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n°187 - jeudi 11 avril 2002 |
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| Rubrique Sciences animée par Alexandre |
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Tout et son contraire.
Le beurre et l'argent du beurre
Regretterons-nous un jour en grelottant les superbes panaches de vapeurs s'échappant des centrales nucléaires?
Les écologistes veulent supprimer le nucléaire, c’est la principale source de notre électricité, il paraît que c’est dangereux. Danger d’explosions, à la Tchernobyl, danger de dispersion de façon volontaire pour nuire, de substances hautement radioactives, danger des déchets etc.
Mais les initiateurs des centrales nucléaires en France l’avaient bien compris bien avant les écologistes, parce que les centrales nucléaires ont commencé à exister en France bien avant que l’écologie ne devienne une science à part entière et des précautions ont été développées tout de suite pour éviter tous ces problèmes que les physiciens connaissaient aussi, d’ailleurs ils sont les mieux placés pour les connaître, cela faisait déjà quelques décades qu’on ne considérait plus l’eau radioactive comme bonne pour la santé, et qu’on ne se promenait plus avec du radium dans la poche de la blouse comme les Curie.
Bon c’est d’accord le radioactif mal utilisé c’est dangereux, mais n’empêche que : honnêtement pouvons nous passer si facilement de l’électricité nucléaire comme le prétendent les « N’ya qu’à ».
Je peux vous citer précisément quelques conditions de vie entre 1945 et 1960 à la campagne pas si profonde que ça : Electricité, pas avant 1952, donc éclairage à la lampe à pétrole ou aux bougies, en hiver tous les soirs il fallait attendre que les parents soient disponibles pour allumer les lampes pour faire les devoirs, il est quand même plus facile d’appuyer sur un bouton pour s’éclairer surtout quand il s’agit d’un enfant malhabile. Pas d’électricité, pas de radio, pas de télé, en fait la télé il a fallu attendre 1960 pour commencer à la voir, évidemment elle existait déjà à Paris mais pas de relais entre la capitale et la France profonde.
Evidemment chauffage au feu de bois, plutôt cuisson au feu de bois, parce que le chauffage, il n’y en avait pas à proprement parler, en hiver on se faisait une longue marche le soir pour se réchauffer les pieds ça c’était plutôt un plus et on se faisait une bouillotte pour le lit, en internat l’eau était parfois gelée pour faire la toilette le matin.
Pas de moteurs électriques donc pas d’outils ménagers du genre mixer, aspirateur, réfrigérateur, congélateur, machines à laver, séchoirs, etc.
Sommes-nous prêts à abandonner tout notre confort ou existe-il un autre mode tout aussi efficace et non polluant pour produire de l’électricité.
Ca se saurait et on l’aurait déjà expérimenté. C’est un peu comme le mythe de la voiture super propre qui marcherait avec autre chose que les produits issus du pétrole, on entend quelquefois que les lobbies pétroliers empêchent la validation de carburants autres que ceux issus du pétrole, mais qu’y a t’il de vrai là dedans?
J’ai déjà développé ceci dans mon article, - Qui sont les écologistes -
En ce qui concerne le nucléaire, dans un fonctionnement normal, non pas à la Tchernobyl, la pollution est bien moindre que celle des produits du pétrole, il n’y a production que de vapeur d’eau, c’est vrai la vapeur d’eau est aussi un gaz à effet de serre, mais bien moindre que le CO2 et le méthane. Les déchets radioactifs posent problèmes, une partie peut être retraitée, et la partie non retraitable peut être vitrifiée et enfouie si les conditions d’enfouissement sont bien respectées et si les puits sont suffisamment profonds,il ne devrait pas y avoir de problèmes. C'est du sous-sol que viennent les substances radioctives.
Du fait de leur grande densité (la densité est proportionnelle à la masse atomique) ces substances, au moment de la formation de notre planète et du passage à l’état liquide ,se sont regroupées avec les substances les plus denses au centre de notre planète, elles participent de nos jours encore à la production d’une partie de l’énergie nécessaire à la dérive des plaques.
Ce qu’il est aussi important de savoir c’est que les éléments radioactifs à courtes périodes, comme ceux que nous utilisons pour produire l’énergie nucléaire et ceux qui sont des résidus (300000 ans, c’est très court dans l’histoire de la Terre) ont déjà existé sur Terre, mais bien sûr bien avant la vie, il est admis que ces substances comme celles à gros atomes n’ ont pas été fabriquées par notre système solaire, notre soleil étant une étoile trop petite et ne produisant pas assez d’énergie pour la fusion de ces atomes à partir de plus petits.
