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Marc Bloch et son Etrange Defaite
temoignage d'un homme mort en criant vive la France
L'étrange Defaite a été redigé de juillet à septembre 1940, destiné à n'être publié que dans une Frabce libérée de l'occupant, l'ouvrage parut en 1946 par les soins du mouvement des Franc-Tireurs.
" Ce serait singulierement rétrécir la personnalité de Marc Bloch que de ne voir en lui que l'historien et l'universitaire. L'historie et l'universitaire ne voulaient se concevoir eux-mêmes qu'en rapport avec la vie".
Marc Bloch, historien d'avant-guerre travaillait en faculté. C'est un livre autobiographique à valeur historique parlant de la Seconde Guerre mondiale comme peu l'ont fait. Il y fut lui-même capitaine attaché aux réserves et a la distribution de l'essence.
C'était un juif qui malheureusement mourut après de vais efforts, torturé puis fusillé par les Allemands. En 1940, il écrivit ce livre dans lequel il dénonce l'incompétence et la mauvaise organisation, voire l'insouciance des généraux français, de l'école de guerre et de l'administration de guerre, n'en déplaise à ses supérieurs. Il parle aussi des anglais, auxquels il parait attacher une affection toute particulière, ce qui ne l'empêche pas de critiquer leur irruption presque subite dans cette guerre.
Cet homme ne pratiquait pas sa religion pourtant il la revendiquait. Jamais il n'aurait, sous prétexte de la venue de troupes allemandes, nié ses convictions et ses appartenances religieuses.
C'est un livre intéressant si ce n'est par les propos qu'il tient, au moins dans les évènements qu'il retrace.
Marc Bloch n'est bien entendu pas le seul à critiquer la curie du ministère. De Gaulle lui-même critiquait-il ouvertement ses supérieurs. A noter cependant l'ouvrage de Jean-Louis Cremieux-Brilhac, Les Français de l'an 40 (1990) qui insiste sur le sursaut des soldats français en mai 1940 tout en précisant bien les lourdes responsabilités du haut commandement français.
Dans son livre Marc Bloch nous invite à suivre avec lui quelques anecdotes toutes particulières et certains de ses sentiments, de ses convictions les plus profondes face à la guerre.
Pour lui les citoyens se retrouvaient tous égaux face à la guerre qu'ils aient été ou non appelés, femme ou homme et quelle que soit la caste a laquelle ils appartenaient, si ce n'est bien évidemment les enfants, dont il garde une image cauchemardesque de leur visage rongé par la frayeur lors des bombardements. Marc Bloch est révolté de voir que des jeunes partent au front, il y voit plus la place des plus anciens, les plus jeunes représentant le maintien et le renouvellement de la patrie, du peuple quel qu'il soit.
Quant à l'école de guerre, il en parle comme une institution « arriérée », d'une part par ses pratiques douteuses selon lui et d'autre part par son attachement trop important à une théorie de la guerre qui semble peu exploitable en cas de réelle urgence. En effet, pour les plus anciens de l'école la Première Guerre mondiale devait s'apparenter en tout point aux guerres napoléoniennes dans ses armes et ses stratégies. De la même façon, la Seconde Guerre mondiale devait s'apparenter a la Premier Guerre mondiale : d'où la surprise générale, avec la Luftwaffe effrayante par ses bruits sourds et ses bombardements spectaculaires, les armes chaque fois plus perfectionnées et les chars.
Il assimile donc cette guerre a un véritable échec rejetant la majeure partie de la faute sur le manque de rigueur et la cupidité des généraux et de l'administration. Leurs motivations semblaient-elles aussi peu probantes puisque chaque fois les réseaux d information etaient selon lui défectueux. En effet celles ci etaient souvent erronées, mal distribuées et trop longue à arriver jusqu au front ou bien encore peu précise voire même incertaines, ce qui valut quelques massacres inutiles.
Pour lui il y eut une erreur au niveau de la production industrielle de guerre : les francais manquaient effroyablement d avions, de chars (ceci etant du a une quelconque discorde au niveau de l'industrie)... de plus les services attachés aux renseignements auraient du etre plus mobiles, les motocyclettes representant le meilleur, le plus rapide et le plus sur moyen de locomotion pour acheminer les renseignements au front.
Il pense aussi que les rivalités entre généraux n aidaient pas au bon déroulement des évènements et qu'il existait trop de divers quartiers attachés a des taches particulières (toujours au niveau des généraux) ce qui ne facilitait pas la distribution des informations.
