Première jeunesse (Neal CASSADY)
La littérature américaine : 10/39
Isaac ASIMOV, Edgar R. BURROUGHS, William S. BURROUGHS, James M. CAIN, Truman CAPOTE, CHANDLER, Philip K. DICK, DOS PASSOS, FANTE, FAULKNER, FITZGERALD, HAMMETT, HEMINGWAY, HIGGINGS CLARK, William HJORSTBERG, Henry JAMES, Jack KEROUAC, Stephen KING, Norman MAILER, MATHESON, Horace McCOY, Henry MILLER, Philippe ROTH, Robert SILVERBERG, STEINBECK, Tom WOLFE, Richard WRIGHT, etc. Ils sont tous les dignes successeurs d’Edgar POE et contribuent au rayonnement et à la diversité de la culture américaine.
Avec GINSBERG, William BURROUGHS et KEROUAC, Neal CASSADY et son épouse incarnent un mouvement que l’on a baptisé : « la littérature beatnik ».
Neal CASSADY, ce sont des romans autobiographiques tendres et émouvants. Pour des raisons techniques, il ne nous a pas été possible de présenter deux textes, mais celui que nous avons choisi, est tout a fait représentatif de cet auteur.
« Première jeunesse » débute par un prologue qui nous explique l’engrenage dans lequel est tombé son père. La crise de 1930, le chômage, l’alcool…
Prendre la défense d’un alcoolique, n’est pas une chose évidente. Mais Neal CASSADY n’a qu’un père qu’il défendra envers et contre tous.
Malgré l’alcool, le lien paternel restera très fort. Evidemment, on pourra toujours reprocher le vice de l’adulte, mais comment se mettre à la place de ceux que la société rejette ? Comment savoir ce que nous ferions si nous étions « clochards ».
Le lecteur préfèrera sans doute l’expression « SDF », mais il semble que pour CASSADY, celle-ci soit trop snobe, et nous nous conformerons à ce que nous croyons être l’idée de l’auteur.
Comme on s’en doute, le fils rencontrera des personnages plus ou moins recommandables, parmi eux, un pédophile. Mais arrêtons-nous ici, car il nous faut faire un retour en arrière et nous demander si à l’époque de CASSADY, le mot avait un sens aussi horrible qu’aujourd’hui. Pourtant, c’est bien d’un pédophile qu’il s’agit, même si l’auteur en parle avec une légèreté déroutante.
Il ne s’attarde même pas dessus mais, rappelons-le, le milieu dans lequel il évolue est celui de la rue, celui du macadam, celui de l’alcoolisme et de la misère. Qu’est-ce qu’un pédophile au milieu de toutes ces rencontres ?
L’enfant deviendra adolescent. Il s’éveillera à la sexualité comme tous ceux de son âge et pour cette raison, l’histoire deviendra plus banale. CASSADY semble avoir été un adolescent sage. Il n’est pas question de mauvais coups et le jeune homme continuera à honorer son père, malgré ses défauts.
Malgré la longueur de certaines phrases, le style est fluide, l’écriture souple. Le ton du prologue est légèrement plus conventionnel. De loin, on peut reconnaître une page de ce prologue, car elle est plus aérée que le reste.
Les dialogues y également plus conventionnels. Le narrateur emploie le « il » qu’il remplacera ensuite par le « je ».
Certains auront l’impression que le tout n’est pas d’un seul tenant, mais cela ne gêne en rien un ensemble agréable à lire.
Un livre pour grand public et amateur de littérature.
René MORIN
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