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L'Echo du Village - Accueil n°163 - 25 octobre 2001
Rubrique littérature animée par Médée (version originale)


Bret Easton Ellis : Glamorama et American Psycho

Souvent imité, mais pas encore égalé, Bret Easton Ellis provoque, dérange, fait parler de lui. Ou plutôt de ses livres. Depuis la "bombe" American Psycho, il est devenu l'un des auteurs américains incontournables de ce début de millénaire. A longueur de romans, il décrit avec ironie la jeunesse dorée et décadante des Etats-Unis d'aujourd'hui. Voici deux critiques des deux romans chocs de la bibliographie de Bret Easton Ellis.

Glamorama - Bret Easton Ellis
Tout d'abord, tirons un coup de chapeau à Bret Easton Ellis pour la construction du roman. Le livre traite d'attentats à la bombe (entre autre) et le roman est construit comme un compte à rebours. Tellement évident, qu'il fallait y penser.
Ensuite, on retrouve vraiment l'atmosphère d'Ellis dans ses meilleurs
moments. Les cent premières pages qui relatent une journée du mannequin Jet setteur Victor Ward sont cruelles, brillantes et drôles. La principale occupation de Victor ? Coucher avec les petites amies des autres, feuilleter la presse à la recherche d'un photo de lui et organiser une fête pour le soir même. Fête qui se présente assez mal. Puis, tout a coup, tout bascule et notre Victor se retrouve à Paris sur les traces d'une ex petite amie. On ne sait pas s'il tourne un film où si c'est la réalité mais le jeune dandy se retrouve mêlé à des actions terroristes sanglantes. Fidèle à ses descriptions détaillées, Ellis, grâce à son grand talent littéraire, arrive à nous faire plonger dans l'univers décadent de la jet-set, et celui terrible du terrorisme, et de l'étrange. En effet, on sort perplexe de Glamorama, et ce livre hante encore longtemps une fois la dernière page tournée...


American Psycho – Bret Easton Ellis
Violent, cynique, décapant… et incontournable.

Dans l’Amérique des golden boys des années 80, le récit des crimes horribles de Patrick Bateman, dandy-assassin.
On commence, comme souvent chez Ellis, par une centaine de pages ironiques et cyniques, décrivant l’univers superficiel et doré des golden boys américains. Sexe, drogue and cartes de visites pourrait être le titre de cette première partie, divertissante et grinçante. Le lecteur fait la connaissance de Patrick Bateman, jeune loup de la finance obsédé par la marque de ses costards, ses muscles parfaits et les cassettes vidéos qu’il doit rendre. Et puis, l’horreur commence à monter. Doucement, par petites touches. Tout à coup, en plein milieu d’un chapitre décrivant un dîner de Bateman avec sa fiancée, une scène de viol est relatée. Bizarre… Quelques chapitres plus loin, Bateman s’en prend à un clochard et l’assassine sauvagement. On commence à comprendre. A partir de ce moment là, l’horreur est croissante et les scènes de crimes se font de plus en plus sanglantes et précises. Le paroxysme est atteint avec la désormais célèbre scène du « rat », mais je vous laisse la découvrir par vous-même… Inracontable.
Violent, insoutenable, cynique, déjanté… qu’est-ce qui fait le succès de ce livre adapté en 2000 au cinéma ? Je crois que premièrement, c’est la surprise ! On n’a rarement lu plus violent. Puis, cette ironie mordante qui accompagne le récit fait grincer des dents et sourire à la fois, c’est tellement juste ! Troisièmement, il faut avouer que le style d’Ellis est décapant et colle avec justesse au récit. Enfin, parce qu’il faut prendre tout ça au 4e degré et voir dans ce récit, non pas une apologie de la violence mais une mise en garde de ce que la société de consommation est capable de créer.

kersouarne@caramail.com

Pour en savoir plus


• Plus d'infos ?
retrouvez la biographie de Bret Easton Ellis sur ce site, ainsi que de nombreuses critiques et articles
http://www.avoir-alire.com

• Beat, poèsie and Whisky
Très bon site sur la culture beat qui propose tout un chapitre sur Bret Easton Ellis.
http://aubry.free.fr/




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1 commentaire :
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La violence dans american psycho - Par thorghisl le 26 octobre à 20:26

Je dois etre totalement insensibilisé par les scénes gores que j'ai vu au cinéma, mais depuis que l'on me parlait du roman je l'avais enfin lu.
La violence est noyée par un style et une débauche de sophistication. Le héros apparait comme à travers un filtre que je n'ai jamais réussi à traverser. A la limite l'univers qu'il traverse est si bien décrit que je me serai passé des rebonds dramatiques .
Le film, lui, est foiré au point que c'en est une honte.
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