La grande forêt (Robert Penn WARREN : 1905-1989)
La littérature américaine : 37/39
Isaac ASIMOV, Edgar R. BURROUGHS, William S. BURROUGHS, James M. CAIN, Truman CAPOTE, CHANDLER, Philip K. DICK, DOS PASSOS, FANTE, FAULKNER, FITZGERALD, HAMMETT, HEMINGWAY, HIGGINGS CLARK, William HJORSTBERG, Henry JAMES, Jack KEROUAC, Stephen KING, Norman MAILER, MATHESON, Horace McCOY, Henry MILLER, Philip ROTH, Gertrude STEIN, STEINBECK, Tom WOLFE, Richard WRIGHT, etc. Ils sont tous les dignes successeurs d’Edgar POE et contribuent au rayonnement et à la diversité de la culture américaine
Robert Penn Warren gagnerait à être connu. Son roman, La grande forêt, est un chef d’œuvre comparable à « Tant qu’il y aura des hommes » de JONES.
Auteur du Sud, il est aussi dur que FAULKNER, AGEE ou CAPOTE. Il décrit l’homme tel qu’il est. Un être qui essaie de domestiquer son état sauvage.
Adam est le fils d’un juif allemand qui a renié son passé de révolutionnaire. Persuadé que la vie a besoin d’un idéal, il sera épris de justice et de liberté et ira jusqu’en Amérique pour lutter aux côtés de ceux qui luttent contre l’esclavage dans cette guerre civile américaine.
« La grande forêt », c’est aussi les désillusions d’un homme. Les noirs ne sont pas plus heureux dans le Nord que dans le Sud. Au Sud, ils subissent des humiliations physiques, au Nord elles sont psychiques…
Lorsque le recrutement devient obligatoire, les noirs deviennent les boucs émissaires. On tente de les exterminer ou de les noyer dans les caves. Et même lorsqu’ils deviennent compagnon d’armes, on essaie de les étouffer dans la farine.
Sur ce dernier point, il convient d’attirer l’attention du lecteur. WARREN n’aime pas les noirs parce qu’ils sont noirs, mais parce qu’ils sont hommes. Comme les blancs, ils sont avides, et s’ils plongent la tête dans un baril de farine, c’est pour tenter d’y récupérer un malheureux dollar qui sera le prix de leurs humiliations.
La rencontre entre un juif et un noir donnera une étrange amitié, mais celle-ci se ternira quand il apprendra que ce géant n’est qu’un homme ordinaire : un lâche…
Même le héros sombre dans l’ordinaire puisqu’il tue un homme dans le dernier chapitre. Evidemment, cet homme est un ennemi de la « Liberté », mais mort, il n’est plus rien. Une énorme question existentielle se pose alors à celui qui croyait combattre pour un idéal.
« La grande forêt » est donc un roman intense, psychique, et ô combien, conduit de main de maître.
A lire absolument.
René MORIN
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