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L'Echo du Village - Accueil n°163 - 25 octobre 2001
Rubrique littérature animée par Médée (version originale)


Dieu dans un kiosque à musique
Poème en prose

Nous allons faire régner les anges assoupis. Nous les réveillerons par la brume de nos trompettes. Nous leur apprendrons la musique de la terre et la mélodie de l’eau. Nous leur jouerons des mélopées si douces qu’ils en pleureront. Quand le poids de larmes pèsera trop sur leur corps de porcelaine, ils tomberont. Il pleut des anges au-dessus du kiosque à musique ; on entend les gouttelettes s’écraser avant eux. La mélodie des larmes, c’est la première mélodie du monde. L’écho des cieux donne rythme à notre orchestre et les passants s’abritent près de nous. Nous leur chantons que bientôt les anges, les archanges descendront sur terre.

Les cavaliers de l’apocalypse poseront aussi leurs montures sur la terre. Les morts sortiront de leur antre souterrain et par milliards, iront savourer la délivrance. Dieu lui-même se déplacera. « Qu’est-ce qui trouble ainsi mes serviteurs ? » La musique Monseigneur, la musique, qui vient tambouriner à vos portes des jours durant. La musique, et les anges ne vous obéissent plus. Nous avons dessiné des astres avec quelques portées célestes. Nous avons crée des partitions sur un grand drap noir. Nous sommes des humains, chacun de nous est un Dieu, puisqu’il sait mettre en déroute un royaume millénaire, le vôtre, Monseigneur. Pour cela, nous n’avons plus besoin de vous, pour cela, nous ne craignons plus personne. L’insolence exalte chacune de nos notes. Nous aurions pu accepter de ne jamais connaître le paradis, nous aurions pu les forcer à tous se résigner, à leur rabâcher que la haine et la maladie doivent gangrener toute vie. Nous refusons et nous allons bien plus loin dans l’hérésie ; nous leur donnons une petit morceau d’Eden et des baisers divins, en jouant. Nous lui donnons à croire en leur pouvoir. Vous les avez condamnés au labeur et à la défaite, nous nous moquons de cette prétendue condition. Nous jouons le plus pur des airs ; un peu d’espoir, un peu de rire, un peu d’oubli. Nous vous rendons ainsi plus mesquin encore que vous l’êtes.


medee@levillage.org


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20 commentaires :
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quelques grammes de finesse... - Par Bouffier le 29 octobre à 17:26

ça ne fait jamais de mal. Bravo et merci pour ton texte, ça lave, ça lave !
Contrairement à d'autres, j'aime aussi la fin, j'aime bien cette idée de piller et voler l'Eden (c'est d'ailleurs déjà dans les évangiles, je crois... le père Jizeusse qui compare le Paradis à un trésor à cambrioler). Sainte Médée, nouvelle prophète ? ;o)
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Jolie prose quoiqu'un peu complexe pour mon âme ignorante - Par Petite-Coralie le 27 octobre à 15:09

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Bel article, - Par Gualda le 27 octobre à 10:14

mais malheureusement, peu s en apercoivent !
Manque de culture ou désinteret ? Je ne sais pas, et c est dommage !
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Erratum - Par liosalz le 27 octobre à 06:07

Je viens de relire et de me rendre compte que la mythologie grecque,c'était seulement pour les commentaires.Pour le reste cela ne change rien à mon opinion.
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D'accord avec delaeter,mais je crois que... - Par liosalz le 27 octobre à 05:49

je comprends pourquoi De Bois avec sa planche de de bois a plus d'audimat que toi avec ton portable ;)

Il est à la une avec un titre provo et racoleur,soit,mais ce qu'il écrit à l'avantage d'être compréhensible par tous.Pas besoin de connaitre la mythologie grecque,le nouveau testament:les cavaliers de l'Apocalypse ect...
Rien que le titre,c'est pas évident de faire le rapprochement avec le texte du premier coup.

Attention,ce n'est pas un reproche,même si ça a l'air d'en être un.Ce que je veux dire,c'est que tu es trop bonne Médée (sans jeux de mots).
C'est trés bon.Continue,mais ne t'étonnes pas si les commentaires et les lecteurs sont limités.
Fais ton chemin,encore une fois:c'est trés bon.
J'ai du relire le texte trois fois et je ne suis pas sûr encore d'avoir tout compris.
Bravo!
P-S:pourquoi LE villageois Médée? N'es-tu pas villageoise?
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C'est plutôt désert ici! - Par delaeter le 26 octobre à 23:32

Quelqu'un par ici?
Non, j'entend seulement Echo répéter "Ici, ici, ici"
Un peu de pub ne ferait pas de mal à cette rubrique. La haut, le gamin-avec-son-épave-sous-le-bras squatte toute la population grâce à son sujet accrocheur.
A+
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Merci - Par vis-la-joie le 26 octobre à 20:48

pour ce moment sympathique.
Et oui, seulement sympathique (à mon gout, bien sûr !) car si le début est tout à fait enjôleur, la fin est trop partisanne. Je suis sûr que tu aurais pu dire la même chose dans le même style que le début. J'aurai adoré.
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  • Bravo - par p@®Fa!t le 28 octobre à 00:45

Belle prose poétique... - Par delaeter le 25 octobre à 21:05

... ne serais tu pas un un peu Amazone, fille de la nymphe Harmonie et du dieu de la guerre Arès?
Ou une descendante d'Orphée qui sauva les Argonautes en tirant de sa lyre une mélodie qui couvra la voix ensorcelante des Sirènes.
Ou encore compagne d'Hermès qui armé d'un simple pipeau tua Argus le gardien d'Io amoureuse de Prométhée autre grand concurrent des dieux?
Ou enfin est-ce la musique des sphères célestes vibrantes du cristal et "de l'éther" (sic).
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