Défense de la langue française
L'invasion de l'anglais
Nous discutions dernièrement, avec l'une de mes amies francophones de l'origine de cette impression qu'elle attribuait au lendemain de la dernière guerre...
Je pense que cette situation vient de beaucoup plus loin.....
Il faut avouer que, mis à part le latin et le grec qui sont les principales racines de notre langue, nous avons au cours des siècles accueilli beaucoup de mots venant des anglo-saxons, de l’arabe, du persan ..
L’ANGLAIS, ce n’était pas encore une “ invasion “ comme on dit maintenant, mais tout simplement une mode déjà après la Grande Guerre 1914/18.
N’oublions pas que nos amis américains sont venus en 1917 à notre secours et c’est peut-être une réaction de l’époque, un clin d’oeil ou un hommage reconnaissant, auxquels est venu s’ajouter un peu de snobisme !!
Petit enfant, à cinq ans j’étais fasciné par un véhicule électrique qui circulait dans les rues de ma ville natale - BORDEAUX - et dont une ligne passait devant la maison de
mes parents...On nommait cet objet d’un nom anglais (déja) le “tramway” prenait son alimentation électrique sur une ligne aérienne à l’aide, non pas d’une perche, mais
d’un “trolley” et pour finir était conduit par un “Wattman”
C’était le plus moderne et le plus perfectionné parmi les villes françaises qui en éraient pourvues à l’époque. Il atteignait la vitesse de 60 kilomètres à l’heure, avait des portes et des marchepieds qui se fermaient automatiquement et possédait un freinage puissant obtenu par inversion du courant dans les moteurs !!
Il y en avait 25 lignes qui sillonnaient notre ville, portant chacune leur numéro sur les voitures et je finis rapidement par les connaître toutes par coeur, avec leurs itinéraires.
J’étais tellement admiratif que je disais à mes parents: “Quand je serai grand, je veux être wattman !!.
Quelques années plus tard, en 1925, ça a continué avec la danse “le charleston“, on n'allait plus au bal mais au “dancing”, on ne mettait plus son costume de soirée, mais son “smoking” (soit -littéralement- en fumant !), on mettait sa voiture au “parking” et pour terminer la soirée on allait boire un “drink” et manger un “hot-dog” ( lit.chien chaud ) dans un “snack”. Et j’en passe, avec le “slow”, le “blues”, le “fox-trot” et les “cocktails” !!
Certes, il y avait de ces mots qui n’étaient pas traduisibles, quoique...quoique ..comme dit notre amoureux des mots Raymond DEVOS...
Mais ce n’était encore qu’une mode. Et puis, à cette époque où nous ne parlions pas beaucoup les langues étrangères, cela faisait bien auprès des amis d’employer ces termes, on avait l’air supérieur !
Ce n’est que beaucoup plus tard, en 1928 que j’ai commencé à apprendre l’anglais au Lycée. La première année j’ai eu un très bon professeur qui nous a enseigné les premières notions de grammaire mais par la suite, j’en ai eu un autre qui,pendant deux ans,n’a fait rien d’autre qu’essayer de nous faire traduire Macbeth de Shakespeare.
Rien à faire, avec ce vocabulaire, pour demander son chemin en atterrissant à l’aéroport de LONDRES, comme cela m’est arrivé quelques années plus tard...
Bon. Ceci dit ce n’est pas une guerre et nous ne sommes plus
des ennemis - loin de la Guerre de Cent Ans- et depuis l’ En tente Cordiale...
Alors, j’oublierai le mot défense et je parlerai plus tôt de REHABILITAION.
Car après tout c’est bien de notre faute si nous en sommes arrivés là. Pendant toutes ces années pendant lesquelles nous avons supporté ce langage, c’est devenu une habitude, un usage, d’aucuns nous diront, comme dans le droit, que c’est trop tard,qu’il y a prescription ! Que l’on ne revient pas ssur la chose jugée ! Mais jugée par qui?, nos Académiciens peut-être ?
Au fait, qu’en pensent-ils eux ? Quelqu’un a-t-il songé à les interroger ? Je sais bien que -lentement- et après bien des observations, ils rajoutent chaque année quelques mots nouveaux à notre dictionnaire...
Notez que je ne suis pas contre l’anglais, ni les autres langues étrangères, d’ailleurs...
Il faut avouer que, mis à part le latin et le grec qui sont les principales racines de notre langue, nous avons au cours des siècles accueilli beaucoup de mots venant des anglo-saxons, de l’arabe, du persan etc...je ne les ai pas tous dénombrés, c’est ce qui fait une partie de sa richesse, l’autre partie étant représentée par les nombreux synonymes dûs aux trois provenances : populaire, littéraire ou scientifique.
Je trouve intéressant et passionnant à la fois d’étudier l’éthymologie des mots er leur origine, ce qui m’a valu, pendant mes études et par la suite, d’avoir un parfait orthographe. Alors je suis farouchement opposé à ceux qui voudraient pratiquer l’écriture fonétique,- pardon phonétique -!!
Un grand MERCI au passage à Bernard PIVOT et à ses concours de dictées.
Je souhaiterais que l’on reprenne les anciennes règles qui avaient cours dans les siècles précédents, chaque chose à sa place: Soit le Français comme langue diplomatique et l’Anglais comme langue commerciale ou technique.
