La planète des singes
Mais où est donc Tim BURTON ?
Revue et corrigée de nombreuses fois, adaptée en série pour la télévision, La planète des singes cela fait bien longtemps que l'on connait l'histoire. Tim BURTON l'a voulue modernisée, améliorée d'effets spéciaux très bien cachés, à peine remarquables, futuriste aussi ...Mais où a-t-il laissé sa griffe ? C'est en effet la question qui me saute à l'esprit.
Tout commence en 2027, dans un vaisseau spatial tout droit emprunté au funeste Kubrick et son incontournable 2001 l'odyssée de l'espace. Les hommes s'adonnent à diverses expériences sur leurs "amis" les singes dans le seul but d'augmenter leurs capacités intellectuelles. C'est à la suite d'une tempête électromagnétique que tous les ennuis débutent, l'ordre des choses se trouve renversé, le singe s'impose à l'homme qui est considéré comme un esclave.C'est à ce moment précis dans le film que jaillissent en nous une multitude de questions faussement métaphysiques sur le rapport dominant-dominé, la xénophobie, les rapports de force, l'intolérance ... Bien évidemment, une femme-singe (vous noterez à quel point nous rapportons tout à nous même)rebelle dans son genre se trouve séduite par la sensibilité d'un des sauvages humains. Avec son aide, les hommes combattront et c'est finalement grâce à la parole que les deux "races" finissent par trouver le chemin de la raison, les bras et les armes n'ayant en toute logique rien résolu.
C'est finalement une bonne dose de morale qui nous a été inculquée tout au long du film, accusant l'esclavagisme, condamnant le rascisme, éradiquant la violence ; morale qui voit son apogée dans cette image d'une pureté et d'une beauté à toute épreuve, le symbole même de l'union entre le singe et l'homme : un baiser inspiré des plus beaux contes,celui qui réveilla une princesse, celui qui fit bondir tous ceux qui se trouvaient dans la salle, celui qui enflamma le coeur de notre "femme singe" et de notre homme de l'espace.
Si on ne peut rien reprocher à l'histoire en elle-même, parce qu'elle est la même depuis la première version (bien que quelques changement sont à souligner dans la toute fin), il semble pourtant que la façon dont a été interprètée cette histoire est un peu rébarbative. Où se trouve tout le charme, toute la beauté des films de Tim Burton ? Où retrouve-t-on toute la magie de ses films ? Avec ce film, on passe plus d'une heure et demi à voir tout de loin (ne serait-ce que la "ville-singe"), à espérer un signe caché sous lequel serait dissimulée la griffe toute particulière du maître, mais non rien.
Pour être bref,c'est une sensation de déjà-vu, de déception qui nous empare une fois sorti de la salle, parce que l'histoire finalement on la connait bien.
Antoine BOOTOINE
bootoine@aol.com
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