Les buralistes en colère font un tabac !
La profession mise en danger par le gouvernement descend dans la rue
20 000 buralistes en colère ont battu le pavé parisien à l’occasion du plus grand rassemblement de protestation de la confédération des débitants de tabac le 24 novembre dernier. Les manifestants entendaient protester contre la politique de la majorité et du gouvernement relativement à la prochaine hausse du tabac prévue au début de l’année prochaine.
Selon René Le Pape, président de la confédération des débitants de tabac, "jamais dans le passé un tel cortège n'a rassemblé autant de buralistes au cœur de Paris". Selon la police, ils étaient plus de 15 000 manifestants à partir de la place Denfer-Rochereau jusqu’au Champ de Mars. Mais les organisateurs revendiquent le nombre de 20 000 buralistes présents à la manifestation. Dans une atmosphère bon enfant et dans le calme, les petits patrons de débit de tabac ont exprimé leur colère face à un gouvernement intransigeant sur la crise des buralistes et la prochaine hausse du tabac en janvier 2004 de 10%.
Quelques hommes politiques, tels André Santini, ont fait une timide apparition sous l’étiquette d’élu local pour soutenir les revendications des buralistes. Entres pétarades et hurlements de sirènes, les panneaux aux multiples slogans percutants et piquants contre le gouvernement et la majorité fleurissaient le long du cortège. On pouvait lire les attaques personnelles contre certains ministres "MATTEÏ, fume, c’est du belge", "Si fumer tue, RAFFARIN assassine !" ou encore "la surdité ça se soigne ! Chirac écoute-nous !". Des avertissements électoraux envers l’UMP, "tous aux urnes contre l’UPM", "les électeurs s’en souviendront…" ou plus généralement "UMP c’est l’Ultra Méga Prélèvement", "l’UMP, Union pour le Massacre des commerçants de Proximité". Le drame de la profession se devinait sur les banderoles "Buraliste aujourd’hui, chômeur demain !" ou "je suis une buraliste condamnée à mort ! Je demande la grâce présidentielle !".
Les buralistes en détresse se sentent trahis par le gouvernement. Désabusés et écœurés par les initiatives du premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin, les débitants de tabac subissent les directives de l’Etat. Les mesures d’aides présentées par Renaud Dutreil, secrétaire d’Etat au commerce, vont "dans le bon sens" mais "non à la hausse des prix scélérate de janvier" fustige René Le Pape dans son discours de clôture de la manifestation. "La clameur de notre colère a porté jusqu’à Matignon, et a troublé l’ambiance feutrée des salons ministériels" précise-t-il. Entre le moratoire fiscal de quatre ans, de nouvelles activités supplémentaires apparentées au service public et des répartitions non plafonnées, les compensations financières n’apportent pas de solution de sauvetage de la profession. Pour René Le Pape, le discours est clair : "On ne pourra pas supporter un deuxième choc, moins de trois mois après la forte hausse que nous venons de connaître !". Plus de 4000 buralistes seraient au bord du dépôt de bilan. "Officialiser une nouvelle hausse, c’est-à-dire leur imposer 50% d’augmentation en un an, c’est signer leur arrêt de mort !" lance-t-il à la foule surchauffée par les propos de leur président. Mais Renaud Dutreil affirmait plus tard dans les médias que "la loi ne se fait pas dans la rue !". Pourtant, le gouvernement est prévenu, le mouvement des buraliste ne s’arrêtera pas là !
Jean-Michel LEGLISE
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Président et Directeur de la publication l'Union Nationale
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