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Vide-grenier ! Ou travail au noir ?
Au Canada ils appellent ces manifestations des ventes de garages.
Depuis de nombreuses années fleurissent dans nos communes des manifestations destinées à vider soi-disant vos greniers et autres babioles entassées dans les tiroirs ou dans le sous-sol. Au Canada ils appellent ces manifestations des ventes de garages. Elles portent bien leur nom puisqu’elles ont lieu une fois par an dans la rue et que vous déballez tout devant votre porte.
En France, cela se passe différemment, comme d’habitude. On commence par organiser un vide-grenier, puis la commune d’à côté fait la même chose, puis la paroisse Saint Paul organise son vide-greniers après sa kermesse annuelle, sans oublier que dans la même commune, le comité des fêtes, la société de chasse, l’amicale des pompiers et l’association des joyeux chanteurs réunis, organisent eux-aussi leur sympathique vide-greniers.
Mais comment peut-on vider ainsi des maisons pendant 6 mois sur tout le territoire français ? Comment faire pour inciter tous les habitants d’un quartier à déballer leurs garages pour vendre les affaires qu’ils ne veulent plus, et comment faire venir un nombre suffisant de chalands pour recommencer l’année prochaine la même manifestation ? Tout simplement en acceptant de fermer les yeux sur les participants. Qu’ils soient professionnels, particuliers ou faux professionnels non déclarés, on ferme les yeux.
C’est ainsi que l’on retrouve ces faux commerçants dans les salles des ventes, achetant des pleins camions de marchandises pour la revendre ensuite dans un vide-greniers. Pire, certains n’hésitent pas à mettre des annonces dans la presse pour rechercher des objets ou meubles à acheter, proposant même de vider entièrement des maisons gratuitement, n’apportant pas, par leur manque de statuts officiels, les garanties nécessaires à ce genre de transactions. Ces magouilleurs n’ont pas pignon sur rue, ne paient pas de cotisations à la caisse maladie, ne cotisent pas à l’URSSAF, ne déclarent pas de revenus et ne tiennent pas de livre de police, pourtant obligatoire dans la profession de brocanteurs ou d’antiquaire.
Si dans toutes les professions nous retrouvions la même anarchie, je pense que l’Etat et le Trésor seraient lourdement pénalisés, et le peuple avec. Imaginons que sur 100 boulangers, seulement 50 cotisent régulièrement ! Quel manque à gagner pour les caisses maladies et retraites ! Imaginons que sur 100 bouchers, 50 ne soient pas déclarés, je n’ose penser au manque d’hygiène des dépôts et des stocks, échappant ainsi à tous contrôles sanitaires !
Pour les faux marchands non déclarés en vide-grenier, c’est exactement la même chose, des filières peuvent se mettre en place, les chambres consulaires perdent des inscriptions au registre des métiers, les caisses de retraites et de maladie et l’URSSAF perdent un substantiel pécule et surtout l’état ferme les yeux sur un travail au noir nuisant aux commerçants traditionnellement inscrits aux greffes et aux organismes sociaux.
Tout ceci se fait au nez et à la barbe des services de gendarmerie, qui de toutes façons contrôlent rarement ces manifestations, mais par contre effectuent des contrôles fréquents sur les salons et autres ventes de professionnels, ce qui est normal et nécessaire pour une bonne image de ce métier à risque.
Les commerçants qui ont pignon sur rue, eux, sont facilement trouvables, les autres il faut faire des enquêtes. Il va bien falloir pourtant légiférer un jour, sinon les professionnels vont finir par se demander pourquoi ils payent des charges sociales puisque les autres n’en payent pas ! Pourquoi ils tiennent un registre de police puisque certains y échappent, et pourquoi se casser la tête à être en règle, si les institutions de l’état ne sanctionnent pas les fraudeurs !
Cela fait longtemps que le ministère du commerce pensent à légiférer et à sanctionner ces abus intolérables, mais pour l’instant rien ne bouge…ou presque !
Les hommes font la guerre. Les femmes pleurent des larmes noirs, et les enfants n'ont pas tous le même sourire. GG.B.
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| L'auteur |
Gerard Georges BRETON
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