Medef et CPE
Nous sommes là dans la rue, chez nous, sur le web, à dire en majorité que le CPE, nous n’en voulons pas. Le premier ministre lui s’évertue à nous répéter qu’il est prêt au dialogue, mais oublie volontiers que son CPE, il l’a fait passer de force (art. 49-3) !Il oublie aussi que le CNE n'a pas généré des tonnes d'emplois. Pour les premiers ministres actuels qu’ils s’appellent Raffarin ou de Villepin, ce n’est pas la rue qui gouverne. Ont-ils oublié que entre les deux tours des élections en 2002, que c’est la rue qui s’est exprimée et que c’est sur cette expression qu’ils peuvent aujourd’hui mépriser cette même rue ? Et le Medef que donne t-il comme ordre à ce gouvernement qui nous méprise ?
Le mieux est d’aller aux sources
Le Medef comme tout le monde ou presque possède son site, pas la peine de vous donner le lien, google l’a placé en tête des recherches avec le mot « Medef ».
La présidente du mouvement des entreprises de France pense qu’il y a un lien entre le grand nombre de chômeur et la législation sociale. Super ! Merci ! Et tout cela veut dire quoi en termes carrés ?
Qui fabrique les chômeurs serions-nous tentés de lui demander à cette dame ?
Grâce à qui peut-elle, avec des membres de son mouvement, aller discuter avec le gouvernement actuel ?
C’est daté du 24 mars
« Nous considérons que le Premier ministre Dominique de Villepin a, depuis sa nomination à la tête du gouvernement, contribué à faire mieux comprendre aux Français le lien qui existe entre la législation sociale du travail et le taux de chômage élevé de notre pays et en particulier le taux de chômage des jeunes. »
Il a tellement bien su faire passer le message que plus 60% des français se sentent insultés. Et nous considérons que les retraités, prenant part aux manifestations du 28 mars, ne sont pas des jeunes au sens où l’entend le gouvernement.
Plus loin l’article du Medef nous explique que cet organisme est prêt à participer à des réflexions sur la flexibilité et la précarité. Ce qui nous gène je crois et là c’est de la communication à l’état pur, c’est le jumelage des mots flexibilité et précarité. Pour toutes personne ayant pratiqué la communication relationnelle, il est clair que mêler ces deux termes laisse entendre à n’importe quel individu moyen que « flexibilités= précarités ». Il est regrettable que cela ne saute pas aux yeux et à l’entendement des chefs d’entreprises.
Et de conclure : «Pour autant nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut le faire dans un esprit de dialogue et faire attention aussi à ce que l’effort de réforme soit également partagé par tous.»
Que lui répondre ?
Madame, les réformes que vous préconisez portent sur un fond commun de désapprobation national. Pour la majorité des français, le libéralisme économique et mondial est le chancre et la plaie de la situation actuelle. Hors votre mouvement, lui se bat pour que cette mondialisation de l’économie s’accélère, alors que les peuples eux vous disent qu’il faut freiner !
Quand vous serez à même, vous, vos membres et les politiciens qui vous suivent, de nous expliquer, quel bien être les classes sociales que vous prétendez régenter, peuvent tirer de cette explosion de libéralisme économique, vous pourrez prétendre au dialogue !
Oui, madame, de là où je suis et dans la position où je me trouve, je ne vois pas quel est mon intérêt dans cette financiarisation de la France ! D’un côté vous voudriez que nous acceptions la précarité liée au travail et de l’autre rien n’est fait pour que le quidam lambda travailleur potentiel puisse devenir un travailleur indépendant. Coopérez ou influez pour que soit facilité l’accession au statut indépendant de toute personne.
La flexibilité ne doit pas être à sens unique ! Apprenez aux entreprises à devenir flexibles, non pas en jouant aux dames avec les personnes travaillant pour eux (je te prends, te déplace au grès de mon carnet de commandes) mais en apprenant qu’un humain peut aussi avoir son mot à dire. L'autre jour j’écoutais « l’Info en continue » sur France-Info, et j’ai eu la surprise d’entendre une publicité émanant de Grande Bretagne (en français) « Vous voulez créer une entreprises sans contraintes, venez chez nous…. » C’était en substance le contenu du message.
Alors n’est-ce pas là que le bas blesse ? La création d’une entreprise est lourde, complexe et totalement inadaptée à vos enjeux mondiaux. Comment prétendre réformer les actifs français quand le paysage même de la création de micro entreprise n’est pas encore réformé.
Le travail c'est la santé, mais pas l'entreprise...
Faite faire des changements significatifs dans ce domaine, et vous verrez, il y aura moins de gens pour réclamer des CDI. L’entité « Entreprise » ne séduit plus, pire elle fatigue !
Vous voulez conserver vos acquis de « patrons » dans un monde où il est préférable d’être président de directoire que chef d’entreprise ! Hé bien, moi je dis NON ! Je veux être un élément indépendant, vendant mes services ponctuellement aux entreprises.
Alors, l’entreprise avec un grand "E" et ses objectifs je connais par cœur, et permettez moi de vous le dire, je suis une déçue ! Si en début de carrière j’ai cravaché à fond totalement séduite par le concept rentabilité, aujourd’hui je suis pour la rentabilité, mais celle de mon compte en banque personnel. Hé oui, la flexibilité c’est aussi cela ! L’entreprise dont vous êtes la cheffe du mouvement doit apprendre à être flexible et à composer avec les éléments dits «travailleurs ou salariés» et indépendants, c’est mieux que précarisés par un CNE ou un CPE…
Pourquoi le statut d’indépendants? d'abord pour vous ce sera encore plus simple au niveau administratif ! Et pour les travailleurs, la flexibilité sera choisie. A eux de choisir chez qui ils vont travailler cette semaine ou ce mois-ci et pourquoi ne pas travailler pour plusieurs entreprises?
Car souvent dans une entreprise les gens sont amenés à faire des travaux sans rapport avec le poste pour lequel ils ont été embauchés, tout cela parce qu’on leur a fait signer un contrat pour 8 heures de travail journalier.
C'est pénible de lire des annonces ou l’on demande une connaissance en « X » logiciel informatique, une disponibilité, un véhicule, savoir parler anglais, voir russe, etc.. Alors qu’au départ le niveau BAC+2 ou 3 est l’élément clé requis ! Si l’on m’embauche pour aider au recrutement, en quoi le fait de parler anglais serait une obligation et pourquoi la maîtrise d’un logiciel de graphisme serait plus que souhaitable, en quoi le fait d’être diplômé de tel ou tel école serait un gage !
Alors précarité et flexibilité partagées, Madame Parisot, oui mais, entre travailleurs et entreprises. La balle est dans votre camp…
http://spip.chacun-ses-gouts.levillage.org/
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