Vague à l'Âme
3ème partie
D.D : pas de petite amie ?
Mc G : oh non ! Mais je crois le connaître suffisamment – je suis sa mère après tout (rire) – pour affirmer qu’il se complait dans ce célibat. Une petite amie serait trop envahissante, elle piétinerait ses plates-bandes. Non, il n’aimerait vraiment pas. Et puis il vient me voir tous les week-ends ; je lui fais ses petits plats préférés. Des fois il vient même en semaine. Je lui repasse ses chemises… Oui, il est bien dans son célibat. Et son sacerdoce est son métier.
D.D : il a pourtant démissionné de ses fonctions de commissaire pour partir à l’aventure.
Mc G : Ah là, j’avoue que je n’ai pas bien compris. Je pense bien le connaître, mais là… (Hésitations). Il était bien noté par ses supérieurs, apprécié de ses collègues, il adorait son travail, il y vouait sa vie, rien d’autre ne comptait… (Elle secoue la tête avec une moue d’incompréhension).
D.D : Un coup de tête, l’approche de la quarantaine ?
Mc G : Alors là, (elle écarte les bras en signe d’impuissance) je le connaît pourtant bien, mais je ne pourrais pas vous dire.
Extrait de l’interview du dimanche 7 mai.
Le soleil était déjà haut qu’il n’avait toujours pas répondu à la question qui l’avait bercé. Pourtant, il était nerveux ce matin. Il se demandait s’il avait beaucoup dérivait depuis hier soir. Il avait fait un brin de toilette, chose qui n’était plus arrivé depuis au moins une semaine ; il s’était rasé, peigné, et même aspergé de parfum. Oui, il était nerveux, pressé de reprendre les rames, mais il tournait en rond, incapable de se résigner à partir. Incapable de s’avouait qu’il espérait… Qu’il l’espérait. Cette nuit, il avait beaucoup rêvé. Rêvé de ce corps à demi nu. Rêvé de cette main tendue, qu’il effleurait, qu’il saisissait, qu’il attirait, qu’il serrait contre lui.
Il pesta après sa stupidité et d’un pas rageur alla s’installer entre les rames.
- Bonjour !
Il sursauta. La voix avait jaillit derrière lui. Il ne se retourna pas mais un léger sourire éclaira son visage. Il s’aperçut que son cœur cognait à tout rompre dans sa poitrine et cela n’était pas dû qu’à l’effet de surprise.
- Je vois que cela va mieux ce matin, je vous l’avais dit. Dites-moi, je peux sentir aussi que cela va mieux, ajouta-t-elle pour le taquiner en agitant la main devant ses narines. Il se tourna face à elle pour rire de concert mais le souffle lui manqua devant tant de grâce.
- Vous n’êtes pas mal non plus quand vous vous en donnez un peu la peine et que vous arrêter vos jérémiades, reprit-elle comme en réponse à son ravissement. Ne sachant et ne pouvant répondre, il s’inclina en une révérence ridicule qui la fit rire davantage.
Ce rire ! Si clair…
- je m’apprêtai à repartir, fit-il, se relevant et scrutant sa réaction malgré lui.
- Je vois ça. Et où allez-vous ?
- Je ne sais pas trop, je vais me fier au soleil, plus rien ne marche sur ce satané rafiot.
- J’ai cru apercevoir un hélicoptère un peu plus au sud, lui annonça-t-elle alors, d’une voix soudain tendue.
- Oui, je l’ai vu aussi depuis hier, mais il est trop loin et je n’ai rien pour me signaler. Elle entendit comme un regret dans sa voix, mais se trompa dans l’interprétation qu’elle en fit.
- Je peux probablement vous trouver ce qu’il faut ?
- Vous feriez ça pour moi ? Mais elle avez disparu et lui manquait déjà plus qu’il ne l’aurait souhaité.
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