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L'Echo du Village - Accueil n°155 - 31 août 2001
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Le pavillon bleu d'Europe
L'Eco-label des villes touristiques

Au cours de la période estivale, nombreux furent les villageois à fréquenter les stations balnéaires du littoral. Peut-être auront-ils remarqués sur leur lieu de farniente quelques grands drapeaux bleus flottant négligemment dans les embruns. Leur présence est loin d’être anodine puisqu’elle récompense les communes côtières les plus soucieuses de la qualité des eaux de baignade. Véritable label européen, les « pavillons bleus » sont devenus au fil des années un enjeu économique de premier plan.

C’est en 1985 que les premiers « pavillons bleus » sont décernés en France. A l’origine expérimental, le concept s’est progressivement étendu à toute l’Europe jusqu’à couvrir aujourd’hui 21 pays. Une association implantée au Danemark, la F.E.E. (Fondation pour l’Education à l’Environnement) coordonne le dispositif et remet chaque année au printemps le précieux sésame.

Les critères d’attribution sont rigoureux et visent à garantir des conditions de séjour optimales aux visiteurs. Bien qu’on associe généralement le « pavillon bleu » à la qualité des eaux, cet aspect n’est pas le seul permettant de bénéficier d’une telle distinction. D’autres éléments non moins importants sont également pris en compte : en premier lieu la qualité générale de l’environnement, notamment les choix d’urbanisme et le traitement paysager du territoire de la commune. La gestion des déchets ménagers figure également parmi les conditions à remplir, notamment à travers l’existence d'une filière de collecte sélective. Enfin, des initiatives en matière d’éducation à l’environnement devront avoir été mises en œuvre (information du public, campagnes de sensibilisation).

Aux villes candidates il revient de constituer un dossier exhaustif présentant les actions accomplies dans ces différents domaines. En dernier lieu, l’analyse de la qualité des eaux par la Direction départementale de la santé tranche l’attribution du label à partir d’échantillons prélevés sur place. Seule une qualité de l’eau irréprochable sur les trois dernière années garantit l’obtention du pavillon. De même, en cas de pollution accidentelle, celui-ci doit être baissé jusqu’à restauration des critères exigés.

Ces conditions d’excellence expliquent sans doute un taux de refus relativement élevé. Pour l’année 2001, seulement 66% des communes candidates se sont vues décernées le « pavillon bleu » contre 59% l’année précédente ce qui, compte tenu des exigences à remplir, constitue un signe encourageant quant à la qualité des espaces littoraux.
Pour autant, être retenu ne suffit pas. Une fois lauréates, les villes doivent persévérer dans leurs bonnes intentions sous peine de se voir dépossédées de leur titre l’année suivante. Des contrôles permettent de vérifier sur le terrain le respect des actions engagées et au total 40% des sites sont contrôlés chaque année de manière inopinée.

Les retombées économiques du « pavillon bleu » ne sont pas négligeables. L’intérêt de l’opinion publique pour les questions environnementales n’a cessé de croître ces dernières années et l’épisode dramatique du naufrage de l’Erika n’a fait que renforcer la tendance. De plus en plus, la clientèle touristique est en quête de repères susceptibles d’orienter le choix de sa destination estivale. En terme de communication et d’image, le « pavillon bleu » possède un pouvoir attractif réel souvent mis en valeur dans les documents promotionnels distribués par les offices de tourisme.

Pour des petites villes fortement dépendantes de l’activité touristique, l’obtention du pavillon revêt une importance stratégique même si les actions à mener pour y parvenir, notamment en matière d’investissement, pèsent lourd sur des finances locales souvent limitées. D’où la colère de certains élus voyant leur commune non retenue ou pire dépossédée de cet « Eco-label ». Il arrive que des Maires aillent jusqu’à introduire des recours en justice demandant la réintégration de leur ville dans le dispositif, en critiquant au passage les méthodes de désignation … Il est vrai que le retrait d’un « pavillon bleu » peut se révéler ruineux : baisse de la fréquentation, manque à gagner pour les acteurs économiques, détérioration de l’image de la commune.

Une étape a encore été franchie depuis qu’une association européenne de surfeurs, la Surfrider Foundation, s’est mise en tête de décerner des « pavillons noirs » aux villes du littoral dont les plages se trouvent polluées par des rejets urbains. Cette démarche ne reposant sur aucune base scientifique, son importance aurait dû rester limitée. Dans les faits il n’en n’a rien été et l’intérêt des médias pour ce contre-label a au contraire beaucoup fait pour sa popularité. En 2001, 93 plages et 69 communes françaises se sont vues ainsi « récompensées » au grand dam des élus concernés.

Désormais la guerre touristique est une réalité, y compris et surtout entre villes voisines. Les intérêts économiques en jeu imposent une attitude agressive où parts de marché et courbes de fréquentation prennent le pas sur la philosophie d’antan. Progressivement, cette forme de tourisme s’efface derrière une gestion rigoureuse et si possible rentable des atouts naturels d’un territoire. Les « pavillons bleus » occupent désormais un rôle régulateur, obligeant à maintenir un certain niveau de qualité dans le cadre de cette nouvelle approche.

Au même titre que le Conservatoire du littoral, les « pavillons bleus » assurent la mise en valeur raisonnée des rivages côtiers réputés fragiles. Au delà, ils récompensent une action globale en faveur de l’environnement et la rigueur des critères d’attribution est le meilleur gage qui puisse être donné au public.

Cette année, 126 communes françaises arborent le « pavillon bleu ».

ericf@levillage.org

Pour en savoir plus


• Le point complet sur le dispositif. Origine, fonctionnement, modalités d’attribution :
http://cartel.oieau.fr/guide/j030.htm

• Le site de la Fondation pour l’Education à l’Environnement (en anglais) :
http://www.feee.org

• France - La liste des « pavillons bleus » :
http://www.blueflag.org/frameset/maps.htm

• France - La liste des « pavillons noirs » :
http://www.surfrider-europe.org/2001/fr/accueil.htm




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2 commentaires :
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bon article mon gars - Par Torpedo le 31 août à 07:44

si tu continue à pondre des articles de cette qualité, tu vas finir par devenir assistant de rubrique ;).
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