Cannabis
Pétard ou bombe à retardement..?
A l'heure de l'Europe se pose la question de l'uniformisation des lois des pays qui la compose. L'idée d'une dépénalisation de l’usage de certaines drogues dites douces, prônée par certains et bannie par d'autres, amène une réflexion. De tous temps des produits psychotropes ont été consommés. De la "tête de laitue montée" de nos ancêtres gaulois jusqu'au dérivés chimiques extrêmement dangereux du crack et/ou d’autres drogues dans certains ghettos, squats, banlieues de grandes villes, ou milieux huppés, indifféremment. Nul, à part quelques utilisateurs ne conteste la dangerosité des dérivés de l’opium, de la coca ou certains médicaments détournés de leur usage premier. La liste des drogues et la diversité de leurs effets est très longue. L'usage qui en est fait, de ludique et ponctuel jusqu'à pathogène et systématique fait parfois couler de l’encre, et du sang aussi. Les chiffres annoncés par les instances concernées parlent d’eux-mêmes. Mais ces chiffres restent en constante augmentation, au fil des années.
Il en est tout autre pour le Cannabis. Cette drogue, fait l’objet de débats parfois passionnés quant à une éventuelle dépénalisation de son usage, et même une libéralisation dont la distribution serait contrôlée par les organismes d’état. La dépénalisation, que l’on soit pour ou contre est cause de pétitions, de prises de positions diverses la propulsant momentanément sur le devant de la scène publique. Selon les pays, l’usage en est toléré, ou même permis, ou fait l’objet de poursuites, plus ou moins graves selon les lois en vigueur, mais difficilement applicables, du fait du pourcentage relativement important de jeunes l’utilisant ou l’ayant utilisé.
Le cannabis serait moins dangereux que l’alcool, au demeurant légal et n’en tuant pas moins d’un demi million de personnes chaque année. Il serait également, a contrario, la porte ouverte vers d’autres produits, plus nocifs.
Les partisans de la dépénalisation y voient une manière de supprimer les sources de bénéfices faramineux engendrés par le trafic, empêchant par là même les trafiquants de réinvestir ces sommes colossales dans d’autres actions criminelles (terrorisme, ventes d’armes, prostitution, trafics divers).
Drogue et armes sont cependant les plus grosses sources de revenus mondiaux. Considérant l’hémisphère Nord de notre planète, producteur d’armes et consommateur de drogues, et l’hémisphère Sud producteur de drogues et « consommateur d’armes », l’interaction existant entre les deux, il semble utopique de lutter à ce niveau. Dans l’absolu, pour éliminer « l’argent de la drogue », on devrait tout dépénaliser et pour tout le monde, faute de quoi il restera toujours une frange de population / produits avec lesquels un marché noir existera. Prendra-t-on le risque de laisser tout le monde pouvoir en toute légalité se procurer et utiliser n’importe quoi?
Une différence notable existe entre un adulte responsable, socialement inséré, utilisant du cannabis (ou d’autres drogues) de manière ludique et ponctuelle et un adolescent, affirmant son nouveau statut de jeune adulte, curieux, téméraire, et pourtant encore si fragile, sortant à peine de l’enfance, en plein «conflit de génération ». Situation propice à « dérapages », s’il en est.
Les partisans de la dépénalisation voient enfin la possibilité en canalisant l’importation du cannabis, d’en contrôler l’origine et d’offrir à l’utilisateur un produit plus « propre », avec moins de risques d’affections intercurrentes, champignons, mycoses, affections respiratoires diverses etc...Les dommages engendrés par l’utilisation régulière de cette drogue seront-ils couverts financièrement par les bénéfices de la vente du produit ?
La prohibition serait obsolète et portant atteinte au libre arbitre. Elle ne peut être la solution non plus. Agir concrètement en mettant en place en amont des solutions diverses adaptées aux problématiques corollaires à la consommation régulière de ces produits serait plus adéquat. Assortir par exemple à des mesures légales simplifiées mais cependant précises un courant d’information univoque et accessible à tous afin, en toute objectivité et ce sur un moyen terme, de renseigner exactement les populations sur les risques que peuvent entraîner l’usage régulier de ces substances, mais en laissant la liberté du choix de chacun.
Christian Marini
demonties@wnadoo.fr
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