LeVillage.Org - Bienvenue
Besoin d'aide ?
L'hebdo
Accueil Hébergement Webmail Rencontres Wiki Village 3D Forum
 
L'hebdo
RETOUR A LA UNE

LES ARCHIVES
371370369368 367
366365364363362
Toutes les archives

LA REDACTION
Devenez reporter
Votre bureau
La rédaction
Les reporters

AIDE ET CONSEILS
Foire aux questions
Conseils d'écriture
La netiquette


Publicité

L'Echo du Village - Accueil n°124 - 25 janvier 2000
Rubrique chronique animée par aucun responsable. Postulez !


Souvenirs, souvenirs
Edito

Il était une fois, une petite page web. Vivant tranquillement sur son coin de réseau, elle ne demandait rien à personne. Bon, elle ne rechignait pas à quelques cliques de temps en temps. Elle était tellement mignonne, cette petite page web, que les internautes furent de plus en plus nombreux à venir lui rendre visite. Et comme les internautes sont partageurs, ils se donnèrent le mot et furent rapidement très très nombreux à venir cliquer sur la petite page web. Ce qui devait arriver arriva et notre chère amie web devint une grande fille puis une multinationale. Aujourd'hui, cette page est l'une des plus visitées au monde : c'est la page d'accueil de Yahoo! Or, au hasard d'un clic, le passé de Yahoo! a ressurgi. Un internaute turc a découvert dans ses cartons une copie de la
http://yardim.bilkent.edu.tr/History/yahoo/" target="_blank">page d'accueil de Yahoo! en 1994. Cela ne remonte qu'à sept ans. Mais sept ans, sur le web, cela représente déjà beaucoup. Nous voici revenus au temps ou David Filo and Jerry Yang, les fondateurs et actuels PDG de la firme, tels des fourmis consciencieuses, entraient à la main toutes les nouveautés de Yahoo! Un bref coup d'oeil sur les rubriques nous montre que les débuts ne sont pas loins : tout est marqué comme new. On sait également que le site de Yahoo! a été mis en ligne alors que la base contenait 20 000 sites. La page que l'on peut consulter en annonce 23 836. On voit donc que c'est un tout jeune Yahoo! qui nous revient. Même si l'on a toujours connu Yahoo! comme le chantre du gris et du dépouillé, cette page frappe un grand coup. Sorti de l'italique et du gras, on ne forçait pas sur les fioritures à l'époque. Passé le premier étonnement, l'internaute se dit qu'il est tombé sur une pièce de collection. S'il existait un musée du web, cette page devrait y avoir bonne place, tout comme la http://akebono.stanford.edu/" target="_blank">première machine qui hébergeait le site. Amusé par sa première découverte, le surfeur part alors à la recherche des vieilleries du web. Il est parti pour chercher longtemps. En effet, rares sont les sites qui avouent leur âge et qui donnent à voir leur photo de premier communiant. Hier n'existe pas et j'ai toujours été ainsi semblent nous dire les sites d'aujourd'hui. Souhaitons d'ores et déjà bon courage aux futurs historiens du web. En matière de sources, on ne va pas se bousculer au portillon.

J'ai la mémoire qui flanche

Le réseau n'aurait-il pas de mémoire ? L'internet semble bien vivre au jour le jour. Vous comprenez, les archives, ça occupe de l'espace disque inutilement. Et puis le temps manque, il faut aller de l'avant, si l'on ne croît pas, on se fait manger par son voisin qui, lui, a déjà installé le dernier plug-in bionique sur son site. C'est Darwin qui doit être content. Du coup, rares sont les sites à faire attention à leurs vieilleries. En cherchant bien, ici ou là, un administrateur réseau ou deux ont dû faire des copies de sauvegardes, des fois que. Le CD sera retrouvé par hasard, alors qu'on nettoyait un disque pour un nouveau stagiaire. On rigolera un bon coup en regardant ces liens soulignés en bleu, alors que les feuilles de style n'existaient pas, oulalala, la honte dites-donc. Et puis on retournera vite vite vers son ordinateur pour continuer l'intégration de la dernière révolution en ligne, ce ne sera jamais que la troisième depuis le début de la semaine.
Toutefois, en cherchant bien, le web garde encore quelques belles pages, derniers phares de ce temps lointain ou l'on savait faire des pages HTML « à la main ». Sur sa page personnelle du W3C (World Wide Web Consortium), Tim Berners Lee, le papa du web, nous offre une http://www.w3.org/People/Berners-Lee/WorldWideWeb.html" target="_blank">capture d'écran de sa machine personnelle, peu de temps après la mise sur pied du web. Sobriété quand tu nous tiens. Fut un temps, on pouvait même trouver en ligne une photographie du tout premier serveur web. A ce moment là, il était déjà sous cloche, avec une petite plaque commémorative. Depuis, la page n'existe plus, du moins, les liens pointent vers du vide. On a dû la supprimer, pour libérer de l'espace disque... Autre chose respectable : ftp://ftp.kernel.org/pub/linux/kernel/Historic/" target="_blank">le tout premier noyau linux, disponible au téléchargement sur le site kernel.org. L'avoir sur votre machine ne vous mènera pas très loin. Simplement, on peut saluer ici une véritable volonté de garder une trace de l'évolution de Linux. Au delà de ces exemples que l'on peut compter sur une main de Schtroumpf, les musées virtuels brillent par leur abscence.

