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n°125 - 1er février 2001 |
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| Rubrique L'actu animée par Gollum |
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Radio Gaga
La radio, plus ancien média moderne, rencontre le net, plus moderne des nouveaux médias. Une rencontre pas inintéressante mais qui reste tout de même balbutiante...
Sans refaire l'histoire de la radio, ce qui nous ferait remonter un peu trop au début du siècle pour les plus jeunes d'entre nous, il est tout intéressant de savoir que la TSF (Télégraphie Sans Fil) est un des médias les plus importants dans notre vie quotidienne. Elle a marqué notre histoire de son utilité en temps de guerre, de paix et d'entre les deux. Bref, elle a toujours été présente dans notre petit monde. La radio est plus qu'un média. Au fil du temps et notamment après la fin du monopole en 1982, elle est devenue un média de masse qui a pour but principal de divertir, d'informer et d'éduquer. Enfin surtout les deux premiers.
Pourquoi vous bassiner avec cela ? Tout simplement, parce que ce média a rencontré le net et que le résultat du croisement va certainement avoir quelque chose à voir avec les géniteurs. Il est d'autant plus intéressant de savoir qui est la radio, qu'il est difficile de cerner l'internet. Et ce pour une raison bien simple, c'est le premier pluri-média mondial jamais créé. C'est-à-dire qu'à l'échelle du globe nous avons un média qui pour la première fois permet techniquement d'inclure les médias déjà existants : télévision, radio, écrit, etc. L'internet est donc d'un point de vue de la chronologie de l'évolution médiatiques en haut de la pyramide...
C'est doux, c'est neuf ?
Comment ça marche pour vous la radio sur internet. En voilà une question qu'elle est bonne. C'est bien simple. Prenez trois oeufs, du lait (un demi litre), 250 grammes de farine fluide pour éviter les grumeaux, une pincée de sel et 30 g de beurre que vous faites fondre. Incorporer tout cela. Voilà, laissez reposer une heure, vous avez de la pâte à crêpe et pourrez donc manger des crêpes en écoutant la radio sur internet.
Alors la radio sur internet qu'est-ce que c'est en définitive ? Oui, soyons précis. On peut voir trois sortes de radio : la radio en live (« en direct » pour les puristes), la radio-archive et la radio en léger différée ou préenregistrée... Quelque soit le type de radio choisi la technologie actuelle est le streaming. C'est-à-dire que votre logiciel (http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/en/default.asp target=_blank>Windows Media Player ou http://www.realplayer.com target=_blank>RealPlayer) va charger-stocker (le fameux « buffering » = mise en mémoire tampon) une armorce de ce qu'il reçoit pendant quelques secondes avant de se mettre en route pour que vous puissiez écouter la suite des données (musiques, paroles, etc.) sans saccade et de la manière la plus fluide possible. Bien sûr, pour cela il faut que le débit de la connexion soit relativement régulier pour satisfaire les exigences du transfert des données. Si le « buffering » part en vrille, il ne vous restera plus qu'à écouter votre petit frère bâfrer sa part des crêpes.
Aussi, est-ce le premier hic !
Oui, c'est neuf, et ça gratte !
Oui techniquement, la radio a encore à progresser sur Internet, elle se trouve un peu à l'étroit, un peu comme le serait un éléphant à l'arrière d'une dernière Twango à Paris. Tout comme la télévision sur le web, la radio est en attente des hauts débits qui lui ouvriront les grands espaces du « cybernoise ». Voilà un frein sérieux à la radio sur internet. Si vous n'avez plus de crêpes vous pouvez en refaire, ajoutez du rhum pour le goût.
La technique traîne des pieds et c'est sans doute pour cela que les radios sur internet ont pour le moment un intérêt limité. Faisons trois petits paragraphes bien clairs.