Pourquoi ? Parce que le Français est une langue particulièrement riche et toute en nuances, lesquelles aboutissent, dans les accords internationaux, à des résultats dus à des concessions et des compromis.
Dans les rapports commerciaux, l’anglais est beaucoup plus direct et il est utilisé dans le monde entier grâce à l’importance des anciennes colonies britanniques.
A une question, l’anglais n’a que deux réponses YES or NO...
Le français en a trois OUI, OUI MAIS et NON, c’est toute la différence...
Et au siècle de la vitesse, pendant que nous perdons notre temps en écrivant des formules de politesse du genre “ Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments respectueux et distingués “...l’anglais répond “ Sincerly yours “ ou “Best Regards” quand ce n’est pas simplement OK !!..
Alors que faire - non pour la défense - mais la bonne conservation de notre langue française ? Nous, les francophones, nous sommes convaincus de cette nécessité, mais comment convaincre nos compatriotes ?
Car c’est d’eux finalement qu’il s’agit !
J’ai des correspondants par Internet dans les quatre coins du monde, en Indonésie,aux USA qui prennent des leçons à l’Alliance Française...
Pendant ce temps-là j’apprends que nous avons en France plusieurs millions d’illettrés
Je n’en crois pas mes oreilles!! En 1936, mon père , qui était instituteur, avait été désigné pour donner des cours du soir à des “soldats illettrés”. L’Armée s’était aperçue, en effet, que des hommes de vingt ans, généralement originaires de nos campagnes, avaient passé toute leur existence dans les champs et ne savaient ni lire ni écrire en arrivant au Service Militaire; car ils n’étaient jamais allés à l’Ecole. Mais ils n’étaient pas si nombreux...j’en suis encore tout abasourdi.
Alors que pouvons-nous faire, nous, à part ce “bavardage” ?
Bien sûr, en parler autour de nous et le plus souvent possible quand nous rencontrons des PDG ou des Chefs d’Entreprise, leur recommander d’utiliser notre langue pour tenir leurs réunions et non pas leurs “briefings”, nous ne sommes plus chez les Alliés en train de préparer la prochaine opération. Je suis courroucé d’apprendre que maintenant c’est l’usage dans beaucoup de grandes sociétés.
Car nous sommes tous -des assassins-, j’allais dire et bien que les étrangers nous considèrent -parait-il- comme des gens arrogants et fiers (?), je dirais que nous sommes plutôt paresseux : nous répétons tout ce que nous entendons même si c’est incorrect et sans le corriger, ce qui aggrave encore la situation: quel est celui d’entre nous qui n’a jamais dit à son invité en entrant au Café “Qu’est-ce que vous prenez ?”
L’un de mes amis se retournait régulièrement er répondait “ A qui ? “
Cela me rappelle une anecdote entendue au cours d’une leçon d’anglais justement :
Une personne française se trouvant à l’hôtel appelait la femme de chambre et désirant prendre un bain ( comme nous disons ) traduisait mot à mot “ I would take a bath “, ce qui pour la femme de chambre anglaise signifiait littéralement : “ Je voudrais emporter la baignoire !”
Il est certain que nous aurons beaucoup de mal à nous séparer de nos vieilles habitudes car elles reviennent machinalement.
C’est devenu tellement évident qu’il y a quelques années, je ne me souviens pas si ce n’était pas sous le Ministère d’Alain JUPPE le Ministre de la Culture s’en était ému et avait pris un décret décidant de supprimer les anglicismes du language public ou administratif. Il parait qu’il est de moins en moins appliqué et l’on revient à nos vilaines habitudes...
Nos contemporains sont décidément incorrigibles. Alors que faire ?
Quelqu’un d’entre les francophones aurait-il une idée ?
En parlant de francophonie, nous devrions peut-être faire comme les canadiens...
Eux qui vivent au milieu des anglais dont ils sont obligés de partager la langue, ils ne veulent pas se la laisser imposer et quand c’est nécessaire s’inventent des expressions ou des mots français bien à eux, qui nous font parfois sourire ! BRAVO les Canadiens
Un peu d’humour pour terminer :
Pourquoi il est difficile pour un étranger, même s’il a bien appris le français de comprendre certaines expressions ?
Savez-vous ce que signifie PARTIR DES POTRON MINET ?
Vieille expression moyen-âgeuse qui signifie Partir très tôt le matin c’est à dire lorsque le Chat ( le Minet ) est POLTRON et non pas potron, le mot ayant été déformé. Cela signifie à la campagne que le chat est poltron, c’est à dire craintif au lever du jour.
Et savez vous ce que veut dire BOIRE A TIRE L’ARIGAUD ?
Encore une expression moyen-âgeuse à déformation phonétique. Dans le temps et surtout dans le Midi, quand on faisait la Fête au village, on installait une grosse barrique de vin sur la place et chacun allait se servir au robinet ! Comme cela rendait très gai, on avait surnommé cette barrique LA RIBAUDE Ribaud vieux mot signifiant gai, venant de la famille du verbe s’esbaudir qui voulait dire rigoler quoi!
Guy MAURY
GUY MAURY
LaPLANAimmo@aol.com
http://www.atelier-verdier.com
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