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L'Echo du Village - Accueil n°352 - Jeudi 11 mai 2006
Rubrique coup de gueule animée par aucun responsable. Postulez !


Du carnivorisme à l'anthropophagie du tiers monde par les riches

Trop de personnes ignorent encore, ou ne veulent pas savoir, que manger de la viande contribue à maintenir une situation alimentaire injuste au niveau mondial.

A l’heure actuelle, 800 millions de personnes à travers le monde (550 millions en Asie pour 170 millions en Afrique subsaharienne) souffrent de malnutrition, et 30 millions meurent de faim chaque année. D’après les chiffres publiés par l’Unicef, 7 millions d’enfants meurent chaque année des suites de la malnutrition, ce qui représente 55% des décès d’enfants de moins de 5 ans. Beaucoup d’autres enfants (on les estime aujourd’hui à ½ milliard) ne peuvent mener une vie normale en raison des graves handicaps physiques et mentaux qu’elle provoque. En dépit des actions menées pour remédier à cette situation, l’Unicef constate que le nombre d’enfants sous-nutrits est en croissance constante.

Les problèmes politiques sont souvent pointés du doigt par les Occidentaux, qui y voient la cause première de la pauvreté et de la malnutrition. Certes, les famines sont devenues aujourd’hui une arme de prédilection dans certains conflits, qu’il s’agisse de provoquer la compassion internationale pour ensuite détourner les aides alimentaires au profit des groupes armés (par exemple, en Angola, au Libéria ou en Sierra Leone), ou de faire lever un embargo (par exemple, en Irak avant la guerre). Mais cette « stratégie de la faim » ne peut être menée par les dirigeants que parce que la malnutrition endémique dans ces pays en fait un terrain favorable.

On entend souvent dire aussi que la densité de population génère la malnutrition. Mais en réalité, cela ne se vérifie pas, car les pays les plus peuplés, comme Java, ne sont pas ceux où l’on souffre le plus de la faim. En effet, ce qui importe n’est pas le nombre de personnes, mais la manière dont on gère le milieu dans lequel elles vivent.

Les denrées alimentaires produites actuellement ne manquent pas, elles n’ont jamais été aussi abondantes. La seule production céréalière pourrait nourrir chaque habitant de la planète en lui apportant 3000 calories par jour. Mais il ne suffit pas de produire des aliments, il faut que ceux-ci puissent être achetés et consommés par les groupes humains qui en ont besoin.

La situation de l’Inde est éloquente. Bien qu’autosuffisante sur le plan alimentaire au niveau national, l’Inde compte à elle seule 70 millions d’enfants malnutrits, soit 2,5 fois plus que toute l’Afrique subsaharienne.

Au Brésil, la production agricole serait à même de fournir 6000 calories à chacun de ses 125 millions d’habitants. Pourtant, de 1961 à 1984, le taux des Brésiliens sous-alimentés est passé de 38 à 65% de la population, le Brésil exportant la majeure partie de ses récoltes et n’en bénéficiant pas lui-même.

Actuellement, 90% de la production mondiale de soja, 49% de la production mondiale de plantes alimentaires, 38% de la production mondiale de céréales, sont destinées à servir d’aliment aux animaux élevés dans les pays riches pour produire de la viande. Or, cette transformation des végétaux en produits animaux entraîne un gaspillage économique très important.

En effet, pour produire 1kg de protéines animales, il faut fournir 21kg de protéines végétales à un veau, 15kg à un bœuf, 9 kg à un porc, 10 kg à un poulet, si bien que l’on ne récupère en moyenne qu’1/9ème de ce que l’on a investi. Cette disproportion entre ce que l’on investit et ce que l’on récupère s’explique par le fait que l’animal consacre une grande partie de la nourriture fournie au seul maintien de ses processus physiologiques ordinaires, et à la formation de parties (comme les os par exemple) que nous ne consommerons pas.

Le cheptel mondial, qui compte 1,4 milliard de bovins, 1,6 milliards d’ovins et de caprins, 800 millions de porcins et un nombre plus considérable encore de volailles, occupent 64% des terres cultivables du monde.

Pourtant, si l’on considère un même hectare de terre, plus de 500kg de protéines de soja peuvent être obtenues, pour seulement 26kg de protéines de bœuf. Un hectare planté d’avoine ou de brocolis fournit 7 fois plus de calories qu’un hectare consacré à la viande de porc, qui est pourtant la plus efficace des productions animales de ce point de vue-là. Le même hectare de brocolis fournira aussi 24 fois plus de fer qu’un hectare consacré à la production de viande de bœuf, et 5 fois plus de calcium que s’il était utilisé pour produire du lait.

Alors que des millions de personnes souffrent de malnutrition parce qu’ils n’obtiennent pas suffisamment de calories, nous donnons la préférence à une alimentation qui utilise 14,3 calories d’origine végétale, pour fournir seulement 1 calorie d’œuf ; ou 17 calories d’origine végétale, pour 1 calorie de bœuf ; ou 19 calories d’origine végétale, pour 1 calorie de poulet.

Chaque fois que nous produisons 1 calorie de bœuf, nous aurions pu obtenir 25 calories d’avoine !

Ces chiffres traduisent l’impact de nos habitudes alimentaires sur la gestion de la production mondiale de nourriture.

C’est un fait avéré que l’alimentation carnée ne contribue pas à résoudre les inégalités nord-sud, et qu’au contraire elle compte parmi les facteurs les plus importants de maldéveloppement.