La radio en direct. Actuellement toutes les grandes stations radio offrent une diffusion en simultanée de leur programme sur le web. Oui mais voilà le hic. A part si vous habitez à l'autre bout du monde, quel intérêt pour vous d'écouter, souvent péniblement, quelque chose qui sort très clair de votre poste de radio traditionnel, sinon à galènes ? Oui, il y aussi ceux qui habitent au fond d'une vallée super encastrée ou qui sont passéphobes mais bon...
De cette situation se dégage un problème : le contenu ! Le contenu est le même que celui que l'on peut avoir gratuitement sur les ondes, alors pourquoi payer des frais connexion ? Nous vous le demandons, car nous-mêmes, nous n'avons pas trouvé de réponse, écrivez à l'Écho. Il a bien tout de même quelques exceptions, comme le portail http://www.ouirock.com target=_blank>ouirock.com qui propose trois stations musicales sur internet alors qu'il n'existe qu'une station hertzienne : ouifm, la radio rock.
La radio archive. Un cas particulier et pas si rare que ça. Vous vous retrouvez sur un site où vous pouvez écouter des tonnes d'émissions, celles diffusées il y a deux jours, que vous avez déjà écoutées il y a deux jours et que vous avez tellement aimées ! C'est vrai c'est sympa, mais est-ce vraiment utile ? Les rares personnes qui ne savent pas se servir d'un enregistreur de cassette auront peut-être peur de provoquer les foudres divines en allumant l'ordinateur. Certes, il y a l'intérêt historique à long terme. Mais, même en se creusant un peu les méninges, en quoi les grosses têtes méritent-elles d'être écoutées plusieurs fois et surtout conservées ?! Une fois de plus, écrivez à l'Écho si vous avez la solution. Certes, ne soyons pas de mauvaise foi, il est rare qu'un site radio ne propose que ce service. Cependant, ça existe alors autant en parler.
La radio en léger différé. Alors, là, il s'agit d'un cas particulier. Que l'on retrouve le plus souvent pour les radios à contenus informatifs parce qu'il faut monter le tout, l'émission, les reportages et que c'est l'anarchie. Bref on bricole, on bidouille, on fait sa radio entre amis et on n'a pas le temps d'occuper l'absence d'antenne en permanence. Oui tiens, d'ailleurs comment dit-on ?
Vous échangeriez votre baril de radio ordinaire...
Maintenant que l'on a vu les grands types. Disons le tout net, qu'y a-t-il sur le web qui ne serait pas sur les radio pour de vrai ? Autant vous l'avouer tout de suite pour ne pas vous voir vous effondrer plus tard, rien. Il n'y a rien d'étonnement nouveau ! Il y a bien quelques émissions enfantines par-ci, quelques petits concerts privés par-là, où la rediffusion du repas de Marie-Astride, centenaire du village de Troubigou-les-oies, mais ne voyez ici rien que de très habituel.
Qui plus est, généralement, les émissions intéressantes qui passent sur les radios du net ont été créées pour la radio traditionnelle avant. Pour le cas des radio purement internet, il faut le dire, le contenu est certes de qualité mais on le trouverait tout aussi bien sur une radio hertzienne, ce qui arrive généralement. D'où l'ultime porte de salut : l'hyper-spécialisation d'une radiöuèbe.
On voit de plus en plus dans les conférences de presse des micro branchés sur mini-disc qui viennent nous piquer nos réponses pour rejoindre les hordes d'octets du web. Ce sont des sites de radio sportives, ou du spectacle par exemple, associatives pour quelques unes d'entre elles.
L'intérêt est encore limité et le sera encore longtemps certainement. Du point de vue du contenu, ces radios de prendront pas d'ampleur, tant qu'elles n'auront pas trouvé leur créneau, celui qui les fera fréquenter par les internautes pour certaines choses que les autres radio n'ont pas. On se prend alors à imaginer des radios d'informations couvrant le monde entier ou ce genre de choses qui pour le moment sont de toute manière freinées par la connexion qui ne décolle que péniblement du 0 Ko/sec. Eh oui tout le monde n'a pas la chance d'avoir la câble...