Il faut faire des études pour que l’enfouissement empêche la dissipation de la radioactivité, faire des abris parasismiques et imperméables à l’eau, localiser exactement les sites d’enfouissement pour que les générations futures sachent où ils sont, et il devrait y avoir moins de risques que pour les centrales nucléaires de surface ou les usines de retraitement comme la Hague qui pourraient recevoir comme toutes les autres parties de la planète une météorite, cela est également susceptible de se produire sur les silos des bombes atomiques.
Les produits de remplacement sont les éoliennes.Il faudrait en implanter des milliers sur le bord de la mer c’est à dire défigurer complètement nos sites les plus beaux ou les mettre sur la mer, pour quel coût? Voyez le prix de chaque plate forme pétrolière, il faut voir si de tels investissements sont rentables à long terme, s’il ne faudra pas dépenser plus d’énergie que n'en produiront jamais toutes ces installations avant d’être atteintes de vétusté.
La preuve que l’on peut se tromper dans des prospectives est donnée par Super-phénix, cette usine qui devait produire de l’énergie et régénérer du combustible, théoriquement c’était possible, mais les réalités ont été toutes autres,le projet n’a pas tenu la route et il a du être rapidement abandonné.
Les cellules photovoltaïques sont bonnes pour éclairer quelques habitations isolées mais pas pour le luxe d’électricité que nous utilisons journellement, il faut être réaliste, je l’ai déjà dit les matériaux des cellules photoélectriques sont des matériaux de haute technicité donc très chers et nécessitent une grande consommation d’énergie pour être mis en œuvre. C’est un luxe qui est possible parce qu’il existe de l’énergie qui coûte moins cher.
Par contre il serait sans doute possible de produire plus d’énergie d’origine hydraulique en construisant de nombreuses petites centrales hydroélectriques sur les sites des anciens moulins abandonnés.
De même on pourrait aussi établir des éoliennes sur les sites des anciens moulins à vent. Ceci est possible actuellement, d'autant qu’existe une infrastructure de distribution d’électricité performante, et à condition de ne considérer ces petites unités que comme des appoints. Selon l’adage, les petits ruisseaux font les grandes rivières, il sera peut-être alors possible d’économiser quelques centrales nucléaires et peut-être même en grand nombre.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas chercher d’autres sources d’énergie, mais aujourd’hui où on tend tellement à se tourner vers la nature et à ne considérer comme bon que ce qui est naturel, il faut savoir que l’énergie nucléaire n’est qu’une exploitation par l’homme d’une énergie naturelle qui se dissipera, que nous nous en servions ou pas, toute énergie a ses dangers, l’énergie dispensée par le soleil contient des rayonnements extrêmement nocifs. Si nous ne prenons aucune précaution, nous sommes brûlés par les infra rouges ou exposés à des cancers par l’effet délétère des UV, les produits du pétrole sont très polluants et sont une des causes de l’effet de serre, problème si souvent évoqué. Même l’énergie biologique a quelque danger, ainsi ce n’est pas sans risques que l’on ferre les chevaux ou qu’on attelle la première fois un jeune animal.
Le nucléaire a eu le gros inconvénient d’être une bombe avant d’être une source d’énergie, et on tend à confondre les deux, la bombe on veut qu’elle dissipe le maximum d’énergie dans le minimum de temps, au contraire dans la centrale on veut produire le maximum d’énergie sur le temps le plus long possible, c’est à dire que l'on va contrôler au maximum la réaction pour qu’elle ne s’emballe pas.
Les dangers du nucléaire en font aussi ses avantages. Quand on l’utilise on ne confie pas son contrôle à n’importe quel incompétent et on fait les efforts de protection nécessaire. Pour les autres sources d’énergie on est bien plus négligents et beaucoup de catastrophes écologiques sont dues à des conduites irresponsables voire criminelles.
Il faudra choisir :
ou on garde les mêmes besoins en énergie et nous serons obligés de garder le nucléaire encore quelques décades, le temps de trouver d’autres solutions énergétiques susceptibles d’être aussi efficaces. De toutes façons une réalité s’impose pour les déchets le mal est déjà fait et une solution est à trouver coûte que coûte et le plus rapidement possible. On supprime une grande partie de nos besoins énergétiques et on élimine tout ce qui n’est pas indispensable. Mais franchement je n’ai pas envie de revenir aux conditions de vie de 1950.
Nous ne pourrons pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
joLederou@wanadoo.fr
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