En effet, les 2/5ème des denrées alimentaires du bétail de la CEE en 1980 provenaient du Tiers Monde. Chaque Thaïlandais a fourni 400 calories par jour (sous forme de farine de Manioc) et chaque Chilien 100g de protéines (sous forme de farine de poisson) pour le bétail des pays riches. Le Sahel, au plus fort de la sécheresse, exportait plus de protéines qu’il n’en recevait de l’aide alimentaire.

Trop de personnes ignorent encore, ou ne veulent pas savoir, que manger de la viande contribue à maintenir une situation alimentaire injuste au niveau mondial. Au-delà des approximations discutables, il est certain que l’adoption du végétarisme, au sein d’une véritable coopération économique des pays actuellement riches avec les pays actuellement pauvres, est un facteur décisif pour résoudre le problème de la malnutrition mondiale actuelle.

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8 commentaires :
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Le végétarisme, évidemment ! - Par Avea le 07 février à 15:48

Beaucoup ici, dans les réponses disent que l'alimentation, c'est une affaire personnelle !

Elle l'est, effectivement, ta,t qu'elle ne concerne que la personne qui formule le choix de tel ou tel aliment. MAIS, à partir du moment ou ce choix entraine des conséquences néfastes sur autrui, ce n'est plus une affaire personnelle. C'est comme pour la cigarette, le problème est identique. Fumer a des répercussions sur les non-fumeurs dès le moment où ces derniers sont contraint à vivrent en leur présence. Fumer tue.

De même, mangger de la viande, cela tue. Evidemment, cela tue des animaux, cela n'est pas acceptable. Pour cette seule raison, il faut amener le non-végétarien au végétarisme. Pour sauver la vie des animaux.

Mais ici, on voit également que adopter le végétarisme, c'est aussi sauver des humains. Là, c'est encore plus motivant (pour la majorité qui est trsè indifférente aux animaux).

Donc, la viande tue. Et le végétarisme sa [...] Lire la suite
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L'Etat Régulateur : seul grand Responsable. - Par AMAROUCHE Larbi dit : Ahmed Salah le 07 décembre à 06:05

Loin d'appeler au secours à un Etat-Providence ou Parent, mais il va falloir quand même faire la part des choses de façon textuelle, harmonieuse et agencée entre les discours et les réalités vécues.

L'Etat Régulateur de l'Economie reste une nécéssité de l'heure, et il assume pleinement ses résponsabilités en tant que garant de la justice sociale sur tous les plans. Il éduque ses citoyens, et eux, les citoyens doivent être à ses servives et non pas à ses sévices par cercles claniques interposés. Eduquer les éducateurs, encadrer psychologiquement les jeunes, les guider et apporter des soutiens aux parents comme acteurs socio-économiques contributifs de l'émancipation nationale. L'Etat a aussi ses intérêts dans les communications et la transparence, la vérification des sources.

Alditas
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Babel ou la confusion des genres - Par mbbw le 30 août à 23:09

Qu'est-ce que la cuisine végétalienne peut-elle disposer comme lien ou hyperlien avec le Tiers-Monde, la famine et l'analphabétisme de ses habitants,car savoir c'est pouvoir ? Rien. Et pourtant... Cessons de mélanger les torchons et les serviettes. Le goût est une affaire individuelle. C'est de la dictature d'imposer aux gens de bouffer des plantes parce que des gens meurent de faim juste à côté: il faut plutôt les aider à se prendre en charge, à s'éduquer et éduquer leurs chefs, leurs élus. Voilà le dvrai défi, pas la culpabilisation des mangeurs de viande ! Attention : çà vient de commencer avec les fumeurs. Les mageurs de viande risquent d'être identifiés comme des anthropophages.
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question de perspective - Par jaquesdaniel le 25 août à 11:19

Des millions de gens meurent de faim, de maladie ou survivent à peine. Il demeure cependant que lorsque l'on fait le décompte des naissances et des décès, il y a un excédent de naissance à raison de 83 millions par an. Le problème n'est plus tellement de se soucier de ceux qui meurent mais plutôt de ceux qui ne meurent plus. Les resources sont limitées et nous entrons de plus en plus en compétition pour les resources restantes (énergie, eau, nourriture, air pur, ...). Il s'agit d'un régulateur naturel : La compétition inhibitive des resources couplé à la sélection naturelle. C'est pas politiquement correct mais la nature ne l'est pas non plus. Steack ou salade, c'est une question de goût et de choix de société. La viande reste la source de protéine et de fer la plus riche qui soit.
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Grandes causes - Par Hio-Tin-Vho le 16 juin à 14:37

Avec l'eau et le pétrole, la nourriture risque de devenir l'un des grands problèmes du siècle qui est lancé. L'homme croyait lutter pour son esprit ou sa liberté en fait il devra sur la fin lutter pour sa survie.
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Re: - Par Mireille le 11 mai à 17:19

Je répondrai chaun ses goûts. Si nous avons besoin de légumes pour notre équilibre et notre squelette, nous avons besoin aussi de viande.

Autrement au début de l'article, j'avais cru comprendre qu'il fallait tendre vers la malnutrition pour équilibrer la planète. Puis le cas de l'Inde m'a rassuré. Et oui, beaucoup de ses pays pauvres, le sont parce que leur gouvernement le veulent bien!

Heureusement on commence à assister à une prise de conscience des habitants de ces pays, du moins en Afrique, que la pauvreté est davantage dûe aux politiciens qui les gouvernent qu'à cause des autres pays qui ont résolus ce problème en se prenant en charge eux-mêmes.

Certains pays sont en train de commencer à de venir adultes...
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  • 17 milliards - par Gerard Georges BRETON le 13 mai à 23:13