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L'ESQUIVE
Un film de Abdellatif Kechiche
En français - 1h40
avec Osman Elkharraz
Sarah Forestier
Hajar Hamilili
Sabrina Ouazani
Quatre jeunes d'une cité ghetto de banlieue....
L'image plonge au coeur de leurs visages de gosses déjà projetés dans un monde où l'insulte et la méchanceté sont reines...
S'ensuit une série d'injures, surtout de celles où il est question de la mère, car s'il plaît à Dieu d'avoir créé la femme, il semble que certains, atteints d'arriérisme profond et irrécupérable, présentement, souhaitent gommer par des gestes, actes et insultes la deuxième et irremplaçable partie de l'humanité.
Le film n'est en quelque sorte que le révélateur de l'état d'esprit qui règne au sein d'une société enfermée, et qui ne permet pas à ses enfants, d'évoluer...Ce serait y perdre l'honneur.
Or l'honneur, Abdelkrim dit Krimo, quinze ans tout juste en a, son père est en prison, et il règne avec sa mère sur leur royaume, un trois pièces de banlieue. L'espoir est présent sous la forme du rêve...partir en voilier, loin, loin.
Abdelkrim, s'est pris d'amour pour une de ses copines d'enfance, française, blondinette aux yeux bleus qui parle avec le même accent que si elle était née à Alger. Une "roumia".
Le réalisateur montre ainsi qu'il ne suffit pas d'être beur pour avoir un certain comportement, mais tout simplement être né au mauvais endroit.
Au mauvais endroit pour s'en sortir...sauf quand une prof plus déterminée que d'autres fait jouer la pièce de Marivaux " le jeu de l'amour et du hasard " à ses élèves.
C'est Lydia la blondinette pleine de charme malgré "sa poitrine plate et son manque de fesses" comme dira Fati, le meilleur ami de Krimo , qui joue le rôle principal avec beaucoup de talent.
Krimo voulant le rôle du séducteur pour avouer sa flamme sans perdre la face, soudoie Rachid, qui lui cède la place pour jouer avec Lydia.
Du talent Abdelkrim n'en a guère, et il doit se donner du mal pour être à la hauteur et jouer son rôle de séducteur libertin dans la pièce.
Timide et gauche, il préfère se jeter sur son amie, lui voler un baiser, et enfin oser lui demander " de sortir avec lui ".
Mais elle lui répond qu'elle doit réflèchir " dans sa tête "
Les jours passent, et le jeune homme perd patience et tout goût pour quoi que ce soit, et ce sera l'intervention de Fati, qui tranchera, avec policiers à la clef, cette situation, oserais je dire " Gordienne "?
La scène où les policiers arrêtent toute la petite bande, qui tentait d'arranger les affaires d'amour de Krimo est pitoyable...Elle fait mal à mon coeur de mère.
Et si le langage "fleuri" peut faire oublier la misère...rien ne peut remplacer l'éducation pour ces jeunes délaissés.
Bref, si vous avez envie de mieux connaître les ados des cités, quelquefois avec une pointe d'amertume devant tant de jeunesse perdue... et aussi si vous n'avez jamais été dans certaines endroits où règne le désordre et le langage ordurier, je vous conseille ce film, qui me laissera le souvenir, de voir la jeunesse se détruire, et les adultes se croiser les bras en attendant que ça passe.
Malgré tout celà, il se dégage de ce film une envie de parler d'amour grâce au théâtre, même si la banalité de la vie de ces personnages dépeints comme n'importe quels autres adolescents, même si les clichés insultants de la victime et du délinquant font mal.
L'esquive se pose comme un plaidoyer, d'un droit peu connu...celui de la juste représentation.
Pour me contacter:
andreapastorinigo@caramail.com
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| L'auteur |
Andréa Pastor Iñigo
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