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Bilan d'un combat féministe
Bilan un peu déséquilibré d'ailleurs
“Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit”. Il me parait indispensable de procéder à une rectification. C’est à dire: Le terme homme n’inclut pas la femme.
Il me semble trop facile d’énumérer les discriminations antérieures et actuelles subies par la gent féminine. Toutes ces données sont irréfutables et ne présentent aucun intérêt dans un débat quelconque. Celui qui nierait que les conditions de vie des femmes, dans de nombreux pays sont intolérables, montrerait autant d’esprit que s'il réfutait la présence d’eau sur terre. J’exclus dès lors des argumentations simplistes à outrance.
Je m’aventurais donc dans des pays libres dont chaque constitution traite furtivement ou de manière approfondie de l’égalité des sexes. Conclusion: l’homme est l’égal de la femme, la femme est l’égale de l’homme. Si je pouvais terminer sur un note aussi naïve, je serais une imbécile heureuse.
Je me servirai de moi pour expliquer où je veux en venir. Premièrement, car je suis maladivement égocentrique mais aussi car je refuse le titre d”observatrice”.
La charmante Médée est plongée dans ses livres comme à son habitude. Personne ne lui déclare: “Bravo fille, instruis-toi plus encore!”, non, car fille entend plutôt dire : “Ne veux-tu pas aller faire du shopping et t’acheter un belle robe?”. Pourquoi ? Parce que c’est dans l’ordre des choses.
Je ne cautionnerai pas ce qui me pousse à la soumission. Le rouge à lèvres est une muselière. La robe est un étau. Le mascara est une forge. Pourquoi donc ? Personne ne les force à se maquiller ?
Pas directement. Les femmes perpétuent bel et bien cette tradition de la coquetterie sans pour autant arborer une mine de victime. Mais après des milliers d’années de pillage de son identité il ne lui reste plus que son corps. Quoi de plus naturel que de chérir sa seule possession? La négation de
l’âme de la femme à travers toute cette pseudo-morale judéo-chretienne, l’a rendue persuadé de son infériorité. Mais la majorité d’entre elles sont loin de contredire cette théorie. Et d’une certaine manière elles donnent à la discrimination une justification. Il serait erroné de considérer ces femmes comme stupides ; elle sont dotées à la naissance des mêmes attributs intellectuels que les hommes.
Mais elle tombent dès le début de l’éducation sous le joug de l’anti-féminisme.
C’est donc un système pervers basé sur l’auto-flagellation.
Je n’ai qu’une solution contre tout cela, prônée depuis des siècles par les féminismes, mais avec une légère différence: “Passez plus de temps dans une bibliothèque que devant un miroir. Osez vous rebeller en vous cultivant. Ne cherchez pas à tout prix l’approbation des hommes”.
Je vous conseille également l’essai de Simone de Beauvoir: “Le deuxième sexe” (j’en entends déjà ricaner).
Et enfin: “J’aime les hommes, mais pas le système qu’ils ont établi”. Et j’attends les phallocrates de pied ferme.
medee@levillage.org
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