Une gueule noire nommée Edmond
Visite au fond le mine et autour
La dernière mine a fermée ses portes en 2004 dans l’Est de la France. Mais le besoin de transmettre un métier, aujourd’hui disparu, est resté. La fosse Delloye à Lewarde dans le Nord (59) est le plus grand centre historique de la mine. Des mines de charbon à ciel ouvert, il en reste en Afrique, mais des mines de fond ? Dans quelles conditions travaillaient les mineurs de fond ? C’est ce vous propose de vous faire découvrir les guides, tous actuellement anciens mineurs. En compagnie du président de ZMR j’ai suivi le ch’tiot Edmond notre guide. Entre français et patois ch’tit les termes de métiers et anecdotes nous ont permis pendant 1h30 d’aller au charbon !
La visite guidée démarre par la salle des pendus, une appellation typiquement due aux mineurs du Nord. Dans cette salle vestiaire, qui est aussi la salle de bain des mineurs qui remontent d’en bas, on vous explique l’historique du site d’exploitation. C’est en effet la dernière mine mise en exploitation. Son début date de 1931, elle fonctionnera jusqu’en 1971, son rendement sera moins élevé que celui d’autres mines en termes de production minière. Puis l’explication de la douche en commun, les hommes se frottaient mutuellement le dos. Le premier de ligne allait frotter celui du dernier. Les « calibots » (jeunes) avaient leur salle de douche à part.
Après cela nous passons à la «lampisterie» chaque mineur avait un jeton avec son numéro dessus. Il remettait son jeton en échange de la lampe. Au retour il rendais la lampe et reprenait son jeton. Les jetons étaient accrochés à un tableau, cela permettait d’un seul coup d’œil de vérifier qui était au fond et qui était sorti et surtout de pouvoir porter secours à ceux qui en avaient besoin.
Après ses explications la guide nous présente Edmond, nous allons faire le trajet jusqu’au puit en petit train. Auparavant nous sommes passés par la salle des casques, dont le port est obligatoire. Puis en route… Nous gravissons deux étages d’un escalier métallique de cette hauteur, Edmond nous fait voir en contre bas l’installation de la chaîne de triage/criblage. En suite il nous ouvre l’ascenseur dans lequel nous nous entassons à 26 avec en plus de lui. L’ascenseur descend à la vitesse de 8m/sec.
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Arrivés au fond notre visite s’opère sur 450m de galeries réaménagées pour les visiteurs. Chaque boyau retrace la façon de travailler d’une époque. Nous découvrons ainsi les conditions de travail des premiers mineurs, ceux du XVIIIè siècle et nous remontons ainsi jusque dans les dernières années d’exploitation.
On voit l’évolution de la technologie dans les mines. Le rendement en est davantage le moteur que le soucis de bien être de l’ouvrier mineur.
Néanmoins le mineur avait des avantages de congés et de rémunération par rapport aux autres catégories d’ouvriers, c’est pourquoi malgré les risques beaucoup s’engageaient à la mine.
Pendant cette remontée dans l’histoire dans les sous-sols du Nord, les guides vous font part de leurs expériences personnelles agrémentées de petites histoires drôles. En effet, les mineurs avaient peur et pour oublier un peu celle-ci, les bons mots, les gags et histoires drôles étaient en usage. Nous rencontrons un autre habitant de la mine : le cheval… Fort en math ! Edmond nous explique que le ch’val savait compter, il devait tirer 14 berlines et si on lui en ajoutait une quinzième, il refusait d’avancer….
Comment l’animal pouvait-il faire le calcul, puisqu’il avait un bandeau sur les yeux ?
Tout simplement chaque wagonnet en s’accrochant produisait un « tac » et le cheval ne partait qu’à 14 tacs… Pas un de plus, ni un de moins ! «C’est bien la preuve qu’il savait compter !» nous affirme Edmond !
Mais le plus savoureux qu’Edmond nous ait transmis c’est un article du code de la mine, un peu détourné, il faut le dire :
« Quand t’es au fond, la meilleure façon de rester en vie ou de travailler si tu veux manger, c’est d’appliquer l’article 22… Article 22 démerde toi comme tu peux !»
C’est ainsi que le temps d’une heure trente, nous avons eu l’impression de voir vivre les mineurs de Zola ! C’est tout simplement passionnant !
Ce musée est fabuleux, mais prévoyez quatre heures minimum pour la visite. En 3 heures nous n’avons pas tout vu ! Il m’a fallu près d’une heure pour revenir mentalement de la mine. Et puis ! Il faut le dire, c’est vrai que les gens du Nord sont accueillants et ouverts !
http://www.zic-machine.com/"> http://www.zic-machine.com/IMG/jpg/pat-a-lamine.jpg" border="0"/> Mon guide de Douai, Pat dit Grib. Non! Non, il ne fait pas la tête, il a le soleil dans les yeux.
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