Vague à l'Âme
2ème partie
Dépêche du Dimanche : Mme Mc Grégor, pourquoi pensez-vous que votre fils se soit lancé dans cette aventure ?
Mme Mc Grégor : Mon fils est plutôt un solitaire, il est donc dans son élément là-bas. Et puis il aime les défis, il a une stature d’athlète.
D .D : Vous dites qu’il est dans son élément ? La mer a toujours était une passion pour lui ?
Mc G : En fait non, c’est la première fois qu’il monte sur un bateau et à plus forte raison, qu’il navigue seul. Il ne s’était jamais intéressé à l’océan avant cela pour ce que j’en sais.
D.D : C’est assez surprenant. Pourriez-vous définir votre fils en quelques mots pour que nos lecteurs puissent apprécier un peu plus sa personnalité.
Mc G : Comme je vous l’ai déjà dit, mon fils est un solitaire, il aime la solitude et la paix. Il tient même à sa liberté plus que tout.
Extrait de l’interview du dimanche 7 mai.
Peut-être devrait-il disparaître sans se battre, fut sa première pensée consciente. Et il se refusa d’ouvrir les yeux. Il se refusa aussi à bouger lorsqu’il fut pris de frissons à la tombée de la nuit. Pas plus qu’il ne bougea quand il l’entendit.
- Vous n’allez pas vous laisser mourir tout de même, ou peut-être êtes-vous déjà mort, qui ne bougez depuis des heures.
A peine un frémissement.
- Je m’appelle Océalia et vous ?
- My name is Bond, James bond ! Il ne put contenir un petit sourire qui lui rappela douloureusement ses lèvres craquelées par le sel.
- Et comment êtes vous arrivée jusqu’ici ? si je peux me permettre cette curiosité ma placée ? ironisa-t-il.
- A la nage bien sûr.
Là, il réussit à réprimer son sourire et leva la tête en direction de la voix.
- An non ! J’y crois pas ! Voilà maintenant que je délire. Une sirène, ah ! ah ! ah ! N’importe quoi !
- Oui, une sirène et alors. Que vous attendiez-vous à voir ici, au milieu de nulle part ?
- Et bien oui, c’est vrai, que m’attendais-je à voir ici ? renvoya-t-il moqueur, parodiant la voix de la jeune fille. Je ne sais pas moi, un éléphant rose peut-être ? Une caravane de Touareg ? Nessy ? Ou tout simplement un hélicoptère de secours, acheva-t-il d’un ton rageur. Allez, ça suffit, qu’on en finisse, un raz de marée, même un petit, ch’suis pas difficile.
- Arrêtez vos lamentations, vous n’avez pas l’intention de mourir sinon pourquoi espérer un hélicoptère ? s’énerva-t-elle. Pour une fois, il ne sut que répondre.
- Pourquoi voudriez-vous mourir du reste ? Il garda un silence renfrogné.
- Allez-y, parlez-moi, je suis là pour vous aider.
- Ah oui, je vois, la thérapie par le rêve ; je ne me savais pas tant de ressources.
- Qui vous dit que je ne suis pas réelle ?
- Qui me dit que vous l’êtes ?
- Le faite que vous sachiez ce qu’est une sirène, répondit-elle du tac au tac. Que risquez-vous à me parler ?
- Bon, O.K ! Il prit une profonde inspiration. « Rien ne va si vous voulez le savoir. Rien ! » Elle ne répondit pas, préférant le laisser poursuivre, laisser monter les mots avec sa colère.
- Vous avez devant vous le plus grand imbécile que la terre aie jamais portée. J’ai quitté mon boulot, j’ai quitté ma maison, ma vie, pour fuir un vide grandissant, une solitude insupportable et pour quoi ? Pour me retrouver à nouveau seul, même plus qu’avant sur un bateau perdu au milieu de nulle part. Quelle réussite !
- Sans doute avez-vous senti que c’était une étape préalable avant le grand saut ; un passage obligé pour faire le point.
- Sans doute ? Sans doute… et bien moi je l’ai le doute. Si je reste ici pour l’éternité, elle aura tourné plutôt court votre petite mise au point, vous ne croyez pas.
- A vous de vous battre, lui lança-t-elle en forme de défi.
- Se battre, encore et toujours ! Mais j’en ai plus qu’assez de me battre. Vous ne pouvez vous imaginer tout ce que j’ai vu et subit de bassesses, d’horreurs, de dégradant au cours de ma carrière. Il vaut mieux pour vous que vous ne le puissiez pas d’ailleurs. C’est probablement mieux ainsi, que je reste là…
- Je vais vous laisser, coupa-t-elle soudain.
- Ah d’accord ! Vous en avez déjà assez de m…
- Arrêtez ça ! Je vous laisse car je me rends compte que la nuit n’est pas le meilleur moment pour une remise en cause. Trop de noirceur, trop déprimante. Je reviendrai vous voir demain matin, quand le soleil aura éclairci vos idées.
- C’est ça, bonne nuit et bonjour à Neptune.
Quelques secondes après son départ, il pouvait encore entendre son rire voler à fleur d’écumes. Un rire si frais, si pur… Il s’endormit peu de temps après, sans avoir pu décider s’il s’agissait d’un rêve ou s’il devait croire ses sens.
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