Et pour l'utilisation du cadeau bonus ?
Reste la cerise sur le gâteau, le petit truc qui fait peur à tout le monde, la musique ! La guerre du MP3 n'aura pas lieu ?! Car qui dit radio dit musique, sur le net comme ailleurs. Disons même sur le net plus qu'ailleurs. Or, le problème se pose, que faut-il faire face à la diffusion de ces morceaux sur le web. Aux États-Unis, on a trouvé le truc. Là où les radios hertziennes sont libres de diffuser les morceaux sans avoir à payer (directement de droit d'auteur), les radios sur le web se sont vues obligées de payer des droits aux artistes dont elles diffusaient les oeuvres. Un choix politique donc : on ne veut pas taxer par une licence les radios pour permettre leur création, mais on les fait tout de même cracher aux bassinets, ce qui est relativement normal si on y réfléchit bien.
En France, comment ça marche ?
Au coeur de l'Hexagone, nous aimons les choses qui sont bien ancrées. Ainsi depuis 1957 et le Code de la propriété intellectuelle, tout ce qui touche au droit n'a pas bougé d'un cheveu. Le numérique arrive donc un peu comme ce même cheveu, mais dans la soupe cette fois. Les radios hertziennes sont soumises à une autorisation d'émission attribuée par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et ce pour une période de 5 ans. En revanche en ce qui concerne les radio internet, on se retrouve dans une sorte de flou qui est plus qu'artistique, et on sent même une nette tension monter quand on leur demande d'expliquer certaines choses au téléphone. La réponse cingle alors : on attend la loi sur la société de l'information et de la communication qui « tarde ». Effectivement, là, on ne fait pas trop les malins devant un argumentaire de choc, surtout qu'on a été renvoyé de bureau en bureau pendant 20 minutes au téléphone, alors pour une fois qu'on a quelqu'une à qui parler, tant pis si elle est de mauvaise humeur.
La SACEM (Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique), elle, de son côté, n'a pas perdu le nord. Loin de là. Internet ou pas internet tout le monde paie. S'il s'agit d'une radio qui existe sur le réseau hertzien et paie déjà les droits d'auteur à la proportion de son temps de musique diffusée, la SACEM lui accorde une autorisation complémentaire pour la diffusion sur le web. Autorisation qu'il faut bien sûr payer, soyons logiques. Si la radio est créée pour l'internet, voilà, on applique le même principe que pour une radio normale, autorisation et paiement à la proportion.
La radio qui lave plus blanc à l'antenne ?
Les radios sur Internet ont donc encore quelques années devant elle avant d'être ne serait-ce que reconnue par la législation, il y a un vide juridique, ou plutôt statutaire. Maintenant, reste à savoir si l'État va réussir à gérer cette création de manière intelligente sans limiter les libertés comme cela a été le cas dernièrement ou s'il va laisser se développer ce « nouveau média » sans guide. Quand est-il en effet du rôle du CSA dans la surveillance des radio françaises sur le net ? Y aura-t-il des quotas de musiques à passer ou non ? Autant de questions qui attendent des réponses.
Mais l'avenir des webradios réside peut-être dans deux aspects encore en devenir : la nécessité pour elles de se rendre indispensables par leur contenu, ou tout au moins attractives et surtout, la possibilité d'accéder à l'internet de manière plus aisé qu'actuellement. Le WAP n'étant peut-être pas la solution puisque des radios hertziennes proposent déjà de recevoir leurs émissions sur des portables. La question réelle est donc, tout au final, l'intérêt des radios sur le web. Un aspect auquel seuls le temps et quelques visionnaires peuvent répondre...
En attendant, il ne vous resterait pas des crêpes ?
Pierre Fontaine
Pour en savoir plus
• Un site qui liste les webradios dans le monde par région
http://www.live-radio.net/
• Le portail de Radio France
http://www.radio-france.fr
• Une radio anglaise sur le web. A écouter pour de rire en espérant tomber sur un match de foot.
http://www.talksport.net/
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