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La Martinique
Paradis ou enfer?
Qui n’a pas évoqué la Martinique avec un sourire songeur ... Qui ne se l’est pas
figurée comme un Eden ? Cette notion de paradis est-elle fantasmagorique ou
objective ?
Ce département français se situe dans la mer des Caraïbes. Il comptabilise des
voisins tels que la Guadeloupe, Sainte-Lucie et la Dominique. Son chef-lieu est
Fort-de-France, ville dirigée par Aimé Césaire -un très grand poète- depuis plus
de 50 ans. Elle est dotée d’environ 360 000 habitants pour 1100 km2; ce qui
dénote une forte densité.
Mais derrière cette avalanche de chiffres, cette île représente pour un grand
nombre d’entre vous la féerie des Antilles. Les eaux limpides qui vous
entraînent avec volupté. Bref, le stéréotype de la carte postale.
Elle se noie en paysages splendides : la montagne Pelée dans les brumes, le
rocher du Diamant, la fôret tropicale. N’oublions pas une visite furtive, mais
salutaire -belle hyperbole- à la plage des Salines. Les flamboyants -arbres aux
fleurs très lumineuses- jonchent de nombreuses routes. On découvre
également avec intérêt des champs d’ananas. Et puis, il y croît des plantes
moins communes comme celles des mangroves. Sa diversité florale ravira tout
les amoureux de la botanique.
Les panoramas sous-marins affichent la même palette variée. Dans les récifs
logent des espèces fascinantes, tels que le poisson perroquet royal -appellé tel
quel par son bec et paré d’un bleu éclatant. En vrac, citons également le
poisson chirurgien, la nageoire coupante comme un scalpel, le poisson
trompette, le sergent-major, rayures blanches, jaunes et noires, et l’effrayant
homologue du brochet: le barracuda.
Du point de vue humain, elle est indéniablement attirante. On y découvre une
population souriante. Les Martiniquais font également preuve d’une grande
courtoisie. Ils ont un sens du contact aisé et beaucoup d’humour.
Les mets locaux nous entraînent dans des saveurs épicées. Les spécialités se
composent de boudin créole, d’accra -sorte de beignet de morue- ou de poisson
grillé. N’oublions pas d’accompagner sces plats de divers fruits : les
bananes-pommes, les ananas, les goyaves, les caramboles.
Une île meurtrie
Mais sous des couverts riants, l’île masque aussi ses blessures.
En effet, ses premiers habitants, les indiens caraïbes furent massacrés à
l’arrivée des colons européens. S’ensuivent les destins tragiques des déportés du
commerce triangulaire. Plus clairement, il s’agit de l’esclavage -départ
d’Europe, puis prise de bétail humain en Afrique et vente en Amérique-. Les
conditions de vie des ancêtres de la majorité des insulaires, nous apparraissent,
à juste titre, comme inhumaines. Et comme le fit remarquer Voltaire: “C’est à
ce prix-là que vous mangez du sucre en Europe”. L’abolition de l’esclavage,
pour l’empire français, n’a été déclaré qu’en 1848 -pire, elle n’a été déclarée
aux Etats-Unis qu’en 1865!-.Aujourd’hui encore, nombre de Martiniquais se
remémorent par les souvenirs légués les heures sombres du colonialisme.
Césaire a évoqué une déchirure en désignant: “les Antilles dynamitées
d’alcool”. L’alcoolisme y prospère réellement. Nous pouvons aisément faire le
lien avec le fort taux de chômage -40% de la population active est
sans-emploi!- qui y sévit. Cette misère sociale apporte des émeutes, comme
en 1994, lors de mercredi des Cendres, durant la période du carnaval.
Les éléments naturels ne lui assurent pas forcément protection. Preuve en est
les menaces de cyclones. Des ruines rappellent encore qu’un jour en 1903, les
habitants de Saint-Pierre ont subi l’assaut du volcan Pelée.
Nous devrions cesser de considérer cette île des Antilles comme un sorte
d’endroit idyllique. Ne nions pas ses difficultés lorsque cela nous arrange.
Puisqu’elle est un ensemble, voyons-là avec plus de nuance. Des améliorations
sont possible, si la Métropole cesse de la considérer uniquement seulement
comme une splendeur. Naître Martiniquais ne confère pas le bonheur, et les
palmiers n’y jouent pas un rôle. Aux Antilles comme ailleurs la misère est
intolérable. Mais surtout, aimez “l’île des fleurs” pour son ensemble.
medee@levillage.org
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1 commentaire :
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L a Martinique - Par vernaisien le 26 octobre à 13:02
| Beraucoup de choses exactes dans votre article, mais pas toutes...
Pour ce qui est des blessures, il faut être objectif/
Les "Caraïbe" ont été massacrés par les colons, c'est vrai, c'est pas joli-joli. L'Histoire a ainsi rendu justice aux indiens "Arawak" qui avaient été massacrés par les "Caraïbe".
Il y a eu l'esclavage, oui, mais à cette époque, il y avait aussi des esclaves blancs, nos propres bagnards, bien avant nous avons eu nos drames, l'Inquisition, les guerres de religions, nos guerres bien cruelles de 1870, 1914, 1939....
Les catastrophes naturelles, oui, comme dans bien d'autres lieux, pas si loin de chez vous peut-être, Nîmes, Vaison la Romaine, ou plus loin. La Terre ne nous appartient pas... Les cyclones, ça existe, c'est juste, mais partout sur la terre on peut être victime des éléments. Les volcans, oui, mais les hommes se sont toujours rapprochés des volcans pour la fertilité des sols.
Il y a 30% de la po [...] Lire la suite |
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