cul, pour gagner un malheureux dollar.
Parents ou amis conseillent à Richard de respecter l’ordre établi, mais l’enfant qui grandit, est un idéaliste. Les emplois qu’il occupera, seront brefs. Mais finalement, il vit parvient à vivre « normalement » puisque la peur du blanc le tenaille.
Il croit à sa chance lorsqu’un opticien veut le former à son métier, mais si l’homme vient du Nord, c’est oublier que ses collègues blancs sont du Sud. Ils parviendront à l’écoeurer pour qu’il donne sa démission. La bonne volonté d’un blanc, fût-il patron, ne suffira pas à changer le cours des choses.
Un récit émouvant qui rappellera parfois Dickens. Une histoire rendue plus véridique parce que l’auteur ne cache pas ses défauts. Et Dieu sait s’il en a ! Mais hélas, le quotidien d’un noir du Sud au début du siècle dernier.
Il faut espérer que les mentalités ont changé, car ce devoir de mémoire qu’on nous serine sans arrêt, n’est-il pas également valable pour ces gens dont le seul crime est d’avoir une peau plus pigmentée que la nôtre ?
Un livre à lire absolument.
René MORIN
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