Citoyens relais : les délateurs de la Police nationale ?
Surveiller son voisin... comme au bon vieux temps !
La création d’un réseau de "citoyens relais" par le Commissaire divisionnaire de Douai se concrétise mais déclenche une vive polémique chez les habitants. Le projet consiste à habiliter des citoyens sélectionnés pour "renseigner" la Police nationale sur les infractions ou incivilités constatées dans leur secteur. Officialise-t-on ainsi une nouvelle forme de délation en France ?
Le projet de Jack Maréchal, Commissaire divisionnaire de Douai (Nord) est ambitieux et unique en son genre dans l’hexagone. L’idée consiste à créer un réseau au niveau local où les habitants pourront participer bénévolement au bien-être de leur quartier en avertissant les services de police des activités illicites ou des incivilités remarquées à côté de chez eux. Les citoyens des trois circonscriptions de Douai (Douai, Aniche et Somain) qui désirent participer à cette action "citoyenne", ont la possibilité de s’inscrire depuis le 6 novembre auprès du commissariat de la ville de Douai à l’aide d’un service de renseignements téléphonique. Un recrutement aura lieu sur la base de la liste des inscrits pour choisir les élites qui observeront officiellement les faits et gestes suspects de leurs voisins.
Pour le Commissaire divisionnaire, la participation de citoyens pour aider les services de police n’a rien de choquant. C’est un acte de civisme vis-à-vis de la population. Une participation concrète des habitants qui forment tous un ensemble appelé la société. Si la mairie ne voit aucune objection dans le projet, quelques membres de l’opposition du conseil municipal s’insurgent sur le principe du travail des "citoyen relais". D’autant plus que certains habitants n’apprécient pas vraiment l’espionnage entres voisins...
Où situons-nous la limite à ne pas franchir entre renseignement, délation et dénonciation ? Nous pouvons interpréter les mots à notre guise et les utiliser différemment, mais ils aboutissent au même résultat. Ces volontaires scruteront nos quartiers pour aider les services du ministère de l’Intérieur, et l’implication des "citoyens relais" dans cette fonction entre la population et la Police nationale comme tampon pourrait s’avérer dangereux. Où commencent et s’arrêtent les règles de la dénonciation ? La population ne doit pas se substituer au rôle des services de police dans les quartiers, même si au Canada et en Grande-Bretagne, cela devient à la mode. A quand des milices dans nos villes ?
Jean-Michel LEGLISE
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Président et Directeur de la publication l'Union Nationale
Site : http://www.union-nationale.com
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