Pour lui il aurait fallu un unique chef de guerre auquel on aurait attribué toutes les taches et plusieurs personnes déléguées à certaines taches. Ainsi parfois pour des affaires urgentes en matière d essence (un entrepôt d essence en zone neutre quelque part entre la France et l Allemagne) il devait parfois parcourir plusieurs bureaux avant de trouver celui qui lui donnerait l autorisation d intervenir et dans la majorité des cas l autorisation lui étant donné - quand on ne lui reprochait pas d être trop entreprenant ou bien même que l on doutait de ses informateurs - il etait finalement trop tard pour intervenir ne serait ce même pour ordonner la destruction de l entrepôt, les Allemands s étant déjà saisis du site en question...
Etant lui-même capitaine et pour ne pas être incriminé par ses propos il donnait chaque fois plusieurs argument a chacune des ses critiques sous forme d'illustrations, de faits concrets, souvent des expériences qu il avait lui même vécu, sachant bien que des faits rapportés et retranscrits ne sont pas toujours assimilables à une "vérité historique".
Sur ce point d ailleurs il fait une petite parenthèse expliquant bien que lui-même étant historien de formation et donnant des cours en faculté parisienne, les seuls faits vraiment exploitables en histoires sont ceux qui convergent vers un même points, qui se recoupent et se rejoignent. Ce sont ceux qui constituent la vérité historique...
Marc BLOCH - "L'étrange défaite" - folio histoire.
Antoine BOOTOINE
bootoine@aol.com
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RUBRIQUE littérature
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28 commentaires :
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Original jusqu'à un certain point - Par Strelets le 03 novembre à 11:39
| Ces quelques pages de Bloch sont à juste considéré comme un petit bijou de « l'histoire immédiate » faisant preuve d'une grande lucidité. Mais il est assez inétressant de voir que son point de vue est assez voisin de celui développé alors, sauf qu'il a eu, de par sa formation, la volonté de l'agencer non en discours politique, mais en analyse historique.
Les aspects techniques et les faiblesses du haut commandement sont à rapprocher de l'argumentation de De Gaulle sur la défaillance de chefs et la défaite prévsible de l'Allemagne devant une force mécanique supérieure.
De même la IIIe partie de l'ouvrage, qui est une des plus intéressantes car elle va au-delà de cette circonstance, s'attarde sur les fautes d'une nation. Avec l'idée que la défaite est aussi due à un pourrissement de l'arrière. De Gaulle parlera aussi d'un redressement moral mal identifié. Pétain identifie clairement la cause (ce qu'il appelle « l'esprit de jouissance », la République en général). Bloch, lui, l' [...] Lire la suite |
Répondre POURQUOI NOUS SOMMES DES PORCS - Par thorghisl le 02 novembre à 19:34
| | CAR ACTUELLEMENT NOS B52 TUENT DES FEMMES ET DES ENFANTS QUI BOUFFAIENT DU SABLE. LA SECONDE AVANT D'ETRE SOUFFLES. BANDE DE FUMIERS. |
Répondre Autres élèments... - Par capsbrother le 02 novembre à 16:41
| Il y avait les chars et avions nécéssaires.
Il manquait la technique dans leur utilisation combinée : c'est l'incurie (et non la curie) des militaires.
Il manquait surtout la volonté de se battre entretenue par certains de tous bords : communistes (sabotant la fabrication des armes et copains avec HITLER), pro-nazis (sabotant le moral)....
Comment se fait-il que l'Armée Polonaise qui n'avait pas chars mais des chevaux ait tenu plus longtemps? La volonté de se battre et le moyen de nous envoyer une 1/2 brigade. |
Répondre Bloch a vu clair - Par electro le 02 novembre à 03:44
| Je crois que Bloch a raison , selon mon principe que " le poisson pourrit par la tete "
Les chefs sont surement les premiers coupables, et souvent les derniers blamés. |
Répondre - Poisson - par Lannes le 02 novembre à 09:38
Bloch ou la mémoire douloureuse - Par thorghisl le 31 octobre à 17:46
| En ce moment mettre en avant un historien juif est une insulte à l'intelligence.
Il n'y a plus d'holocauste, l'holocauste est permanent : Juif + holocauste = chantage pour un Israel déchargé de la faute. Bloch ne l'aurait pas accepté. |
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