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Ne m’appelez plus jamais France..
« On » nous appelle : La vieille France.
« On » dit aussi que nous avons un passé glorieux et un patrimoine culturel et artistique merveilleux!
Mais « On » exporte nos richesses artistiques dans la plus grande légalité, et dans l’insouciance générale. A qui sont revendues les commodes en merisier ou en chêne de nos grands-mères ! Les pendules en régule ou en bronze ! Les faïences de Gien, de Rouen ou de Quimper! Les porcelaines de Paris, de Limoges ou de Sèvres ?
Alors que nos ministres légifèrent à tour de bras sur des sujets sensibles, tout le monde semble se moquer éperdument de notre patrimoine palpable.
Mais, où vont depuis quelques années bon nombre de nos richesses artisanales et industrielles ?
A l’export ! Combien de fois n’ai-je pas entendu dans les couloirs des salles de ventes des petites phrases du style, monsieur X est là, il va tout acheter car le prix il s’en moque, il achète pour l’export !
Depuis de trop nombreuses années beaucoup de transactions effectuées sur le sol français sont destinées à garnir des pleins containers de marchandises chinées sur les vide-grenier, dans les dépôt-vente, ou lors de ventes aux enchères et même bien entendu chez les brocanteurs, trop contents de faire rentrer un peu de monnaie par ces temps difficiles.
Nous avons en France un patrimoine mobilier extraordinaire de meubles Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Empire, Louis Philippe, Napoléon III, et plus près de nous, des meubles soi-disant communs et campagnards comme les commodes, les maies, les vaisseliers, les buffets 2 portes, les cantous, les bonnetières, les confituriers, les tables de ferme, les comtoises. Pour les objets, de merveilleuses porcelaines de Sèvres, de Limoges avec des Pouyat ou autres Tharaud, des Faïences de Gien, de Rouen, Moustier, Lunéville, Saint Clément, Quimper. Des bronzes, des régules, des pendules Louis XV en bronze, de l’horlogerie prestigieuse, des verreries comme Daum ou Gallé, des tableaux peints à l’huile sur bois ou sur toile, des poupées en porcelaine ou en composite etc. La liste de notre patrimoine est trop longue à dresser.
La liste des articles détournés de nos étagères et exportés vers l’étranger est beaucoup plus longue que ça ! Sans aucune loi de protection pour ces merveilleux témoignages de nos valeurs artistiques et industrielles, dans 10 ans peut-être moins, la France sera définitivement vidée de son passé. Beaucoup parlent du scandaleux pillage qu’a connu l’Egypte, laissant au gré des bateaux et des caravanes s’écouler les plus beaux trésors des dynasties pharaoniques. Notre pays subit un assaut semblable. Aujourd’hui, notre patrimoine fout le camp, et nos dirigeants, qu’ils soient de droite comme de gauche, semblent peu soucieux de protéger nos richesses.
« On » va bien entendu rétorquer que les marchandises tournent et que ce qui est exporté aujourd’hui vers l’Allemagne ou l’Angleterre reviendra peut-être un jour. « On » argumentera aussi de la présence sur notre sol des porcelaines anglaises, des faïences italiennes ou des jouets allemands. Et on aura raison, car nous aussi, importons certaines richesses des pays étrangers. Mais si l’on peut comprendre et concevoir que les petits objets trouveront facilement le chemin du retour, « On » ne peut pas nier le fait qu'une fois hors d’Europe, avec l’inflation que connaîtra l’objet, ajouté au coût du transport, ce patrimoine national ne reviendra jamais en France.
Beaucoup de pays comme les Etats-Unis et le Japon, profitent de ce vide juridique. Quand la France ne sera plus qu’un arbre sec, il sera trop tard pour protéger ses racines, et nous ne verrons plus dans les quelques brocantes qui auront survécues, que des meubles en sapin et en contre-plaqué, ou des objets Made in Mondialisation, sans âme, sans passé, et avec un avenir éphémère de produits mal copiés.
Exemple : un buffet merisier classique 2 portes 2 tiroirs datant des années 1920/30 vendu en France 350 Euros, est négocié aux Etats-Unis environ 1000 a 1500 $ (+-). Comment voulez-vous qu’il revienne en France ?
Actuellement la politique commerciale pratiquée dans cette activité est une politique de « courte-vue » car pour réaliser du chiffre d’affaire on vend, sans trop réfléchir à l’avenir. Si rien n’est fait pour freiner cette fuite en avant, nos enfants et petits enfants pourront toujours pour occuper leurs dimanches après-midi, chiner les abats-jour en plastique des années 70 et autres bureau en aggloméré, c’est peut-être tout ce qu’il restera.
Si j’avais une opinion à émettre je dirais : Légiférez, Messieurs, notre passé vaut autant que notre avenir ! Mais le temps presse car l’exportation va plus vite que la promulgation d’une loi, et très bientôt il sera trop tard, beaucoup trop tard. Tout ce qui aura franchi nos frontières ne reviendra plus ! Aujourd’hui, même les marchands pleurent de ne plus trouver de belles marchandises. Gageons que dans quelques années ils ne se lancent dans…l’import ! Nous verrons ainsi peut-être arriver des commodes du Far-West ou des bijoux Apaches, mais y aura t-il une autorisation d’exportation vers la France…! Ca, c’est moins sûr !
GG Breton
Les hommes font la guerre. Les femmes pleurent des larmes noirs, et les enfants n'ont pas tous le même sourire. GG.B.
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| L'auteur |
Gerard Georges BRETON
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