Les retrouvailles de Bush et de Chirac au G8
Une mise en scène bien orchestrée
De larges sourires, une poignée de main fraternelle, des chuchotements discrets et une atmosphère détendue, ainsi la rencontre des deux chefs d'Etats, américain et français, durant le sommet du G8 a eu lieu après la fâcheuse mésentente sur le dossier irakien. Les médias et la communauté internationale ont savouré la qualité de la mise en scène des deux parties pour donner une stature solennelle à l'entretien.
Les sujets sur l’économie et le commerce ont été, durant quelques heures, relégués au second plan lors du dernier sommet du G8 (les sept pays les plus industrialisés et la Russie) à Evian. L'événement phare de la grand-messe des dirigeants de ce monde devait être l'entretien tant attendu du Président George W. Bush avec son homologue Jacques Chirac. Décontractés en lançant quelques plaisanteries, Jacques Chirac et Georges W. Bush ont répondu, sur la terrasse de l'Hôtel Royal, à quelques journalistes triés sur le volet. Ensuite la conversation entre les deux hommes a continué une quarantaine de minutes en privé.
La veille, lors de l'accueil du Président américain par Jacques Chirac, la poignée de main semblait crispée et les regards froids mais relativement courtois devant le parterre des médias présents. La mise en scène des grandes retrouvailles devait concrètement débuter le lendemain dans la matinée. Entrevue chaleureuse où les bonnes manières sont de rigueur et l'amabilité de mise, les deux amis se réconcilient après avoir été séparés durant deux mois. Officiellement, on passe l'éponge, on tire un trait sur le passé et seul l'avenir importe. Evidemment, lors de la conversation entre présidents, on ne parle pas de sujets qui fâchent… l'Irak par exemple. On préfère dialoguer sur les initiatives américaines en ce qui concerne les pourparlers de paix au Proche-Orient, ou la lutte contre le terrorisme international.
L'entente entre les deux hommes est si amicale que le Président Chirac a proposé la coopération des Forces Spéciales françaises avec l'armée américaine sur le terrain de l'Afghanistan contre le réseau Al-quaida. Mieux, à l'automne prochain, il se pourrait que George W. Bush reçoive le Président français à Washington. Il n'empêche : ce n'est pas une invitation officielle. Un vrai roman à l'eau de rose comme on les aime. Pourtant quelques nuages sombres cachent le soleil radieux dans le ciel de la diplomatie et de l'hypocrisie politicienne. Le Président des Etats-Unis a passé moins de 24 heures sur le territoire français et n'a pas pu participer au dîner de clôture du sommet. Motif : il doit participer à des entretiens au Proche-Orient. Le prétendu rendez-vous à la Maison Blanche pour l'automne prochain coïncide parfaitement avec l'Assemblée Générale annuelle des Nations-Unis. Au mieux, le Président Chirac pourra faire un petit détour par Washington, au pire si George Bush n'a pas le temps, rentrer directement à Paris.
Chacun reste sur ses positions et des divergences sont encore perceptibles. Tous les deux ont l'ambition "sincère" de collaborer mais les relations ne semblent pas naturellement cordiales et honnêtes. Le cinéma de cette honteuse mise en scène démontre une fois encore l'hypocrisie de la diplomatie : la France face à la surpuissante nation américaine. Pourquoi fléchir sur nos positions concernant l'Irak ou la mise à l'écart de sujets qui irritent l'administration Bush ? De peur de froisser son "ami" ou de subir des représailles financières, économiques ou diplomatiques ? Aujourd'hui la question est sans réponse...
Jean-Michel LEGLISE
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Président et Directeur de la publication l'Union Nationale
Site : http://www.union-nationale.com
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