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L'Echo du Village - Accueil n°285 - Jeudi 4 mars 2004
Rubrique coup de gueule animée par aucun responsable. Postulez !


Fast food* Fardeau !
Le Fast food, l'école de la vie

Qui ne s'est jamais dit que pour arrondir ses fins de mois, le mieux, c'est sans doute de bosser au Fast food? Horaires flexibles, ambiance cool à l'américaine, le travail d'équipe, l'esprit jeune... I am loving it isn't it? Whooooho ! Arrêtez un peu de rêver et revenez sur terre. Fast food c'est pas une vie, Ronald ne deviendra jamais votre véritable ami. *Quand on dit Fast food, je pense qu’il est aisé de comprendre de quoi ou plutôt de qui on veut parler… pour vous mettre dans la confidence, c’est la plus grande enseigne internationale de sa catégorie.

Quand on est étudiant, on éprouve souvent le besoin d'un petit apport pécuniaire mensuel histoire de payer les quelques factures, le loyer et un ou deux CD... et puis on s'imagine qu'un job d'étudiant c'est pas évident à trouver étant donné la conjoncture actuelle. De ce fait, on se rabat très vite sur l'idée du Fast food, à cause de sa flexibilité à toute épreuve et des quelques avantages en nature que ça peut apporter.

C'est marrant de se rendre compte à quel point on est prêt à tout pour gagner quelques sous. Je suis moi même tombé dans le piège Fast food au mois de Septembre. Au début, tout se passe bien. Ils vous font tout de suite entendre qu'ils ont vu de nombreux candidats mais que vous êtes celui qu'ils ont finalement sélectionné et ce, malgré votre expérience inexistence dans le domaine de la restauration. Vous vous sentez de suite valorisé par la facilité avec laquelle la première étape a été franchie et déjà vous vous voyez gravir très vite les échelons qui vous mèneront tout droit au top de la famille Fast food!

Après avoir fait votre journée de formation sécurité hygiène, vous êtes fin prêt à affronter l'inaffrontable, mais ça vous ne le savez pas encore. Je ne sais pas s'il existe des facteurs prédéterminant l'amabilité générale d'une population. Si c'était le cas, je pense que je me serais renseigné avant de tenter une telle expérience avec le Fast food. Après tout, me direz-vous, le Fast food n'y peut rien. La discrimination ne doit pas exister, même envers les gens mal-aimables. Seulement le manque de respect général qui règne au niveau des caisses s'exprime essentiellement à cause du mauvais exemple donné par nos supérieurs, les managers. La guerre d'indépendance n'a pas encore eu lieu dans les cuisines du Fast food. Comment peut on espérer un minimum de respect de la part du client lorsque même nos supérieurs font preuve d'aussi peu d'humanité? La seule preuve qu'il me soit possible de vous donner est la suivante : un jour où malencontreusement vous vous retrouverez devant une caisse Fast food à commander un sandwich, tendez l'oreille et là vous aurez la possibilité de juger par vous même.

S'il est bien une chose que m'a permis d'apprendre le Fast food, c'est qu'on écoute et ne regarde jamais assez autour de nous. Et là, l'excuse du bruit de la friteuse qui couvre le brouhaha général... non, je suis désolé c'est une excuse inacceptable.
Juste entre parenthèses, j'en appelle à la population... si vous pouviez faire respecter les règles d'usages lorsque vous vous faites servir par des gens qui se sont métamorphosés pour la bonne cause (entendez avoir un salaire en fin de mois) en robot, ça permettrait sans doute à ces robots d'esquisser un sourire lorsqu'ils prennent votre commande. Le problème c'est que certains finissent par penser que tous ces robots vivent pour le Fast food et qu'ils ont un "box couchette" sous leur caisse, lorsqu'il leur reste par bonheur quatre ou cinq heures pour dormir.

Quand aux conditions de travail, elles sont tout simplement démentielles. Sincèrement, je n'en connais pas plus sur la loi que la moitié des étudiants qui ont un petit job à côté de leurs études. Mais pour autant, et même si c'est autorisé par la loi, il me semblerait fort judicieux de ne pas donner de pauses de deux heures entre 23h00 et 1h00 du matin à un équipier qui fait la close du magasin. Cela surtout lorsqu'il a déjà travaillé six heures. Je n'ai rien contre la loi, elle est ce qu'elle est et ne peut sans doute pas satisfaire tout le monde, mais que reste-t-il du peu d'humanité de la personne responsable des plannings?

Pour résumer, Fast food c'est un peu le reflet de l'American dream. Vous savez l'American dream, c'est cette chose qui marchait bien au tout début et qui est devenue complètement désuète, tombée dans la légende, juste parce que les gens l'espèrent toujours. Quand vous entrez au Fast food, on vous promet la lune. Vous vous dites peu importe les odeurs d'huile, peu importe de courir pendant six ou sept heures par jour, peu importe les réprimandes, les cris, je suis là pour gagner mon petit SMIC horaire. Et puis à la première paie, c'est la désillusion. En un mois, on a l'impression d'en avoir fait trois et on n’a même pas encaissé ce que l'on peut encaisser en une soirée de travail acharné, alors on abandonne.
Et comme diraient les anciens, c'est la vie, il faut en passer par là pour se forger le caractère. Alors, merci Fast food !

Antoine BOOTOINE
bootoine@aol.com


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L'auteur
Antoine BOOTOINE

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