A l’heure où sonne la Liberté
Le Débarquement, 60 ans après
C’était il y a 60 ans. Plus de 156 000 hommes engagés dans le Débarquement de Normandie, par un
matin du 6 juin 1944. Un souvenir encore vivace pour toutes celles et ceux qui vécurent, combattants ou civils, ces heures synonymes d’enfer des combats puis de délivrance. Pour les jeunes générations, dont je suis, un devoir de mémoire vécu plus ou moins intensément, mais toujours avec respect pour ces hommes jetés, pour un jour et pour l’éternité, sur ces « plages de feu ».
Ce temps-là, cette guerre-là auront, l’espace de quelques semaines, supplanté notre actualité, finalement guère plus réjouissante que ces années 30 où l’on sentait la « veille Europe » lentement glisser vers son second conflit armé. 60 après, d’autres crises, d’autres conflits menacent. La Paix universelle n’est pas encore pour demain.
Emissions spéciales, publications, articles de presse : images, témoignages de survivants et lettres nous révèlent le Débarquement : horreur des combats (près de 12000 morts et blessés côté Alliés dès le premier jour), villes rasées sous les tapis de bombes, maquis, répressions féroces, Alliés accueillis en libérateurs… Syllabes d’un enchaînement d’événements qui devaient aboutir, avec les Russes à l’est, à la fin de la tyrannie par un 8 mai 1945.
Les images défilent, et l’on reste songeur devant ces photos et récits de recrues souvent jeunes fauchées au combat, et remis à l’honneur 60 ans après : sentiment qu’un hommage est rendu à ces milliers d’histoires particulières et de destins individuels mêlés, dans le dévouement le plus total, à l’action âpre et collective de cette page d’histoire. 60 ans après, on commence aussi à lire, étudier et faire parler ces « combattants de l’autre camp », recrues allemandes jetées elles aussi dans la fournaise de la guerre : envie de comprendre le conflit de façon plus globale, preuve aussi qu’une page de l’histoire européenne est tournée, que la réconciliation, dans la mémoire du passé, est enfin « de fait ». La présence du chancelier allemand Gerhard Schröder aux commémorations du Débarquement sera, à ce titre, l’acte et le symbole le plus fort de ces cérémonies.
Que reste-t-il du débarquement, 60 ans après ? Un sentiment profond du devoir de se montrer digne du sacrifice de ces milliers d’hommes et de ce qu’il nous a légué : la liberté et l’espoir. Partagés entre horreur pour ces combats intenses et admiration pour ce déploiement d’héroïsme individuel et collectif, nous voilà aussi mis au défi du monde que nous entendrons offrir à nos enfants. Les soldats du Débarquement ont gagné notre présent. Saurons-nous gagner le futur de notre descendance ?
Guillaume D.
Astrolabe2@planet-tonga.com
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