J'me souviens plus très bien

Comment remédier à une telle fuite en avant ? Bonne question. Avec 7,5 millions de nouvelles pages par jour et un total de 1,6 milliards d'URLs (chiffres Google), le web semble incontrôlable. Rajoutez à cela le FTP et vous ombtiendrez de quoi faire cauchemarder tous les archivistes du monde. Heureusement, les papas et les mamans du web ont eu la bonne idée de le vouloir normé. Par essence, et par principe, le web n'est régi que par des protocoles clairs et bien définis, établis dans un constant souci de compatibiltié. Année après année, même si le langage HTML s'enrichit, les nouvelles versions sont compatibles avec les anciennes. Votre navigateur de 94 n'affichera certainement pas tout le web d'aujourd'hui, par contre, votre navigateur d'aujourd'hui comprendra très bien le web d'hier. Le manque d'archives ne vient donc pas d'un problème de langage. Simplement, le web est un monde qui évolue si vite qu'il ne prend pas le temps de se souvenir. Les sites universitaires ou institutionnels ont très souvent des archives. Cela vient surtout de leur mission et de la culture professionnelle de leurs auteurs. Le web marchand ou plus grand public, lui, ne garde ni ne laisse de traces. Il faudrait peut-être alors prendre les devants et prévoir. Demander à des organismes d'archiver le web, de façon à conserver des instantanés du réseau. Que vont devenir ces sites persos ? Toutes ces pages sont vouées à un oubli plus ou moins définitif. Elles constituent pourtant un phénomène unique et original qui régalerait nombre de sociologues. Chaque nouveau journal français doit envoyer un exemplaire de son tirage à la bibliothèque nationale. Pourquoi ne pas faire de même avec les sites web ?
On pourrait même envisager des puces virtuelles, des sites web où les internautes viendraient échanger leurs vieilles pages. On y brocanterait également. Les fouineurs collectionneraient tel ou tel gif animé particulièrement rare, les amateurs éclairés s'arracheraient à prix d'or le premier panneau « en construction » apparu sur l'une des nouvelles pages du CERN en des temps immémoriaux. Les toutes nouvelles télés du web s'empareraient du phénomène et créeraient des émissions spéciales "souvenirs". Certains des plus grands webmasters viendraient rougir de leur toute première page HTML comme les chanteurs ou présentateurs s'émeuvent aujourd'hui de leur première chansonnette en public ou de leur première météo au journal de 23h55 sur Télé Périgord. On dirait : « Pépé, raconte moi le web. C'est vrai ce qu'on raconte ? Il fallait attendre le chargement des pages ? ».
Pris d'une soudaine nostalgie, le journaliste se met alors à fouiller dans les recoins de sa machine. Il doit bien être quelque part, son premier site. Et, effectivement, caché au fond d'unr arborescence, il existe bien un dossier « siteweb_01 ». D'un doigt fébrile et d'un clique mal assuré, il ouvre alors une page index.html qui n'en demandait pas tant. Netscape s'ouvre tout doucement, encore plus lentement que d'habitude. Finalement, elle est là, cette toute première page qu'il avait créée il y a bien longtemps déjà. Tout compte fait, ce n'est peut être pas si mal que le web n'ait pas de mémoire.

PeM
icq - 50043368
pem@levillage.org

Pour en savoir plus


• L'info sur Linux Today (en français)
http://fr.linuxtoday.com/news_story.php3?ltsn=2001-01-24-012-03-PS

• La page d'accueil de Yahoo! en 1994
http://yardim.bilkent.edu.tr/History/yahoo/

• La première machine à avoir hébergé Yahoo à l'université de Stanford
http://akebono.stanford.edu/

• Une histoire du web
http://cern.web.cern.ch/CERN/WorldWideWeb/History/All.html

• Un article sur l'histoire du web
http://public.web.cern.ch/Public/ACHIEVEMENTS/WEB/history.html

• Historique de l'internet, du courrier électronique et présentation de l'architecture du net
http://www.drrealisations.com/fr/drencyclopedie.htm

• Le site perso de... Tim Berners-Lee, l'un des pères du web
http://www.w3.org/People/Berners-Lee/WorldWideWeb.html

• Une histoire de l'informatique en français
http://histoire.info.online.fr/




Recommander à un ami        Imprimer
CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE JOURNAUX
Découvrez l'Écho en kiosque
Chaque mois, retrouvez l'Écho en kiosque avec un contenu inédit. 72 pages écrites par les reporters villageois et le fameux CD-Rom & Audio gratuit. 15 francs seulement !
Voir le sommaire

Voir le sommaire



L'AUTEUR
Pierre-Emmanuel Muller
Pierre-Emmanuel Muller

Carte de reporter

5 derniers articles :
• Parlez-moi d'amour
• Putain la honte !
• 2001 : odyssée des langues
• Bilan 2000
• Noël de poulet

L'ÉCHO PAPIER
Abonnez-vous dès maintenant !
Recevez l'Écho du Village papier chez vous tous les mois pour 24 euros 50 (12 numéros)
>> Je m'abonne

RUBRIQUE chronique

DEVENEZ REPORTER
L'Écho du Village propose à tous les villageois de devenir reporter grâce à une interface conviviale et facile d'utilisation.

 
 
Logos - Partenariats - Espace Presse - Publicite - Contacts - Mentions légales et respect de votre vie privée © VEZIM SARL