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C'est un coin de verdure...
L’herbe est fraîche sous ma nuque. Elle apaise mes pensées ; me calme ; me rassure.
L’herbe est fraîche sous ma nuque. Elle apaise mes pensées ; me calme ; me rassure. Les mauvais souvenirs s’évaporent, se mêlent aux nuages qui me survolent, leur infligeant des entrelacs torturés. Puis la métamorphose s’opère à l’inverse pour ne laisser qu’une ouate immaculée et douillette ; réconfortante. Ne me reste que des moments agréables pour m’envelopper ; sur lesquels flotter. Mon esprit part à vaux l’eau, bercé par le ruisseau qui mousse et fredonne non loin. Je veux profiter encore quelques instants de cette nature accueillante.
Le soleil brille ! N’était ce sifflement incessant que je perçois, le tableau serait parfait.
La paix ! Intérieure et extérieure ; la communion totale et profonde ; trop rare ! Un moment unique où l’on se sent fier de son passé et fort face à l’avenir.
Un passé qui aurait pu être bien plus court. Un avenir qui aurait du s’éteindre il y a deux ans déjà, après les six mois de vie que les médecins me prêtaient encore. Mais je n’avais pas voulu leur rendre ces six mois. Pas question !
Après mon infarctus et cette peur paralysante de la mort qui m’avait assaillit, ces six mois qu’ils me promettaient étaient plus qu’un prêt. C’était un don inestimable dont je contais bien jouir pleinement. Donné, c’est donné… alors non ! Pas question de les leur rendre ces six mois. Pas plus que les vingt-quatre qui suivirent. Ceux-là ils étaient bien à moi du reste. Gagnés tout seul, comme un grand, volés à la grande faucheuse.
Le soleil me semble plus brillant, plus proche aussi.
Que regretter de cette période ? Rien ! Absolument rien à jeter. Que du bonheur. Enfin, si peut-être, une chose : la trop courte durée de ma rémission.
Et puis ce sifflement…
Mais sinon… Ces instants passés à se réchauffer le cœur à des amitiés retrouvées. Ces actes manqués qui n’en sont plus. Au contraire, ces connaissances d’intérêt, toutes ces hypocrisies enfin disparues. Un retour à l’essentiel parce que lorsque le temps est compté, il n’y a plus que ça qui compte : l’essentiel.
Dieu que ces derniers mois ont été fatigants, mais Dieu qu’ils furent bons ! Et puis désormais, je vais avoir assez de temps pour me reposer. Je sens que mon délai expire, et moi aussi… juste le temps de goûter au bonheur de tes larmes chaudes qui glissent sur ma main que tu serres. J’aimerais te rassurer mais je n’en ai plus la force ; te dire que tout est parfait ainsi.
Bientôt le calme sera parfait lui aussi : mon sifflement s’éteint. Il est temps d’ailleurs car je pressens déjà l’agitation qui se prépare ; les sirè-nes au loin, les seringues…
Plus de ça. Rester dans la douceur. Près de toi, jusqu’au bout…
Serait-ce donc vrai finalement. Ce que je prenais pour le soleil a encore grandi. Mon repos ne sera peut-être pas éternel. Pourtant, la douceur qui émane de ces rayons me semble infini ; bien plus attirante que celle des gyrophares crépitants désormais trop proches. L’inconnu, d’habitude si effrayant, ne l’est plus ici. C’est même l’inverse que je pressens. Un nouveau défi, une nouvelle vie ? Une autre chance ? Alors en avant !
Serait-ce donc vrai…
emmanuel.grison@wanadoo.fr
http://aire-nouvelle.monsite.wanadoo.fr
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| L'auteur |
Conan-le-barbare
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