LeVillage.Org - Bienvenue
Besoin d'aide ?
L'hebdo
Accueil Hébergement Webmail Rencontres Wiki Village 3D Forum
 
L'hebdo
RETOUR A LA UNE

LES ARCHIVES
371370369368 367
366365364363362
Toutes les archives

LA REDACTION
Devenez reporter
Votre bureau
La rédaction
Les reporters

AIDE ET CONSEILS
Foire aux questions
Conseils d'écriture
La netiquette


Publicité

L'Echo du Village - Accueil n°104 - 7 septembre 2000
Rubrique pas de rubrique animée par aucun responsable. Postulez !


Visite d'un camp de concentration
Terezin, en Tchéquie

Plus de cinquante ans plus tard, on visite les lieux de l'horreur. On cherche à être un témoin impartial, mais au coeur de l'Enfer où s'est repue la bête immonde, le peut-on ?

Je tenterai de narrer tout ceci avec froideur, car Hitler lui-même affirmait que le secret de l'argumentation, c'est l'émotion. A la manière de Primo Levi, je m'acharnerai à des descriptions quasi mécaniques. Enlever toute émotion pour qu'elle jaillisse dans vos yeux bien plus virulente, voilà la solution.

Les murs extérieurs sont recouverts d'une teinte orangée. A l'entrée du camp, figure ce credo de cynisme : "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre"). Rien ne semble confirmer que cet endroit fut un gouffre d'agonie. Ce qui caractérise la cour intérieure, c'est la sobriété. Elle pourrait être celle d'une caserne banale, tant elle semble dénuée d'histoire. La désolation ne se couronne pas, le flegme l'a usurpé.

On découvre les baraques qui fourmillaient par unité de quelques centaines de gens. Nous sommes à peine une dizaine à pénétrer simultanément dans les chambres, et pourtant, en quelques minutes, nous manquons d'espace vital.

Le complexe ne comprend pas de chambre à gaz, il s'agisait d'un camp de transit. Environ 25% des prisonniers y mourraient suite aux malnutritions, violences ou exécutions occasionnelles. Les déportés étaient, après leur passage à Terezin, déchargés dans les camps d'extermination polonais. Le taux de mortalité peut être qualifié de dérisoire, comparé à celui d'Auschwitz. Pour ce dernier, parfois, les survivants représentaient 1/1000e de leur convoi. La forteresse de Terezin a commencé à "accueillir" (pardon pour cet
euphémisme) des déportés dès 1940. Y figuraient tout d'abord des résistants ou d'autres opposants au régime nazi. Durant la seconde guerre mondiale 32 000 personnes ont franchi ses murs, dont une grande partie provenait de la communauté juive de Bohème.
L'itinéraire nous mène dans un couloir sombre, où seul l'écho de nos pas torpille l'inanité. Des cachots alternent la trajectoire rectiligne de ce flux de pénombre. Cette partie est une forterresse bien antérieure à l'invasion germanique. A la sortie, se dressent les potences. Glissant sur le gravier, nous franchissons une porte. En fait, nous effectuons le chemin inverse des condamnés à mort.

Nous débouchons sur un endroit verdoyant, légèrement vallonné. Il y court une rivière mi-vive, mi-inerte. A l'ombre d'un arbre, on est tenté de s'allonger. Suivre les sentiers paraît tout de même plus raisonnable. Je consulte le guide. De "ce trou de verdure, où chante une rivière", ont été déterrées des centaines de squellettes (exactement 601) : la fosse commune...
Quelque part, une plaque à la mémoire du poète Robert Desnos est épinglée. Au fond d'une cour repose une stèle dédiée à la mémoire de six fusillés.

Nous jetons encore un regard furtif sur la piscine, loisir des officiers. Comme si leurs rires de geôliers batifolants avaient pu étouffer les
sanglots des gosses, peignant la gaiété perdue.
Un papillon multicolore jaillit d'un dessin exécuté par une petite main
d'enfant. "Toi et moi, nous mourrons dans quelques jours. Moi dans l'évasion"

Je n'ai pas su tenir ma promesse d'impartialité (et de machinisme).

Je me permettrai en guise de conclusion, une citation de Primo Levi, l'auteur de "Si c'est un homme". Je tiens la réflexion d'un rescapé de l'Enfer pour plus fondée que la mienne.
"Nous ne reviendrons pas. Personne ne sortira d'ici, qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l'homme, à Auschwitz, a pu faire d'un autre homme."

medee@levillage.org


Recommander à un ami        Imprimer
CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE JOURNAUX
Découvrez l'Écho en kiosque
Chaque mois, retrouvez l'Écho en kiosque avec un contenu inédit. 72 pages écrites par les reporters villageois et le fameux CD-Rom & Audio gratuit. 15 francs seulement !
Voir le sommaire

Voir le sommaire



L'AUTEUR
Médée (version originale)
Médée (version originale)

Carte de reporter

5 derniers articles :
• Le féminisme
• Bilan d'un combat féministe

L'ÉCHO PAPIER
Abonnez-vous dès maintenant !
Recevez l'Écho du Village papier chez vous tous les mois pour 24 euros 50 (12 numéros)
>> Je m'abonne

RUBRIQUE pas de rubrique

DEVENEZ REPORTER
L'Écho du Village propose à tous les villageois de devenir reporter grâce à une interface conviviale et facile d'utilisation.

 
 
Logos - Partenariats - Espace Presse - Publicite - Contacts - Mentions légales et respect de votre vie privée © VEZIM SARL