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Les temps troublés (III)
Troisième épisode.
LA DISPARUE DE SAINT-JULIEN
RETROUVEE DEFIGUREE.
"Camille Mangin, la jeune secrétaire médicale de 23 ans qui avait mystérieusement disparu il y a cinq jours, dans la nuit du 4 octobre, en gare de Saint-Julien, alors qu'elle rentrait chez elle par le dernier train, a été retrouvée hier matin sur une aire d'autoroute à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale. Ce sont deux employés de la maintenance, vers 5 heures du matin, qui ont découvert le corps inerte de la jeune femme étendue sur l'un des parkings du site. constatant la blessure grave que présentait la victime, ils ont sans tarder contacté les services de secours d'urgence.
Prise en charge en moins de quinze minutes par une unité mobile, il s'est avéré que Mlle Mangin était toujours en vie mais dans un état jugé très préoccupant. Selon les premiers éléments de l'enquête confiée à la Section de Recherche Criminelle, l'agresseur de Camille Mangin lui aurait tailladé le visage à l'aide d'un instrument tranchant de type scalpel, puis aurait procédé au décollement de l'épiderme, laissant la chair à vif. L'expertise médicale relève que ce "travail", qualifié de "méthodique", n'a pu être réalisé que par un individu maîtrisant les techniques chirurgicales. Il apparaît que la victime, a priori, n'a subi aucune violence sexuelle.
Les enquêteurs orientent leurs recherches sur la piste d'un homme de haute taille, de type occidental, possédant une fourgonnette noire de marque Helco. D'après les déclarations d'un contrôleur de la gare de Saint-Julien, Mlle Mangin aurait été abordée, le soir de sa disparition, par cet individu portant..."
- Fred !
Je relevais la tête, interrompu dans ma lecture par la voix aigrelette d'un nabot hideux. C'était Rodolphe, coursier et mouchard du directeur. Officiellement, il portait le surnom affectueux de "Groom". Officieusement, pour tous les employés du journal, c'était "L'oeil de Moscou" ou "La voix de son maître", un enculé véritable comme on en rencontre rarement. Adepte et grand zélateur de la bassesse d'âme la plus éclatante qui soit, il semblait vouloir faire payer au monde entier son physique ingrat de Pinsher atrophié. Rien de ce qui se passait au sein ou à l'extérieur de locaux de "La Pieuvre" ne lui échappait, et il s'empressait d'aller baver la moindre information, fut-elle insignifiante, dans le pavillon avide de Becker, le roi des enflés.
- Ouais, fis-je en regardant ce crapaud verruqueux d'un oeil condescendant ? - Monsieur Becker veut te voir. Im-mé-dia-te-ment ! ajouta-t-il en appuyant sur chaque syllabe pour bien me faire comprendre l'urgence de la demande.
- J'y cours, répondis-je en le gratifiant d'un sourire servile.
Ma mimique parut le contenter. Il détala, gonflé de satisfaction, exécuter vers d'autres cieux une quelconque des basses besognes dont il avait la charge. il allait traîner de service en service sa sale tronche de cloporte. J'imaginais le plaisir que prendrait celui qui, un jour, s'enhardirait à lui coller une beigne. C'était sans doute ce qu'il lui fallait : une bonne raclée. Pour remettre les idées en place, rien de tel. Mais personne n'osait risquer sa place pour si peu. Rodolphe avait dû subir tellement de vexations qu'il pensait probablement tenir sa revanche en humiliant les autres à leur tour. D'un point de vue stratégique, ça payait. D'un point de vue humain, c'était minable.
Le sous-fifre ne gagne en rien à se faire détester. Reposant sur un pouvoir subalterne par nature voué à disparaître, il n'a pas les moyens de jouir pleinement et sans risque de ses méfaits. Lorsque le vent tourne, les seconds couteaux sont impitoyablement soufflés. Toujours il sera préférable d'être le feu que la mèche.
Revenu de mes inavouables pensées, je prenais conscience de l'odeur persistante d'un Régis en pleine fermentation. L'attention mise à lire l'article avait occulté ce phénomène délétère. Ce chroniqueur, apprécié de tous pour son affabilité et l'excellence de son ouvrage, dégageait de façon tout à fait inexplicable des remugles étonnamment tenaces. Un mélange de graisse de porc, de dessous de bras et de jus de chaussette. Soit il ne se lavait jamais, soit la nature lui avait, à lui aussi, joué un sale tour. Quoi qu'il en fût, j'aurais besoin, dans un futur proche, de ses connaissances. Je ne pouvais m'empêcher de rapprocher la comptine et son histoire de femme défigurée. Pure coïncidence ou fulgurante prémonition, je devais en avoir le coeur net.
Pour le moment, Monsieur Becker m'attendait. La volonté d'un patron, ça se respecte !
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Mel.A@levillage.org
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6 commentaires :
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Liolio me manque et tout est dépeuplé... - Par jiel2 le 27 octobre à 03:13
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Scuze Mel. J'avais dit que je déménageais mes pénates. Mais ce con de Liotzman est pas là, cette semaine (Son electrochoc adminstratif hebdomadaire. J'avais oublié.)
Et chez oncle Dan c'est toujours plein de bites sur les murs.
Et chez Médée, ça pue. C'est bien,son texte. Mais ça vient d'une collabo.
Et boizardi m'a définitivement écoeuré. Ce type est un chien.
Et pem qui laisse rouler tout ça. Pauvre petit pem.
Bffffffffff.. Vraiment écoeuré.
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Kesse tu fous, toi même, dans cette merde ?
Ca tient la route tes textes. Mais pourquoi les propose-tu à des Petainix Papy ? A des goualdamorues ? A la lie ? et delétères fachos ?
Y a 1000 sites litteraires sur le Net (Tu me demandes,je te dis). Y en a 1000 (francophones). Pourquoi l' Echo ?
C'est un peu inquiétant ton attitude. J'avais déjà re^roché ça à Médée, en mail privé, y a bien longtemps.Elle m'avait djeust arraché un oeil ou deux, comme réponse. (M'enfin bon, tu sais comme el [...] Lire la suite |
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