Princesse Mononoké : bouleversant !
Le film d'Hayao Miayazaki ne se contente pas seulement d'une bribe d'histoire et de multiples couleurs qui, assemblées intelligemment, auraient pu faire de ce film, une japanimation commune et finalement peu intéressante. Dès le début du film nous sommes plongés dans un univers mêlant musique, poésie, images, couleurs, rêve et fantastique.
Dans ce "Japon" médiéval scindé en deux, les animaux et les dieux sont maîtres des forêts, symboles d'une nature non exploitée, livrée à elle-même. Quant aux hommes, ils occupent les terres qu'ils ont eux-mêmes défrichées et vivent paisiblement dans leurs petites enclaves avec leurs coutumes, leurs croyances pour certains, leurs ambitions pour d'autres. Mais les tensions naissent entre les deux peuples et bientôt un Dieu, avili par la haine des hommes, viendra semer la terreur au milieu du village pacifiste d'Ashikita. Celui-ci pour protéger son futur peuple, se sent l'esprit d'un héros et s'oppose à la tentative d'invasion d'un sanglier géant en furie.
Contaminé lors de son duel par le Mal dont souffrait l'animal, le jeune homme s'exile pour trouver un remède à son mal et trouver une réponse, pourquoi la malédiction des dieux. Seul le dieu de la forêt est capable de le soigner mais peu le connaissent. C'est dans son fabuleux périple qu'il acquiert toute sa sagesse et ses multiples rencontres, fortuites, terribles, tendres, ne serviront qu'à rendre plus profond encore ce merveilleux film.
Tous les personnages suscitent l'attention du public, d'ailleurs Hayao Miyazaki lui-même, donne à chacun, un rôle particulier à jouer et insiste sur le fait que ses personnages sont avant tout humains et par conséquent la différenciation bons/méchants est beaucoup moins marquée.
Sur un plan plus technique, les graphismes sont excellents et on peut souligner le souci de réalisme apparent, surtout lorsqu'il s'agit des personnages humains et des forêts dans lesquelles vivent des petits hommes lucioles étonnants.
La féérie et notre émotivité sont accentuées par la musique omniprésente. Divers thèmes musicaux sont repris, thèmes d'une rare beauté et d'une impressionnante pureté.
Enfin bien que ce magnifique conte inspire le rêve dans nos esprits, certaines scènes pourraient être assez choquantes (âmes sensibles s'abstenir), et pour les plus émotifs quelques larmes couleront inévitablement.
Un coup de chapeau s'imposait... enfin un dessin animé fait pour les grands !
Antoine BOOTOINE
bootoine@aol.com
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